‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 4)Chapitre 25 sur 83 · LES CASTILLO · texte numérisé non relu

LES CASTILLO

«lui, do son temps, appartenaient à des collections d'amateurs, et dont il loue l'exécution pleine de fraîcheur et de grâce.

Castillo aimait à donner à ses compositions des fonds de paysage, qu'il peignait avec beaucoup de naïveté

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ADORATION DES BERCEES, par Aktomio bel Castillo (Musée de Madrid j.

et de naturel. Souvent, dit Palomino, il allait passer quelques jours à la campagne et il dessinait soit un beau site, soit un curieux accident de terrain, ou bien des troupeaux, des chars, des instruments de labour, qu'il transportait ensuite dans ses tableaux avec verve et vérité. Très-enorgueilli des succès dont il jouissait dans sa ville natale, Antonio en arriva à se croire le meilleur

peintre de l'Andalousie. Il se mit entête d'aller à Séville faire montre de son habileté et porter auv artiste* en renom une sorte de défi public. Il commença par visiter cérémonieusement les maîtres qu'il avait connus dans sa jeunesse, et en reçut, à son tour, force courtoisies. Dans cette première tournée, il ne vit que des ouvrages qui lui parurent inférieurs aux siens. Tout allait au mieux pour son amour-propre, lorsqu'on le conduisit au couvent des Franciscains. Des tableaux de Murillo venaient d'y être récemment placés. Devant ces toiles, dont il ne pouvait détacher ses regards, Castillo demeura stupéfait. Il ne \oulail pas croire qu'elles fussent de Murillo, et, comme il s'obstinait dans son incrédulité, il fallut le mener à la cathédrale et le mettre en face des chefs-d'œuvre de celui qui avait été un moment sou condisciple.— « Va murio Castillo! » — « Castillo est mort! » s'écria l'orgueilleux artiste : « Est-il possible que Murillo, cet élève servile de mon oncle, ait trouvé cette beauté, cette splendeur de coloris! »

De ce moment, la tristesse et l'envie ne laissèrent plus de repos à Castillo, et, tout plein encore du souvenir des chefs-d'œuvre de Murillo, il peignit un Saint François. Ce fut incontestablement sa meilleure production, mais elle ne rivalisait qu'imparfaitement avec son modèle. Castillo se rendit-il cette justice? Il est permis de le penser, car, selon ses biographes, sa mélancolie ne fit plus que s'accroître, et il mourut en 1667, moins d'une année après son malencontreux voyage à Séville.

Antonio del Castillo laissa, à sa mort, de nombreux dessins que se transmirent curieusement les maîtres espagnols et qui ont plus fait pour sa renommée que ses peintures mêmes. Exécutés, pour la plupart, à la plume ou bien avec des roseaux qu'il taillait grossièrement, ces dessins sont d'une franchise et d'une fermeté magistrales, et l'on ne saurait les comparer qu'aux vigoureux et hardis croquis deHerrera le Vieux. Alonso Cano avait bien raison de regretter qu'un dessinateur aussi habile ne fût pas meilleur coloriste.

Les principaux élèves de Castillo avaient été Valdès Léal, Alfaro et Pedro Antonio.

PAUL I.EFORT.

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Palomino etCean Bermudoz ont décrit, à la suitedes notices consacrées aux Castillo, les ouvrages qu'ils exécutèrent pour les couvents et pour les églises.

Nous nous bornerons donc à compléter leurs indications en donnant la liste des tableaux de ces maîtres qu'on peut voir dans les musées d'Espagne ou dans quelques galeries particulières.

L'ancienne galerie espagnole du Musée du Louvre, dispersée à Londres, en 1853, ne renfermait pas moins de quatorze productions des Castillo; aucune, que nous sachions du moins, n'est revenue en France.

Madrid. — Musée Royal. — L'Adoration des Bergers, par Antonio del Castillo (gravée dans celte notice).

Académie de San Fernando. — Saint Jérôme pénitent, esquisse par Antonio del Castillo.

Séville. — Mlsée. — L'Assomption. — L'Annonciation.

— La Naissance. — La Visitation. — L'Adoration des Rois. — Saint-Joseph et l'enfant Jésus travaillant. — La Mort de saint Joseph. Ces tableaux sont de Juan del Castillo, et le Catalogue du Musée do Séville les signale comme étant les meilleurs ouvrages do ce maître.

Collection Arasaula. — Le Petit saint Jean nourri par deux anges. — Attribué à Juan del Castillo. Collection Garcia de Leaniz. — Le Mariage de la Vierge,

— Saint Michel. — Un Ange gardien. — Saint Joseph, de Juan del Castillo.

Collection Lopez Cepero — L'Annonciation, — Sainte Famille, de Juan dol Castillo.

ÇoRDOUE, — Cathédrale. — Une Conception (gravée dans cette notice}, de Aaustin del Castillo.

Cadix. — Cathédrale. — L'Adoration des Rois, d'Agustin del Castillo.

Voici les prix atteints par quelques ouvrages des Castillo qui ont paru dans les ventes :

Vente Standisii. — Ancienne galerie espagnole du Louvre.

— Londres 1833 : Agustin del Castillo : Saint-François en extase : 5 € 10 ; — Juan del Castillo : Saint Augustin, saint Dcminique et un Pape: 12 î; — Saint Jérôme, saint François et un Evéque : 23 ï: - Saint François avec le chapeau de cardinal : 7 S : — Saint François (buste) : 3 ~ 5 ; — Les dcu.i saints Jean : 1 2 € : — L'Assomption de la Vierge : 24 £ ; — Saint Paul terrassé sur la roule de Damas .'6*10 ; — Saint Jérôme au désert de Colchide : 8 £ 10 ; — Saint Dominique et s tint François aux pieds de la Vierge : 16 i 10 ; — David portant la tête de Goliath . 8 t 13; — Saint Jeun dans le désert : 4f ;

— Assomption de la Vierge : 35 i 1 4. — Antonio del Castillo : L'n Franciscain : 3 î ; — Un Dominicain marti/r : 4 î ; — Saint Pierre après sa faute : 7 4 8 ; — Sainte Lucie : 17 4 10.

Vente Aguado — Le Festin de lialtazar, par Antonio del Castillo, 2)0 fr.; — La Vierge présentant a saint Dominique de Guzman le portrait de saint Dominique de Silos, même maître, 150 fr.

Vente Salamanca. — L'Enfant Jésus endormi, attribué d'abord dans le Catalogue à Murillo et ensuite à Juan del Castillo ; 2,300 fr.

Voici la signature et le monogramme d'Antonio del Castillo :

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