Histoire des peintres de toutes les écoles
Dans le grand désordre et la triste nuit qui suivirent, en Italie, la chute de l'Empire romain, la ville de Milan, siège d'un épiscopat vénéré, capitale active d'un royaume barbare, semble avoir eu le privilège de conserver, presque seule, quelques traditions de l'art antique. On ne cessa jamais d'y bâtir, d'y sculpter, d'y peindre. Dans quelle grossièreté les sculpteurs étaient retombés, on le peut voir à la basilique de Saint-Ambroise et dans les églises de Pavie, construites aux ix^et X* siècles; néanmoins, le i-àmeux Palwllo, ouvrage d'un certain Wolvino, donné à l'église Saint-Ambroise par l'archevêque Angilbert II (824-835), et quelques autres pièces remarquables d'orfèvrerie prouvent que les arts décoratifs se maintinrent toujours à une certaine hauteur. De la même époque datent les mosaïques grandioses qui ornent l'abside de la célèbre basilique, ainsi que les peintures environnantes représentant la série des évêques milanais. L'existence d'une école de peinture en Lombardie est d'ailleurs prouvée par le fameux traité du moine Théophile De omni scientia Artis 'pingendi, qui s'ouvre par ces mots : Incipit tractatus Lomhardicus
Quoi qu'il en soit, les rares vestiges de cet art, à la fois vieilli et enfantin, qui sont parvenus jusqu'à nous, ne nous en donnent pas une haute idée. C'était, comme dans toute l'Europe à cette époque, un art de pure pratique, tout en formules traditionnelles, que nul ne songeait à élargir. Pour donner l'éveil à l'esprit milanais, il lui fallut le contactdulibre génie florentin représenté par son premier missionnaire, le plus hardi, le plus passionné, par le grand Giotio, que .««a destinée laborieuse et errante poussa successivement à toutes les extrémités de l'Italie pour y allumer partout, de ses mains d'apôtre, la lumière magnifique de la Renaissance. C'est en 1336 que Giotto entra à Milan, accompagné de ses meilleurs élèves, sur le pressant appel d'Azzo Visconti, qui le chargea de décorer son palais seigneurial, admirable monument dont la description nous a été conservée par le chroniqueur Galvano Fiamma. Vers le même temps y arrivait un autre Toscan, le sculpteur pisan Giovanni Balducci, élève d'Andréa Pisano, pour y élever le tombeau de
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S. Pierre martyr, dans l'cgiise Sanl'Euslorgio. Dans les trois arts à la fois, peinture, sculpture, architecture (car Balducci, comme Giotto, était aussi architecte), le génie toscan, rappelant les artistes à l'étude de la vérité par l'intelligence de l'antiquité, prenait donc, du premier coup, possession du terrain nouveau qui s'offrait à lui avec l'autorité exclusive qu'on s'accoutuma de suhir jusqu'à la lin du xiv'' siècle.
Déjà pourtant, à Milan, dans cette première période, sous le caractère général d'imitation giottesque, apparaissent çà et là dans les rares peintures d'église qui ont échappé à la destruction quelques traits particuliers dus au tempérament local, qui, en se développant, deviendront la marque de l'école : par exemple, un goiît très-détérminé pour les colorations fortes, un peu tristes, quelquefois lourdes, et pour les figures réelles, d'une expression plus vive que noble, dont la tournure est souvent épaisse et l'allure mal dégagée. Dès les premières années du xv" siècle le naturalisme milrnais se distingue assez nettement du naturalisme de Florence, si spirituel, si libre, si alerte; aussi bien que du naturalisme de Padouan, si fortement empreint du souvenir de la statuaire antique et vivement épris des couleurs claires. Cestde Padoue, cependant, que lui vint la grande impulsion par Vincenzo Foppa, élève de Squarcione, condisciple d'Andréa Mantegna, le plus célèbre des vieux maîtres de Milan, le véritable fondateur de l'école. L'existence de Foppa paraît avoir été très-laborieuse; son influence fut considérable; ce fut lui qui, sous les principats de Filippo Visconti et de Francesco Sforza, marcha à la tête des peintresdu paysdéjà fortnombreux, si l'on en juge par la liste de ceux qui travaillèrent à la décoration du château de Milan, Giovanni délia Valle, Coslantino Vaprio, Vincenzo Civerchio, Ambrogio et Filippo Bevilacqua, pour ne citer que les Milanais d'origine. Vincenzo Foppa accentua la manière des Padouans dans le sens qui convenait à ses protecteurs et à son entourage, c'est-à-dire dans le sens de l'expression vivante et réelle plus que dans le sens de l'idéal antique ou chrétien. Par son ardeur particulière pour les recherches techniqueset précises, par sa passion pour l'analomie et la perspective, ii imprima à la peinture milanaise un caractère de rigueur scientifique qui fit son originalité et sa force, et lui permit, à la décadence, de résister plus longtemps que telle autre à f envahissement du maniérisme. 11 est à remarquer, en effet, que la plupart des peintres de Milan, avant comme après le passage de Léonard de Vinci, furent des spéculatifs et des érudits, non moins préoccupés de la théorie que de la pratique, passionnés pour l'enseignement autant que pour l'exercice de leur art. Les traités de Foppa sur la perspective et l'anatomie servirent, dit-on, à Raphaël ainsi qu'à Albert Durer; et il n'est, pour ainsi dire, pas un de ses élèves ou de ses successeurs, pendant deux siècles, qui n'ait tenu à consigner, dans des
