LF. CHRIST DEVANT PILATE
travaillait encore à La Haye en 1662 Ce qui est certain, c’est qu’il laissa deux fils qui suivirent la carrière paternelle et dont l'un, nommé Guillaume Honthorst, est regardé par M. Waagen comme l’auteur d un bon portrait du prince Rupert, qui est à Wilton-Housse, dans la galerie de lord Pembroke.
CHARLES BLANC
1 Nous lisons dans la Notice des tableaux du Louvre : « Certains documents portent à croire que Honthorst mourut en 1683, « à 1 Age soixante-huit ans (c’est quatre-vingt-onze ans qu’on a voulu dire). » Cela n’est pas croyable. Sandrart, qui, en cette même année 1683, publia son Académie , écrivait dans ce livre que Honthorst était mort en 1660. Or, on ne peut admettre que si Honthorst eût été encore vivant, ce fait eût été ignoré d'un homme qui était son élève, son ami et son biographe. Sandrart a pu se tromper de deux ans ; mais non pas de vingt-trois ans. 11 est probable que les documents dont parle la Notice du Louvre se rapportent à Guillaume Honthorst.
Gérard Hontliorst a gravé une pièce qui n'a pas été connue de Barlsch, mais qui se trouve sommairement décrite dans le Manuel des Amateurs de Huber et Rosi, lesquels disent l’avoir possédée :
Le Banquet de Neptune. G. Ilmithorst fecit, grand in-folio en travers.
Les tableaux de Gérard Hontliorst sont en général de grande dimension et ne se trouvent guère que dans les musées.
Le Louvre en renferme sept dont un seul, Pilate se lavant les mains, est un elfet de nuit, circonstance assez remarquable au sujet d'un peintre qu'on appelle toujours délia Notte.
Les six autres tableaux de Hontliorst sont : un Concert , signé et daté de 1624; le Triomphe de Silène, cinq figures de grandeur naturelle. Ce tableau fut donné au roi par le marquis de Caraman, en 1827 ; Femme jouant du luth. figure en buste, drapée de bleu, signée et datée de 1614; Jeune Berger: il est vêtu d’une peau de mouton et joue du chalumeau ; il est en buste ; deux portraits : ceux du prince Rupert et de son frère Charles- Louis ; ces deux princes, neveux de Charles I", furent les élèves de Hontliorst.
Musée de Rouen. On y voit une superbe répétition du Jésus devant Pilate , dont il existe d'autres exemplaires en plusieurs endroits, notamment dans la galerie Sutherland, à Londres.
Ga.nd. Hans la cathédrale, il y a deux tableaux de Honthorst, une Descente de Croix et un Saint Sébastien.
Musée d’Amsterdam. On y compte quatre morceaux du maître, savoir: 1 e portrait de Guillaume 11, prince d'Orange. qui s'y trouve deux fois; celui du prince Frédéric-Henri avec sa femme Amélie de Solms, et une figure d’homme tenant un violon d’une main, un verre de l'autre.
Galerie du Belvédère a Vienne. Jésus devant Pilate, elfet de lumière souvent répété par Hontliorst. Sept figures. Un jeune garçon agaçant un chien auquel il montre un gâteau, efTet de lumière. Saint Jérome en prière, autre effet de nuit, demi-figure.
Musée de Dresde. Cinq tableaux, dont trois sujets de nuit : l'Arracheur de dents, une Vieille qui lient une chandelle, une Vieille qui compte de l'argent à la lueur d’une chandelle ; les deux autres tableaux sont : Moïse sauvé des eaux et le portrait d'un homme qui lient un miroir.
Pinacothèque de Munich. Quatre tableaux : Saint Pierre
délivré de prison, Gérés change en lézard le fils d'une vieille femme, Cicéron nourri par sa fille dans sa prison , l'Enfant prodigue.
Musée de Berlin. Trois tableaux : Délivrance de saint Picire, Repas de soldats et de femmes, Esaü vendant son droit d' aînesse.
Musée de Madrid. Incrédulité de saint Thomas.
