‹ Histoire des peintres de toutes les écoles (volume 5)Chapitre 117 sur 136 · LUCA GIORDANO · texte numérisé non relu

LUCA GIORDANO

Le nom de Luca Giordano est resté tristement célèbre. Au milieu du dix-septième siècle, pendant cette singulière période de l'histoire de l'art italien oi!l l'école, dédaigneuse des traditions anciennes, commence à s'égarer dans la manière, il fut l'un de ceux qui contribuèrent le plus à pousser la peinture dans cette voie dangereuse. Moins savant que Carie Maratte, moins abondant que Piètre de Cortone, il fut leur infatigable collaborateur dans cette œuvre de destruction involontaire, dans cette lutte irréfléchie qui devaient aboutir à la ruine de l'école italienne et d'où allaient sortir les longues erreurs du dix-huitième siècle. Luca Giordano, par les caractères même de son talent plein d'une séduction factice, eut la plus grande part dans ce mouvement que les contemporains saluaient comme l'aube d'un progrès nouveau et qui, — l'événement ne l'a que trop prouvé, — n'était en réalité que la plus triste des décadences. Sans conviction arrêtée, sans doctrine précise, sans autre religion que celle du succès, Giordano fut le plus fécond improvisateur de son temps, et, par malheur, ce fut aussi, de tous les maîtres de celle date, le plus fêlé, le plus applaudi.

Et cependant, parmi les peintres de celte noble Italie qui allait mourir, bien peu furent mieux doués que Luca Giordano. Qui sait ce que seraient devenus, sous l'influence d'une éducation meilleure et dans une époque moins étrangère aux choses graves, cet ingénieux esprit, cette main prompte et ferme, cette imagination toujours en éveil? Qui sait, si mieux dirigé, Luca Giordano n'aurait pas pu, je ne dis point

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