manuscrits dont, par malheur, beaucoup sont perdus ou inédits, les résultats de sa propre expérience. r.„f^..< ,./... ,.„,r ,.,^,.-r-r ..,
Doit-on être surpris qu'avec des habitudes d'esprit si ouvertes et si actives le groupe des
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artistes milanais se soit montré de bonne heure hospitalier pour les étrangers, et qu'il ail attiré à lui les illustres artistes des Etals voisins? Des causes morales d'un ordre plus élevé que l'intérêt personnel et les protections princières ont dû certainement agir sur tous ces Toscans ou ces Ombriens qui tour à tour s'installent .- Vlilan, y donnent la fleur de leur génie, et s'y transforment eux-mêmes sous les influences locales, non moins heureusement qu'ils ont transformé par leur action personnelle les artistes indigènes qui les ont accueillis. Evidemment, l'art se développait \k tout à l'aise, dans un milieu des plus favorables; Michelozzo Michelozzi, constructeur d'un palais pour les Médicis en exil, Averulino ou le Filarète qui fit les plans du Grand Hôpital, et surtout Lazzaro Bramante d'Urbin, en firent l'expérience. Comme peintre aussi bien que comme architecte, ce dernier, pendant un séjour qui ne dura pas moins de vingt-quatre ans (de 1476 à 1499), eut une action considérable. Malgré la disparition de ses œuvres, on peut, en examinant celles de son maître Fra Carnevale et celles de son élève favori, Bartolomeo Suardi,dit leBramantino, s'imaginer quel genre de qualités, chères aux Ombriens, il introduisit à Milan : la clarté dans les compositions, la limpidité dans le coloris, la délicatesse dans l'expression, l'élégance dans les détails, en un mot le charme et la grâce.
Lorsque le beau florentin Léonard de Vinci vint, en 1483, offrir ses services au duc de Milan, Lodovico Sforza, il se présentait, on le voit, sur un terrain bien préparé. Entre ses studieuses habitudes et les tendances des peintres milanais, il y avait une conformité préalable qui permit à son génie ouvert et expansif d'entrer immédiatement en une généreuse communication avec eux, aussi bien pour s'assimiler leurs qualités particulières que pour leur inculquer celles qu'il apportait de Toscane. Sans les détourner violemment de leur voie traditionnelle, il se mil donc ou plutôt se trouva naturellement à leur tête et les entraîna par les charmes réunis de son génie et de sa personne vers l'idéal plus élevé qu'il avait conçu. Attaché, comme eux, aux éludes scientifiques, pénétré comme eux de respect pour la réalité et la vie, fondant comme eux la grandeur de l'art sur l'amour de la nature, il possédait de plus qu'eux le sens profond de la beauté expressive; il leur apprit à mettre l'observation naturaliste au service d'une imagination émue et ravie; il leur révéla, avec plus de clarté encore que Bramante, les grâces du corps humain et les enchantements de la lumière; il saisit le premier, sur les lèvres en fleur des belles milanaises, ces douceurs mystérieuses du sourire féminin qu'avaient dédaignées ses austères prédécesseurs, plus attentifs aux irrégularités typiques. haJoconde est une œuvre essentiellement milanaise; dujouroù resplenditson merveilleux sourire, tous les peintres du paysen furent éclairés; c'est à cette lueur charmante qu'ils travaillèrent pendant plus d'un siècle; elles plus dégénérés d'entre eux, s'ils brillèrent une heure, ne brillèrent que sous ses derniers reflets.
Quant aux disciples immédiats du grand homme, ils se pénétrèrent si complètement de son
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"•énie qu'ils se confondent souvent avec lui dans l'éclat d'une gloire collective. Quelle escorte aimable et dévouée que celle de tous ces jeunes gens, beaujt et ardents, qui ne le quittent pas pendant sa vie et lui restent fidèles après la mort! Les uns, tels que Salai, Melzi, Marco d'Ogo-ione, absolument voués à son culte, ne travaillent guère que sur ses dessins ; les autres, tels qu'Andréa Solari, Cesare da Sesto, Bernardino Luini, Bazzi le Soddoma, d'esprit plus libre, de o-oût pluscurieux, emportent partout, conservent partout, à Paris comme à Rome, à Sienne comme à Milan, même à côté de ce Raphaël qu'ils admirent comme un dieu, la marque délicieuse du premier enchantement qui ravit leur adolescence.