Florence. On y conserve, parmi les portraits de peintres peints par eux-mèmes, celui de Gherardo délia Notte, plus un chef-d'œuvre du maître, une Adoration des Mages.
Rome. 11 s’y trouve quelques tableaux de Hontliorst, notamment dans l’église Sanla-Maria délia Scala, où Ton admire la Décollation de saint Jean-Baptiste, et dans la galerie Doria, où sont deux effets de nuit.
L’Angleterre possède aujourd’hui les plus beaux ouvrages de Hontliorst : à Londres, dans la galerie Sutherland, est le fameux Jésus devant Pilate, le chef-d’œuvre de l'artiste, celui qu'il avait peint à Rome pour le prince Giustiniani.
A Windsor, dans la chambre d'audience, est le portrait de Frédéric-Henri, prince d'Orange.
A Hamptoncourt, sans compter le grand tableau allégorique qui est placé dans l'escalier, il y a deux morceaux remarquables : celui qui renferme les portraits du duc de Buckingham et de tous les membres de sa famille, et le portrait de la reine de Bohême.
On trouve encore des ouvrages de ce maître à Thirlestaine House, à Combe Abbey, à Castle Howard, à Inee, chez M. Blundell Weld, et à Grove Parle .
Vente du baron de Banckeim, 1747. Jahel qui enfonce un clou dans la tète de Sisara , général de l'armée de Jabiu ; six ligures, soixante-trois pouces sur soixante-seize. 160 livres.
Vente Dukouleur, 1856. Les Bergers adorant Jésus nouveau-nè. 60 francs.
L'an dernier (1857), un Concert (effet de jour', où sont groupées dix ou douze ligures d’hommes et de femmes, de grandeur naturelle, et en costumes élégants, un peu plus qu'à mi-corps, fut vendu environ 1,000 francs. Ce tableau appartient à M. T**’, ancien avoué à la Cour d’appel de Paris.
Nous donnons ci-dessous divers monogrammes de G. Hontliorst et la signature qui se voit sur un des tableaux du musée d’Amsterdam, représentant le portrait du prince Frédériclc Hendrik et la princesse Amelia Van Solms.
o f/ioru/. Qrl, Ç' jfjfi
Sco/e -M'a/fa/ir/,
■aede.
^jam^cA'ac/ed.
PIERRE DE LAER dit LE RAMBOCHE
Au commencement du dix-septième siècle, les peintres étrangers qui étaient venus à Rome pour y étudier la peinture formaient dans cette ville une compagnie joyeuse où chaque nouvel arrivant était reçu par ceux de sa nation. La cérémonie se passait dans un des plus célèbres cabarets de Rome : elle consistait en un repas somptueux, qui ne durait pas moins de vingt-quatre heures, et dont le récipiendaire faisait à lui seul presque tous les frais. C’était alors le bon temps, dit l’historien Passeri,l’ argent se laissait voir, on riait de grand cœur, on buvaitdemême,etdesbarilsentiers devin se vidaient bravement dans ce festin de bienvenue, qu’on appelait pourtant la Fête du Baptême, la Festa ciel Battesimo 1 . Il était
1 On nous saura gré peut-être de reproduire ici le curieux passage de l’écrivain italien : « In quelli tempi l’oltramontani, ch’ ano di nazione diversa, s’univano tutti assieme. cioè Francesi con Francesi, l’Olandesi tra di loro, e li Fiamenghi con li loro
ÉCOLE HOLLANDAISE
d'usage, en effet, d'y baptiser le novice et on lui donnait un surnom qui tantôt se tirait de sa figure, tantôt des travers de son humeur ou des vices de sa conformation physique. Pierre de Laer, étant bossu et contrefait, fut surnommé Bamboche, Bamboccio , qui, en italien, veut dire poupée, marionnette, polichinelle; et ce fut une singulière coïncidence, dit l’auteur italien, car il se trouva précisément que ce peintre tourna son génie vers les sujets familiers et populaires qu’on appelait bambochad.es', sans doute parce qu’on attachait alors l'idée de grotesque à tout ce qui s’écartait delà noblesse du style historique.
