‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 100 sur 136 · GIOVANNI-ANDREA DE' FERRARI · texte numérisé non relu

GIOVANNI-ANDREA DE' FERRARI

«i EN 1598. — KORT E.t l6r>U.

Né d'une famille très-considérée à Gènes, Giovanni-Andrea de'FciTari reçut une éducalion distinguée. Après (ivoir étudié les éléments de l'art sous la direction de Bernardo Castello, il entra à l'école de Strozzi, dont il s'assimila la manière énergique et puissante. Les églises de Gènes et de la Rivière possèdent un grand nombre de ses ouvrages; on cilc parmi les plus remarquables : une Crèche, à la cathédrale de Gènes, cl une Nativité de la Vierge dans l'église Saint-Ambroise, à "Voltri. Ratti a dit de ce dernier ouvrage que le dessin en est si lin et la couleur si nourrie que les personnages paraissent vivants.

Dans sa vieillesse, Giovanni-Andrea prit l'habit ecclésiastique '. Il mourut en 1669. Quelque estimable que soit ce maître, il se recommande moins par ses ouvrages que par ses élèves : il donna des leçons à trois des meilleurs peintres de l'école génoise, Bencdctto Gasliglione, Valerio Castello et Carbone. II forma aussi Gio.-Battista Mcrano (1632-1700), dont il y a un très-bon tableau, le Massacre des Innocents, dans l'église du Gesù, à Gènes, et Giovanni-Andrea Podesta, qui a gravé à l'eau-forte une suite de Bacchanales d'après le Titien.

Gênes. — Église S. Maria del Carminé : les Ames du Purgatoire.— Église Saint-Catherine: le Martyre de saint Placide. — Eglise Saint-Dominique : la Nativité, Saint Antonin distribuant des aumônes. — Église San-Francesco di Castelletto : la Mort du juste et la Mort du pécheur. — Église du Saint-Esprit : le Martyre de saint André. — Palais Doria- Tursi : Tobie guérissant son père aveugle. — Palais Durazzo :

la Vierge et l'enfant. — Palais Grillo-Cataneo : la Véronique et ['Incrédulité de saint Thomas. — Galerie de l'Académie Ligurienne : l'Ivresse deNoé, Esaû vendant son droit d' aînesse, l'Adoration des bergers,

PoLCEVERA. — Église paroissiale : la Vierge et des Saints.

Albizzuola, prés Savone : Saint Pierre, saint Bras cet d'autres Saints.

GIULIO RENSO

NÉ VEnS I(i01. — MORT E.> 1008.

Giulio Benso naquit dans la plus grande pauvreté à la Pieve del Tecco, petit bourg de la Rivière Ligurienne. Accueilli par Gio.-Carlo Doria, protecteur intelligent et zélé des artistes, il étudia à l'académie {Accademia del' nudo) que ce seigneur avait instituée dans son propre palais; il reçut aussi des leçons de Paggi et acquit une habileté peu commune pour peindre l'architecture et pour triqmpliM" ,dçs diificullés de la perspective verticale, du sottinsU, comme disent les Italiens.

C'est dans le chœur de l'église de l'Annunziala del Guastato qu'il exécuta son œuvre la plus considérable : il y peignit à fresque, sur lu voûte, V Assomption de la Vierge, et, sur les murailles. Saint Joachim embrassant sainte Anne, la Présentation de l'Enfant Jésus dans le temple, la Dispute parmi les docteurs; au-dessus de la corniche, il figura une colonnade, avec des balustrades et des loges. Malgré les dégradations qu'elles ont subies, ces peintures excitent encore aujourd'hui l'admiration par leur magnifique ordonnance; l'œil est étonné de la hardiesse des raccourcis, de la richesse des ornements; on pourrait souhaiter un style plus

^ 11 ne doit pas être confondu avec l'abbéLorenzo de'Ferrari (1680-174'i), fils du peintre Gregorio de" Ferrari et de MarghéritaPiola.quifut un des peintres les plus distingués et les plus féconds do l'école génoise, au xvin» siècle. Gregorio de' Ferrari, né à Port-Maurice (1644-1726), a été cité par.Tii les disciples du Sarzane. Orazio de' Ferrari, de Voltri (1606-1657), que nous avons signalé parmi les élèves do l'Ansaldo, n'appartient pas à la même famille que les jirécédenls.

discret, plus sévère, et, pour tout dire, plus religieux; mais il faut s'incliner devant la science avec laquelle sont machinées ces vastes compositions; il faut applaudir à l'art consommé avec lequel sont accusés les groupes abondants et les pompeuses architectures qui se déploient sur ces murailles.

D'autres fresques ont été exécutées par Benso dans divers édifices de Gènes et du littoral. A Cannes même, suivant ce que nous apprend Soprani, il orna de perspectives ingénieuses et de scènes historiques la grande salle du palais qui appartenait au seigneur de cette ville.

Ses tableaux à l'huile sont assez rares. Lanzi a cité, comme lui faisant particulièrement honneur et comme se ressentant beaucoup de l'école bolonaise, un Saint Dominique qu'on voyait autrefois dans l'église de ce saint, à Gônes.

Soprani a publié une lettre adressée de Vienne à Benso, en 1644, pour presser l'exécution d'une peinture (le V Assomption, destinée au maître-autel d'une église récemment bâtie dans celte capitale. A en croire l'auteur de cette lettre, ce tableau était attendu avec une extrême impatience, non seulement par le seigneur abbé de'Scoti qui en avait fait la commande, mais par l'empereur lui-même et par toute la cour.