Toute l'école milanaise subit donc l'ascendant irrésistible du grand florentin; mais, dans un autre groupe, l'évolution ne se fit pas si aisément. La plupart des élèves des vieux maîtres, de Foppa et de Civerchio protestèrent contre cette importation de la grâce et du sourire, qu'ils jugeaient dangereux pour l'avenir de l'art, jusqu'alors rigoureusement maintenu dans les voies de la sévérité chaste et de la noblesse austère! Us se défiaient de ces compositions subtiles, de ces physionomies séduisantes, de ces attitudes recherchées, de ces perpétuelles tendresses, prévoyant, de beaucoup trop loin sans doute, mais prévoyant avec perspicacité, les raffinements de maniérisme où pourrait conduire un jour ce style enchanteur. Parmi les amis et les élèves môme de Léonard, plusieurs, tout en l'imitant, partageaient ses défiances; ils maintenaient fermement vis-à-vis de lui les traditions anciennes du dessin rigoureux et du style accentué; tels sont Bernardino Zenale, son compagnon de travail à Santa Maria délia Grazie, et Beltraffio, qu'il chargeait, en son absence, de diriger son académie. D'autres continuaient leur route sans presque s'occuper de lui; ainsi fit cet Ambrogio Borgognone, architecte et peintre de la fameuse Chartreuse dePavie, qui garda intacte, jusqu'en 1530, la tradition hiératique du xv" siècle; ainsi firent les peintres de Verceil, qui donnèrent à Milan tout un groupe de peintres religieux, dont le style ne s'agrandit qu'au contact de l'école romaine, sans perdre toutefois son caractère primitif, groupe représenté avec éclat par Gaudenzio Ferrari et son élève Bernardino Lanini. Cette branche latérale se distingue par son goiît des compositions agitées, des figures réelles, des ajustements bizarres, des colorations voyantes, non moins que par son sentiment élevé de l'expression religieuse; ellese maintint à Milan jusqu'à la fin du siècle avec Batlisla délia Cerva, Lomazzo, Cioccaet Figino; et se perdit enfin dans l'imitation excessive de Michel- Ange, danger dont elle sut naturellement moins bien se garer que les peintres délicats et soigneux, restés fidèles aux traditions prudentes de l'école de Léonard.
Vers la fin du xvi" siècle les deux branches d'ailleurs étaient égalemant épuisées, elles ne portent plus aucun fruit. Il n'y a plus à Milan de peintres milanais que les fils dégénérés de Luini et quelques-uns de leurs condisciples. Tous les peintres qui travaillent dans les églises sont des étrangers, crémonais, génois, bolonais ou vénitiens. L'imitation des
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peintres de Venise, et en particulier de Titien, se répand même par des artistes du terroir, Callislo de Lodi, Giovanni da Monte, Cesare Dandolo, Preterazzano, ce dernier s'efTorçant de combiner avec le coloris de son maître la profondeur d'expression, la science des raccourcis, les hardiesses de perspective qui étaient restées, malgré tout, les qualités milanaises. Néanmoitis, c'est à des Bolonais, à la famille des Procaccini, qu'était réservé l'honneur d'arrêter un instant le cours de cette prompte décadence et de rendre à l'école milanaise un certain éclat et une certaine individualité.
Les Procaccini, quoique compagnons ou élèves des Carraches, n'eurent en réalité qu'un vrai maître, le Corrége; c'est grâce à cette noble filiation qu'ils purent tenir le rôle que les circonstances leur offrirent. Ercole, le père, dessinateur assez mou, était un peintre trèsconsciencieux, très-exact, très-soigneux ; il lui suffit d'avoir le respect de son art pour combattre utilement les habitudes d'exécution expéditivesi fort à la mode chez ses contemporains. Son tils aîné, Camillo, ne l'imita pas il est vrai sous ce rapport; il s'abandonna sans frein ci la facilité de sa verve abondante et banale; mais Giulio Cesare, le cadet, maintenu dans des habitudes plus dignes par ses premières études de sculpture et son admiration pour le Corrége, fut d'un bon exemple pour les jeunes peintres de Milan, qui pendant toute la fin duxvi^siècle n'eurent d'autre école que son atelier. Il est impossible de faire l'énumération complète des peintres qui passèrent alors entre les mains des Procaccini. Lanzi y a renoncé, et il ajoute ; «Il y eut bien parmi eux quelques inventeurs d'un style original, comme il y en eut parmi les élèves des Carraches; mais la plupart mirent tout leur esprit à suivre la manière de leurs maîtres, les uns la maintenant par le soin qu'ils apportaient à leurs ouvrages, les autres la gâtant par leurs procédés expédilifs. »
Tous les voyageurs qui ont visité Milan savent quel effroyable déluge de peintures médiocres a produit cette école des Procaccini. Malgré l'effort estimable fait par Giulio Cesare Procaccini pour reconstituer une école milanaise, il n'y avait plus assez d'énergie locale pour résister à l'envahissement de cet éclectisme confus dans lequel se perdait l'art italien. Du temps des Procaccini, à Milan même, d'autres peintres étrangers y apportaient de tous côtés d'autres influences; les jeunes Milanais allaient eux-mêmes terminer leur éducation le plus souvent à Venise et quelquefois à Rome; ils en rapportaient des talents faciles et souples, souvent fort agréables encore, mais dépourvus de tout caractère.