Un artiste qui connut Bamboche, qui vécut même dans son intimité, nous a laissé sur cet homme étrange les plus curieux détails. Pierre de Laer était de sa personne une vivante caricature. A son buste trop court s’attachaient desjambes d’une longueur démesurée, formant les deux tiersdela hauteur de son corps, et son cou était si bref qu’il paraissait ne faire qu'un avec sa poitrine. 11 était impossible de ne pas rire en le voyant passer ainsi fait, la tète dans les épaules et le tronc sur des échasses. Mais ce corps ridicule renfermait une àme bien née, une agréable humeur et beaucoup d’esprit. Lui-même faisait bon marché de sa burlesque tournure, se prêtait volontiers aux plaisanteries et y répondait par des facéties nouvelles. Venu à Rome après avoir reçu en Hollande une excellente éducation, honestissima educazionc , il était aimé de tout le monde et comptait pour amis les artistes lesplus distingués du temps, tels que Nicolas Poussin, Claude Lorrain, les frères Both ses compatriotes, et Joachim Sandrart, qui a été son biographe. Bamboche les tenait en gaieté par ses saillies continuelles et môme par des bouffonneries de sa façon. Tantôt il excitait ses camarades à danser pour avoir le plaisir de passer au-dessus de leurs tètes ses longues jambes et d’exécuter ainsi des pirouettes impossibles; tantôt il égayait la fête du Baptême en se blottissant dans un coin, derrière la porte, son haut-dechausse attaché par devant de manière à effrayer les visiteurs, qui le prenaient pour un singe colossal. «Un jour, dit Sandrart, nous étions sortis à cheval, le Poussin, Claude, Pierre de Laer et moi, pour aller dessiner d’après nature les charmants paysages de Tivoli ; Bamboche, craignant la pluie, disparut sans nous attendre et sans nous prévenir. Comme il avait toujours en tète quelque facétie, il rentra dans la ville en se courbant sur la selle, et en se couvrant de la housse du cheval, qui lui donnait la figured’un paquet. Inquiets de son absence, quand nous fûmes aux portes de Rome, nous demandâmes à la sentinelle si notre compagnon étaitdéjàrentré. On nous répondit qu’on avait vu passer au galop un cheval sans cavalier, n’ayant sur le dos qu’une valise surmontée d'un bonnet avec des bottes pendantes à droite et à gauche. Ce fut pour nous et pour Bamboche lui-même, dès que nous le retrouvâmes, une superbe partie de rire. »
Ce plaisant personnage, ce bouffon, avait pour la peinture des dispositions étonnantes. Il s’était appliqué dès l’enfance à l’étude du dessin, et il avait montré toutde suite la faculté de saisir du premier coup d'œil la
nazionali. e. perche allora erano tempi d’allegria, perche il denaro si lasciaua vedere piii alla scoperta, solevaao fare spessu recreazioni, e quando giungeva in lloma qualched’uno di loro chiamato novizio, faceva una Testa di un pasto sonluoso in qualche osteria delle più celebri, nel quale ciasched'uno spendeva la sua parte, ma la maggiore speza toccava al novizio : questa recreazione durama almeno 24 ore continue senza mai levarsi di lavola, nella quali facevano portare il vino a barili intieri, e chiamavano questa recreazione la F esta del Battesimo... La chiamavano eosi perche sopreponevano a quel novizio un nome diverso dal suo proprio, e questo lo caravano o délia figura, o délia fisonomia, o pure d'ail portamento délia persona di quello chc dovea battezzarsi. Vite de' Pittori , Scultnri c Arçkitetti d'ail’ anno 1641 sino ail' anno 1673, da Passeri. » Nous transcrivons ce passage d'après le manuscrit qui fait partie de la riche bibliothèque de M. Jules Goddé vendue en décembre 1830). Ce manuscrit diffère en quelques endroits du livre imprimé, publié à Rome en 1772.
