CARLO FRANCESCO ET GIUSEPPE NUVOLONI
FI.ORI$$ÀIE.-<T DE 1630 A lt>60.
Dans cette dernière et triste période de la peinture milanaise, qui s'ouvre à la mort de Daniele Crespi, les noms d'artistes sont aussi nombreux que les œuvres de mérite sont rares. La plupart de ces praticiens habiles, mais sans scrupule et sans originalité, dont les fresques et les tableaux encombrent les églises de Milan, furent des élèves plus ou moins consciencieux des trois Procaccini. Sans doute Carlo Vimercati, Antonio Busca, Giovanni Ems, Antonio David, Federico Blanchi, Giovanni Battista Discepoli dit lo Zoppo di Lugano, Giovanni Mauro Rovere, Francesco del Gairo, les trois Rossetti et les trois Santagostini ne furent pas des artistes sans mérite, et c'est avec plaisir qu'on rencontre parfois quelques-uns de leurs ouvrages d'une abondance si facile et d'un coloris si agréable, mais aucun d'eux ne paraît vraiment mériter une étude particulière. La famille des Nuvoloni a laissé une trace un peu plus profonde dans l'art de cette époque.
Les deux plus célèbres, dans cette lignée d'artistes, furent deux frères, Carlo Francesco et Giuseppe , qui curent pour premier maître leur père Panfilo Nuvoloni, d'origine crémonaise, mais qui terminèrent leur
cducalion chez les Procaccini, auxquels ils se rattachent évidemment par le style. L'atué, Carlo Francesco, plus connu sous son surnom de Panfilo qui l'a fait confondre parfois avec son père, imita d'ahord la manière de Giulio Gesare, mais ne tarda pas, dès qu'il fut libri;, à se précipiter sur les traces de Guido lleui avec une telle ardeur et un tel succès qu'on le surnomma « le Guide de Lomhardie » Ses compositions, d'une ordonnance simple et logique, se recommandent par le soin qu'il apporte à l'exécution de ses figures, d'ordinaire peu nombreuses, et auxquelles il sait donner une tournure noble et gracieuse et des tours de tète d'un ciiarme particulier. Son coloris est, en général,d'une harmonie légère et d'une suavité très-agréable. Parmi ses meilleures œuvres, Lanzi citait un Martyre de saint Pierre, qu'il avait vu à San Vettor. Carlo Francesco, peintre fort en vogue, travailla beaucoup hors de Milan ; on trouve de ses œuvres à Parme, à Crémone, à Plaisance, à Cômc. Excellent portraitiste, c'est lui qui fit le portrait de la reine d'Espagne lorsqu'elle vint en Italie ; sa réputation de piété donnait un prix exceptionnel à ses Madones, d'un sentiment en elfet très-pur et très-élevé, bien que la majesté y soit presque toujours sacrifiée à la grâce ; on savait qu'il ne peignait jamais avant de s'être mis en prière.
Tout autre, malgré l'air de famille, fut le talent de Giuscppe Nuvoloni, le frère cadet qui, au rebours de Carlo Francesco, se distingua par l'abondance plus que par le soin, par la hardiesse plus que par le goût. Ses vastes compositions dénotent à coup sur une imagination beaucoup plus inventive, mais l'exécution en est d'ordinaire très-négligéc et poussée au noir dans les ombres. Il n'est guère de villes en Lomhardie, en Vénétie, où ce pinceau trop fécond n'ait laissé quelque œuvre. Sa meilleure, au dire de Lanzj, serait la Résurrection d'un mort par S. Dominique, dansl'égUse de Crémone, consacrée à ce saint; on voit, dans ce tableau un très-beau fond d'architecture, et les expressions des figures y sont très-naturelles. C'est là sans doute un ouvrage de son âge mur, car les peintures qu'il fit dans sa vieillesse ne donnent ([u'une triste idée de son talent.
Milan. — Le Musée Brera est riche en tableaux de Carlo Francesco Kuvoloni : N" 217. La Madone, l'enfaiil Jésus et deux Saints franciscains. — N" 404. L'Assomption.—^" 489. I.a famille de Panfilo Nuvoloni. — N" 491 et 493. Annontiation. — N° 504. Sainte Marthe abattant un dragon en pré-
Dans les églises de la même ville on trouve un grand nombre de ses peintures : à Saint-Ambroise, un S. A)nbroise; à Santa-Maria délie Grazie, une Résurrection; à Saint-Sépulcre, une Vierge; à San-Vittor Grande, le Martyre de S. Pierre dont il a été question ci-dessus, etc.
sence de Sic Madeleine et de son f/ère Lazare, évéque de Mar- i Le portrait de Giaseppe Nuvoloni par lui-même est conseille. I serve au musée Brora.
Georges LAFENESTRE.
LISTE DES GRAVURES
INTERCALÉES DANS LE TEXTE
NOMS DES PEINTRES
BELTRAFFIO (Gioyanni Antonio),
LUINI (Bebnardino).
SOLARI ou SOLARIO (Andréa).
BAZZI (Giovanantonio dit le Soddoma).
SALAI ou SALAINO (Andréa).
FERRARI (Gaudenzio).
SESTO (Gesare da),