Ce n'étaient pourtant pas les encouragements de toute nature qui manquaient alors aux artistes; la famille desBorromées, représentée parles deux grands archevêques de Milan, S. Charles et le cardinal Frédéric, donnait aux arts et aux lettres une impulsion vigoureuse et élevée qu'il ne tenait qu'aux peintres de rendre féconde. Les peintres se rendirent bien à l'appel; il n'y en eut jamais un tel nombre, mais ils ne surent ou ne purent s'élever audessus de la médiocrité. Dans celte foule de noms, justement obscurs, qu'on lit sur les vastes
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toiles dont sont encombrés tous les monumenls milanais, on n'en dislingue que deux qui furent portés par des hommes vraiment remarquables, Giovanni Battista Crespi dit le Cerano, peintre, architecte, sculpteur, le directeur de l'Académie fondée par le cardinal Frédéric Borromée et l'instigateur de toutes ses grandes entreprises, Daniele Crespi, artiste éclectique, d'une imagination puissante, d'un goût élevé, qui malheureusement mourut fort jeune, enlevé parla grande peste de 1630.
Après Daniele Crespi, « le dernier des Milanais, » comme l'appelle Lanzi, la décadence suit sa pente avec une rapidité que nul effort n'eîit sans doute pu arrêter, parce que cette décadence tenait à l'état général de l'esprit public et à l'affaissement universel du génie italien. L'Académie fondée par le cardinal Borromée s'était fermée après sa mort en 1631 . C'est en vain qu'Antonio Busca voulut la réorganiser quelques années plus tard ; tout enseignement sérieux était dédaigné; il était trop facile à la multitude des gâcheurs qui pratiquaient le métier de peintres, d'apprendre n'importe où ces procédés cxpédilifs qui leur permettaient de couvrir au galop les plus vastes murailles. Jamais on ne brossa plus de peinture à la toise. Ni dessin, ni couleur, ni caractère; aucun souci delà noblesse, non plus que de la grâce; pas plus d'étude que d'inspiration; une certaine facilité de composition banale et creuse, une certaine grâce de coloris, fade et écœurante, tenaient lieu de tout. Les traditions des deux écoles rivales étaient également mises en oubli; Foppa aussi bien que Léonard, Gaudenzio Ferrari aussi bien que Bernardino Luini, étaient définitivement stériles.
Il faut reconnaître que celte uniformité désolante des derniers praticiens milanais était due, en grande partie, à l'influence désastreuse du dernier des Procaccini,Ercole, qui succéda à ses oncles dans la direction de leurs ateliers, mais qui n'eut ni leurs qualités, ni leur science, ni surtout leur conscience, et qui rie cessa d'inonder de ses œuvres les églises du pays. Pour le malheur de ses contemporains, Ercole vécut quatre-vingts ans! A peine peut-on distinguer, dans la foule qui l'environne, quelques artistes plus scrupuleux et plus intéressants, tels qu'Antonio Busca, Carlo Vimercati, Crisloforo Storer, Federigo Bianchi, Giovanni Battista Discepoli, dit le Zoppo de Lugano. C'est en vain que Giovanni Mauro Rovere rachète quelquefois, par une verve chaleureuse, l'incroyable désordre et le laisser-aller de ses grandes machines ; c'est en vain qu'on se met en famille pour fabriquer mieux et plus vite; les Sant'- Agostini sont trois, les Rosselli sont trois, les Nuvoloni sont quatre. Chacun d'eux traîne à sa suite une grosse bande d'élèves. A quoi bon les nommer? Tous se ressemblent. Malgré l'habileté incontestable de quelques-uns d'entre eux, plus ils accumulent de toiles, plus ils s'éloignent de l'art. La grande flamme allumée par Giolto, Mantegna, Bramante, Léonard, est décidément éteinte; tous les efforts faits pour la rallumer sont des efforts en pure perte, et c'est à peine si on en retrouve çà et là quelques étincelles sous le las de cendres rapidement accumulées par deux siècles d'incessante production.
Georges LAFENESTRE.
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