t u nc nous semble pas exact de dire, comme l’ont dit et répété tant d’historiens, que le Bamboche donna son nom au genre des bambochades ; le mot et la chose existaient avant lui. C’est ce qui résulte des remarques de Passeri à ce sujet: « Chiamavano il Bamboccio... e fn una fatalità perche il suo genio nella pittura fu solo di dipingere bambocciate, e inlrodusse quelli sogeetti vili di baronate e di bassi spezzi, che rendono tanto diletto alla plebe... » Ou cette observation n’a pas de sens, ou elle veut diie qu'on appelait bambochades les spectacles vulgaires et grossiers qui plaisent à la foule, alla plebe, et qu'ainsi le nom de Bamboche convenait d’autant mieux à Pierre de Laer, qu'il excellait à peindre ces sujets populaires auxquels s’attachait la dénomination de bambochades avant que le génie du peintre en eût consacré l’admission dans le domaine de l’art. Dans ce sens, nous avons pu dire à l'article Wouwermans que Bamboche, avec ce surnom, portait non-seulement la qualification plaisante de sa personne, mais encore le sobriquet de son génie.
configuration des objets et de la retenir si bien dans sa mémoire, qu’il pouvait longtemps après la reproduire avec une rare fidélité, sans rien changer ni au caractère de ces objets, ni à l’impression qu’il en avait reçue. Ce talent naturel se développa rapidement. Pierre de Laer en était possédé à ce point qu'il passait son temps à peindre de petites figures, des paysages, des édifices, des ruines, des animaux de toute espèce, des gens et des costumes de toutes les nations ; il observait aussi les diverses saisons de l’année, les différentes heures du jour, les nuances infiniment variées du soleil, depuis la blancheur de l’aube jusqu’à la pourpre où il s’endort, et il se
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pénétrait si profondément des spectacles de la nature, qu’avant de les porter sur sa toile, il les avait pour ainsi dire tout figurés et colorés dans son esprit.
Sandrart, bien qu'il fût l’ami intime de Bamboche, comme il le déclare lui-même, ne connaissait guère son compatriote que pour l’avoir fréquenté à Rome. Il le croyait né à Ilarlem; il [tarait, cependant, d’après le témoignage de l’historien Houbraken, que le Bamboche était né à Laer, village prèsdeNaarden,en Hollande, et, suivant Passeri, qu’il était le dernier fils d’un marchand mercier, dont tous les autres enfants, garçons ou filles, s’étaient appliqués au commerce. La date précise de la naissance de Pierre ne se trouve que dans l’historien romain. Houbraken conjecture que Pierre était né au commencement du dix-septième siècle, vers l’an 1613. Mais plusieurs circonstances tendent éprouver que cette date n’est pas la bonne. Passeri dit en effetque Bamboche
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vint à Rome au printemps de 1626, une année après l’exaltation d’Urbain VIII, qu’il avait alors trente à trente et un ans, étantné en 1595, et ce qui nous fait pencher pour cette version, c’est que, d’une part, il est impossible de supposerque Pierre de Laer ait pu venir de Harlem à Rome à l'âge de treize ans, poury étudier un art que déjà il pratiquait avec facilité, et, d’un autre côté, que Sandrart affirme qu’en 1539, lorsque Bamboche quitta Rome, il sentait approcher déjà la vieillesse, appropinquante senio . Encore une preuve que Pierre de Laer était né bien avant 1613, c’est que Jean Miel, né en 1599, travailla dans son genre et fut son imitateur. 11 est donc raisonnable de fixer la naissance de Pierre de Laer un peu avant celle de Jean Miel, et de s’en tenir à la date de 1595 indiquée par l’historien Paseeri, contemporain du Bamboche.
