GIOVANNI-BERNARDO CARBONE
NÉ EN Ifll'l. — MORT EN 1683.
Van Dyck qui a laissé à Gènes de si admirables peintures, ne put moins faire que d'y exercer une grande infiuence. De tous les peintres génois qui s'éprirent de son style, celui qui réussit le mieux à se l'approprier fut Bernardo Carbone. Il y a de cet artiste, au musée de Turin, un portrait qui dénote une grande fermeté de dessin unie à une chaleur de coloris peu commune ; ce portrait est celui d'un gentilhomme revêtu d'une cuirasse par-dessus laquelle s'étale un col de guipure, d'un haut-de-chausscs rouge et de bottes à revers en peau de chamois; la main droite est appuyée sur la hanche, la gauche sur la poignée de l'épée. Le visage est bien éclairé et vivant. Après avoir vu ce portrait, nous croyons volontiers Ratti lorsqu'il dit que Carbone imita Van Dyck au point de tromper les plus fins connaisseurs.
Giovanni-Bernardo Carbone avait eu pour premier maître Gio. -Andréa de'Ferrari, et il s'était d'abord exercé à la peinture d'histoire. L'église paroissiale d'Albaro, sa ville natale, a de lui un Saint Jean-Baptiste et un Saint Rock. Il lit plus tard un voyage à Venise et s'y perfectionna dans l'art de la composition. On regarde comme son meilleur ouvrage un Saint Louis adorant la croix, qu'il peignit pour l'Annunziata del Guastato : l'imitation du style de Van Dyck n'y est pas moins évidente que dans ses portraits. Nous avons cru retrouver, au contraire, quelque chose de la manière vénitienne dans un tableau du palais Pallavicini représentant la Vierge, Venfant Jésus, saint Jérôme, saint Dominique et un donateur ; le surplis, dont ce dernier personnage est revêtu, a une vigueur de ton digne du Titien; le saint Jérôme, qui est nu, a des chairs un peu trop bronzées; le bambino est enveloppé d'une lumière éclatante.
Gènes. — Église de l'Annunziata : Saint Louis adorant la croix. — Palais Pallavicini : le tableau décrit dans la no-
tice. — Palais lirignole-Sale : le portrait d'une dame habillée de blanc avec des rubans rouges.
* Baldinucci n'a pas parlé de cette aventure dans la notice qu'il a consacrée à Bottalla; il l'a racontée dans la vie de RomanoUi en désignant le compagnon de celui-ci sous le nom de Rafïaellino Bortelli, mais il n'est pas douteux que cette désignation ne s'applique à l'artiste génois.
- Ce palais a appartenu depuis à la l'amillo Ncgrone.
34 ÉCOLE GENOISE.
TuniN (Musée de). — Le portrait de Maria ("loionna, femme de Paoio Spinola, et le portrait de gentilliomme dont il est parlé ci-dessus. Ce dernier ouvrage est-il le portrait d'Agostino Durazzo, ambassadeur de la République génoise, près la Sublime-Porte, qui se voyait, il y a une
trentaine d'années, au Palais-Royal de Gènes? Plusieur.-; des tableaux qui ornaient ce palais, ont été, il y a quelques années, transférés au musée de Turin. — Haïti cite parmi les meilleurs portraits qu'ait peints Carbone, celui d'Alessandro Spinola.
ANTONIO TRAVI dit LE SOURD DE SESTRI
NÉ VERS lOI'l. — MORT EN l(il!8.
N6 à Sestri di Ponentc, dans la plus complète indigence, et atteint de surdité, Antonio Travi entra comme broyeur de couleurs au service de Bernardo Strozzi, Il se passionna pour la peinture en voyant travailler sou maître et se mit à dessiner et à peindre lui-môme en secret. Strozzi, ayant découvert ses heureuses dispositions, lui donna des leçons. Le premier ouvrage de Travi fut un Mariage de sainte Catherine qu'il exécuta pour sa ville natale.
Dans l'atelier de Strozzi, le Sourd de Sestri lit la connaissance d'un peintre de Cologne, Goltfricd Waais ', élève d'Agostino Tassi, d'après les conseils et à l'imitation duquel il se mit à peindre des paysages, genre dans lequel il acquit bientôt de la réputation. Au dire de Soprani, il réussit surtout dans les petites figures et dans les vues architecturales dont il ornait ses compositions; il avait une touche spirituelle, légère et rapide, mais il ne sut pas se défendre assez de sa facilité et négligea trop souvent de consulter la nature. Ses ouvrages, assez répandus dans les galeries de Gènes, sont très-rares hors de cette ville.
Mariette dit avoir vu une gravure à l'eau-forte qui paraît être de la main de cet artiste : elle est signée du monogramme A T et représente un paysage dans lequel on voit un bâtiment ruiné et, sur le devant, un fragment de has-reUef dont le sujet est un Satyre poursuivant une Nymphe; une femme à cheval précède un troupeau de moutons que suit un berger à pied. Cette pièce est exécutée dans le goût de Casliglione ; mais elle trahit une certaine inexpérience, car elle est mal mordue.
Gênes. Palais Royal : la Fable de Latone. — Galerie | Pegli. — Eglise Saint-Martin : Sainte Rosalie, tableau
(le l'Académie Ligustique : Paysages. \ peint dans le style de Strozzi.
LES PIOLA