JACINTO GERONIMO DE ESPINOSA
Né EN 1*00. — HOBT EN 1680.
Élève de Francisco Ribalta, Jacinto Geronimo de Espinosa, le dernier dos peintres illustres sortis de l'Ecole valencienne, naquit à Concentayna en l'année 1G08; son père, Geronimo Rodriguez, était un peintre médiocre dont les ouvrages n'offrent d'autre particularité que d'être conçus dans un parti pris de naturalisme aussi excentrique que trivial.
Cean Bermudez croit qu' Espinosa alla se perfectionner en Italie, à l'école des Bolonais; c'est là une hypothèse que le caractère de ses productions rend parfaitement admissible. Cette influence italienne se manifeste surtout dans le goût du dessin, dans l'arrangement de la composition et dans une entente toujours parfaite du clair-obscur. Espinosa peint avec hardiesse et correction, il recherche le sentiment et sait imprimer à ses types une grâce noble et pénétrante. Son coloris, en général très-harmonieux, pèche cependant par une certaine lourdeur, et ses toiles sont fréquemment déparées par une teinte rougeâtre uniforme dont la cause est d'ailleurs accidentelle : l'artiste peignait sur des impressions rouges, à peine recouvertes, qui ont repoussé et transparaissent.
Il n'a manqué à la gloire d'Espinosa que d'être mieux connu : presque tous ses ouvrages sont en effet demeurés enfouis dans sa patrie. Parmi les plus célèbres, Cean Bermudez cite : la Communion de la Madeleine, à présent au Musée de Valence, et une Transfiguration peinte pour l'église du Carmen. Dans l'opinion du savant critique, Espinosa s'est élevé dans ces deux remarquables compositions à la hauteur des meilleurs ouvrages des Lombards et les dépasse même par une plus grande vigueur de clair-obscur.
Comme tous les peintres valenciens postérieurs à Juanès, Espinosa s'abandonne parfois à un vif penchant pour le naturalisme : les deux Saintes Familles que possède le Musée de Valence nous révèlent ces tendances et montrent que l'artiste n'a pas toujours su éviter le dangereux écueil de la vulgarité.
Espinosa fut un peintre laborieux, fécond même, et il est peu d'églises et de couvents à Valence et dans la province où l'on ne rencontre quelque composition importante due à son pinceau. Il mourut à Valence en 1680. Son fils, Miguel Geronimo, s'efforça d'imiter son style, que deux peintres de l'école, Luis Domingo et Garcia Ferrer, cherchèrent également à s'approprier.
Madrid. — Musée royal. — La Madeleine en prière. — Le Christ. — Le Petit saint Jean.
Valence. — Musée provincial. — La Communion de la Madeleine. — Épisodes de la vie de saint Louis Bertrand (4 tableaux). — Vie de Constantin (3 tableaux). — Saint Louis évéque. — Apparition de Jésus à saint Ignace. — La Vierge de la Merci. — Sainte Famille.
Saint-Pétersbourg. — Galerie de l'Hermitage. — Fuite en Egypte.
Angleterre. — Collection Hoskins. — Une Madone.
Vente Aguado (1843). — Saint François d'Assise : 450 fr. — Christ à la colonne : 255 fr. — Ancienne galerie espagnole du Louvre, vente a Londres (1853). — L'Ange et Tobie : i 26. — Jésus, entouré des saintes femmes, marche au Calvaire : * 21 — Apparition de la Vierge à saint François : * 10. — Saint François en prière (buste) : t 9. — Deux moines dominicains : 1 8.