‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 4)Chapitre 8 sur 83 · ALONZO SANCHEZ COELLO · texte numérisé non relu

ALONZO SANCHEZ COELLO

M récusa d'abord ; mais le ni ordonnai) et il fallut obéir. Sa Majesté se lit doue peindre en pied, élevant ■ H eiel dans ses liras le jeune infant dOfl l'ernand ; une Hciioiiuuéc, chargée de palmes el de couronnes.

i. Bocoum o

MARIAGE DE SAINTE CATHERINE (Monte de Madrid).

« plane sur ce groupe, et le Turc j^i I à terre, vaincu el enchaîné. A cette esquisse, le mi lit joindre mm périrai de grondeur naturelle, et le tout fut dirigé sur Venise.

\ la réception du portrait et de l'esquisse, Titien écrivit aussitôt que, puisque Sa Majeslé avail auprès • délie un naître si habile, il n'était pas besoin qu'elle recourût à des peintres étrangers. Philippe lit

(i ÉCOLE ESPAGNOLE.

« répondre qu'il partageait l'avis sur le mérite d'Alonzo Sanchez, mais qu'il aurait à satisfaction que le < Titien exécutât le tableau, ce qui eut lieu ainsi. »

En 1570, Sanchez Coeilo fut chargé, avec Diego de Urbina, de peindre les arcs de triomphe que l'on «'leva à Madrid pour l'entrée d'Anne d'Autriche, femme de Philippe II.

De 1573 à 1577, il exécuta pour l'église paroissiale de l'Espinar une suite de tableaux destinés à décorer le maître-autel. On a retrouvé dans les archives de l'Espinar le contrat intervenu entre Alonzo Sanchez et la paroisse, relatant toutes les clauses et conditions auxquelles devait se conformer l'artiste. Selon l'usage, il dut présenter quatre témoins qui le cautionnèrent et signèrent l'acte avec lui. Au nombre de ces témoins ligure l'illustre C-iacomo Trezzo. Alonzo Sanchez s'acquitta si consciencieusement de cet important travail, qu'il fut terminé au jour dit et que les experts nommés par les parties pour taxer et juger l'œuvre, en outre du prix de 3,350 ducats primitivement stipulé au contrat, jugèrent qu'il y avait lieu d'allouer une majoration de 75,875 maravédis. Vers 1582, Sanchez Coello avait achevé de peindre pour In salle des Portraits du palais du Pardo, tous les personnages suivants: Dona Juana, princesse de Portugal; doua Catalina, femme de Jean III, roi de Portugal ; don Luis Mendez de Haro, marquis del Carpio ; don Diego de Cordoba, premier écuyer de Sa Majesté ; don Juan d'Autriche, frère de Philippe II ; don Carlos, son fils; l'empereur Rodolphe; son frère Ernest; Ferdinand, archiduc d'Autriche, frère de l'empereur Maximilien.

Le monastère de l'Escorial, allait être fini. Philippe II voulut que Sanchez Coello, malgré son grand âge, concourût à la décoration de ce vaste monument. L'artiste peignit donc encore. A partir de 1580, il exécuta successivement plusieurs compositions religieuses : Saint Paul et saint Antoine ermites; Saint Etienne et saint Laurent ; Saint Vincent et saint George ; Sainte Catherine et sainte Inès. Son tableau du Martyre des saints enfants Juste et Pastor, où il plaça une charmante vue de Alcala de Henarès, date de 1583. A cette même année appartient aussi le portrait du P. Siguenza, qui n'est plus à l'Escorial'. Celui du fameux fondateur de l'ordre des Jésuites, qu'il peignit avec l'aide d'un masque de cire moulé sur le visage du saint, et qui, selon Pacheco, est le plus ressemblant des portraits d'Ignace de Loyola, date de 1585. Sanchez Coello avait alors au moins soixante-dix ans. Cinq ans plus tard (1590), il s'éteignit à Madrid.

Sa vie d'artiste avait été laborieusement remplie ; il laissait un œuvre considérable, surtout en portraits, dont la plupart, malheureusement, périrent dans les incendies successifs des palais du Pardo et de l'Alcazar de Madrid. La destruction semble s'être acharnée sur les peintures de ce maître : l'église du couvent de San Geronimo, à Madrid, renfermait encore, en 1782, un important tableau de Sanchez. daté de 15.80 et représentant un Saint Sébastien: on en a perdu toute trace depuis la ruine de ce couvent.

Ce qui reste aujourd'hui de tant de travaux suffit cependant à la gloire de Coello. Il faut, nous l'avons dit, faire bon marché de ses compositions religieuses, qui appartiennent au faux goût flamand-italien, et dont le moindre défaut est le manque absolu d'originalité. Mais, dans ses portraits, c'est un maître, naïf et vrai, distingué et contenu, un peu froid, mais très-fin.

Voilà bien le talent qui convenait à ce peintre de cour, homme de cour lui-même, de cette cour d'un monarque qui n'a ri qu'une seule fois, le jour où il apprit le massacre de la Saint-Barthélémy. Du fond de ses toiles, on voit se détacher, raides, pâles, la bouche pincée, reines, infants, princesses, gentilshommes, tout emprisonnés dans leurs riches costumes; mais une étincelle avive légèrement leur regard et lui fait dire ce que taisent leurs lèvres serrées. Sont-ce là des ombres ? non, ces personnages vivent, mais d'une vie étrange, mystérieuse. On sent, à les regarder, combien dut peser à ces muets courtisans le froid glacial du cloître, — le morne silence de l'Escorial !

Au Musée de Madrid, deux portraits, surtout donnent bien la note de ce talent sobre et un peu

1 Ce portrait a été gravé en Espagne par D. F. Selma, à la fin du siècle dernier.

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