Benso ne se contenta pas de peindre des monuments dans ses tableaux, il en construisit sur le terrain. A la Pieve del Tecco, son pays natal, l'église des Augustines fut élevée sur ses plans et sous sa direction. Il s'occupa aussi de gravure à l' eau-forte; on lui attribue une pièce marquée des initiales G. B. et représentant Adam et Eve chassés du, Paradis terrestre. Un de ses élèves, Girolamo Impcriali, d'une noble et illustre famille génoise, fit preuve de talent comme aquafortiste; il avait contracté le goût des arts à Parme, en faisant ses études classiques, et il grava dans cette ville, en 1622, une figure d'Ange gardien; on connaît plusieurs autres pièces de sa composition et une planche qu'il a gravée d'après Raphaël : la Vierge et V Enfant Jésus à qui saint Jean présente ï0ie fleur. Un autre élève de Benso, Raffacle Soprani (1612-1672), issu lui aussi d'une famille patricienne, a jeté plus d'éclat sur l'école génoise par ses écrits que par ses peintures : ses Vite de' pittori, scultori ed architetti genovesi, qui furent imprimées pour la première fois en 1674, deux ans après sa mort, sont rédigées avec simplicité et honnêteté, et avec une véritable intelligence de l'art ; elles ont été rééditées, avec annotations, et continuées par le chevalier Carlo-Giuseppe Ratti (Gênes, 2 volumes in-4", 1769).

Gênes. — La Présentation au temple et la Dispute parmi les docteurs, de l'Annunziata, ont été repeintes par Gio.- Bat. Garlone. — Église Saint-Augustin : Sainte Claire de MontelalconecommuniéeparJésus-Christ,K]ie\\'\ss\ma.ta.\o\a.», dit Soprani. — Église Saint-Barthélémy des Arméniens : Saint Thaddée baptisant Abgare, peintre du roi d'Edesse, œuvre de la vieillesse de Benso. — Église Sainte-Catherine(des Bénédictins): l'Assomption, voûte d'une chapelle.

Sestr( di Ponente. — Église paroissiale : l'Assomption, peinture de !a voûte, « opéra molto insigne per la ben ordinata distribuzione e pel bcnintenso sottinsù » (Ratti).

Spotorno, près Noii. — Le Mariage de la Vierge.

La. Pieve del Tecco. — Église des Augustines : Annonciation (tableau du maître-autel). — Église Saint-Antoine : Tentation de saint Antoine, Saint Crépin et saint Crépinien devant la Vierge.

Savone. — Église des Capucins : Saint Nicolas et saint Erasme.

Gaulenda. — Église paroissiale : la Vierge et les âmes du Purgatoire.

Camillo Cungio a gravé, d'après Giulio Benso^ la Lutte de Jacob avec l'ange.

GIOVANNI-MARIA BOTTALLA

KÉ EM 1G13. — MORT ES lO'li.

Bottalla naquit à Savone, à quelques lieues de Gènes; mais c'est à Rome qu'il s'est formé. Il y vint fort jeune et fut pris en affection par le cardinal Giuho Sacchetti. Ce prélat le fit entrer dans l'atelier du Cortone et, charmé de son habileté à copier les chefs-d'œuvre de Raphaël, lui donna le surnom de Raffaellino sous lequel on le désigna depuis dans l'école romaine. En réalité, Bottalla imita bien moins Raphaël que le Cortone, son maître; il s'appropria le style de celui-ci, au point de tromper les connaissçurs. On a fait remarquer toutefois ' qu'il était plus vrai dans son dessin, plus opaque dans l'exécution et moins vif dans la couleur.

* Th. Lejeune, Guide de l'Amateur des tableaux, II. p. IGl.

Parmi les tableaux qu'il peignit à Rome, on signale, comme une "œuvre de grand mérite, une Héconriliation d'Esaih et de Jacob, qui fut acquise au xviii' siècle par le pape Benoit XIV, et placée dans la galerie du Gapitolc, avec d'autres ouvrages provenant de la collection des Sacchetti.

Dans l'atelier du Gortone, Bottalla se lia étroitement avec Franccsco Romanelli, qui lui aussi fut, à ses débuts, un liabile imitateur de son maître. Si nous en croyons Baldinucci, le Gortone les employa tous deux il ses grandes peintures du palais Barberini et les autorisa même à y travailler pendant un voyage qu'il lit en Lombardic ; mais, ayant appris à son retour que ces deux jeunes gens, enorgueillis de leur talenl, n'avaient pas craint d'intriguer pour le supplanter, il les congédia impitoyablement '.

Ge lut sans doute à la suite de cette aventure peu bonorable que Bottalla se décida à quitter Rome pour aller à Naples, où il travailla quelque temps. Puis il revint se fixer à Gènes. Un gentiliiomme de cette ville, le signor Agostino Airolo, l'ayant chargé de décorer un salon de son palais ^, il peignit, sur la voilte, des Sirènes, des Satyres, des Enfants soutenant des guirlandes de fruits, et sur les murs des Divinités et des Termes, toutes figures d'une invention originale, d'un dessin élégant et d'un coloris barmonicux. Gette décoration, exécutée dans le goût des peintures des Garraches de la galerie Farnèse, fit l'admiration des connaisseurs ; mais les autres peintres étabUs à Gônes affectèrent d'en parler dédaigneusement, comme de l'œuvre d'un artiste qui cherche encore sa voie. Ges méchants propos causèrent à Bottalla un violent chagrin; il tomba malade et fut obligé d'interrompre ses travaux du palais Airolo; les médecins lui conseillèrent (l'aller à Milan pour changer d'air, et sans doute aussi pour se distraire de sa tristesse; il y mourut, en 1044, dans sa trente et unième année.

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