De Harlem où il avait fait son éducation, Pierre de Laer se rendit à Rome en passant par la France. Dans cette cité de la grande peinture, Bamboche ne modifia en rien sa manière ; génie tout d’une pièce, il vit les chefs-d'œuvre d’autrui et n’eut pas envie de les copier. Son originalité s’y conserva et se fortifia môme au contact des grands hommes dont il gagna en peu de temps l’amitié. A fréquenter des peintres de premier ordre, tels que Nicolas Poussin et Claude Lorrain, le Bamboche ne pouvait rien perdre. Un artiste médiocre se fut éclipsé dans l imitation de ces fiers modèles; un homme de prime-saut, comme Pierre de Laer, sut se défendre d’être absorbé et fut plus que jamais lui-même. Aussi le voyons-nous emporter hardiment dans la cité de Rome, sur la terre classique du grand style, ses petites ligures familières, ses tabagies, ses foires, ses cavaliers en voyage, ses chiens en laisse, tout ce monde de paysans, de muletiers, de valets, de goujats suspects et d’aventuriers pittoresques, qu’il tira de leur obscurité et de leur taverne pour leur donner les honneurs de la peinture, à côté des héros du Poussin et des nymphes de l’Albane.
Son ami Sandrart, qui l’a vu tant de fois travailler, nous apprend qu’il apportait dans ses petites compositions autant de méthode, autant de science que d’autres en pouvaientmettre dans les plus vastes tableaux. Ilestrare que les peintres en petit tiennent compte des règles de l’art et des principes de l’optique; il est rare surtout qu’ils observent et fassent bien sentir la diversité des plans, leurdégradation; il leur suffit le plus souvent d’avoir trouvé des figures d’un heureux mouvement, d’une tournure agréable. Bamboche était plus scrupuleux. 11 écrivait nettement ses petits sujets, calculait ses lignes, marquait les distances par la touche, accusait la présence de l’air dans ses fonds et respectait si bien les principes, qu’on retrouve sur ses tableaux grands comme la main la juste perspective des pavés, et pavimentorum observai' et prospectus. Et tout cela, dit Sandrart, il le peignait quelquefois d’après nature, mais le plus souvent de mémoire, s’en rapportant à son génie et à cette prodigieuse faculté de retenir les formes et les tons qui le dispensait d’avoir recours aux gravures1. Aussi les Italiens disaient-ils de lui qu’il avait plus de tableaux dans sa tète que sur son chevalet2.
Des éloges que donne complaisamment le biographe allemand à son ami, il en faut bien un peu rabattre. Ainsi, quoique Bamboche connût les lois de la perspective aérienne, dont les phénomènes étaient si bienrendus par son compagnon Claude Lorrain, il y a manqué plus d’uue fois, notamment dans les deux tableaux de lui qui sont au Louvre, le Départ de Vhôtellcrie et le Loisir du pâtre. Ce dernier surtout présente un grand fond de ciel monotone et lourd, dont le ton orangé sale n’est pas nuancé et perdu comme il devrait l’être pour les besoins de la perspective. Le même défaut réparait, moins sensible toutefois, dans le Départ de T hôtellerie, un des tableaux du Bamboche qui caractérisent le mieux sa manière. Toutes ses qualités sont là : l’esprit avec lequel il saisit un geste, une physionomie, un ridicule, son dessin naïf et juste, la largeur, la liberté de son pinceau, la fermeté de sa touche piquante et sa couleur forte, brillante mais sans finesse, maintenant noircie et devenue triste par l’effet du temps. Les deux chevaux de cette composition sont charmants de vérité; leurs taches blanches font opposition au ton rembruni de la méchante auberge où nos deux voyageurs viennent de boire le coup de l’étrier; ce sont des montures assez fines pour des gentilshommes, et assez solides pour faire une longue traite. Il y a là une intelligente bonhomie d’observation qui n’est pas sans
1 ... Eaque proprià arteomnia, non adhibità figurarum calcographicarum ope. Sandrart, Academia nobilissimœ arlis pictoriœ. in- fol. Nuremberg, 1633.
2 Houbraken, traduction manuscrite du hollandais par Mme Bernard Picart.
intéresser l’esprit, malgré la simplicité du sujet ; quant à celui dos deux cavaliers qui, plus gros et plus pesant que son compagnon, monte sur une grosse pierre pour se mettre en selle, c’est une de ces ligures que lîamboche voyait une seule fois et un seul instant pour ne les jamais oublier.