LES VOLEURS DE NUIT
A Rome, les petits tableaux de Bamboche eurent beaucoup de succès, mais peut-être un succès de scandale. Ce n’était pas sans doute la première fois qu’on avait vu le domaine de la peinture s’ouvrir aux sujets champêtres ou familiers, aux tabagies, aux noces de village, aux haltes de chasse, aux animaux, aux marines et à ces attaques de coches, où Pierre deLaer excellait; déjà le vieux Breughel en avait donné l’exemple, même dans Rome. Mais, sans être une nouveauté, la manière du Bamboche, restreinte aux pastorales et aux
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bambochades, cette affectation de ne peindre que des palefreniers, des voleurs, des caravanes attaquées par des bandits, des auberges de mauvaise mine et des cavaliers équivoques, tout cela devait produire un saisissant contraste avec les éternels martyres, les saints du paradis, et toute la légende religieuse qui défrayaient depuis si longtemps la peinlure romaine et couvraient les murailles de tant de couvents et de tant d'églises dans la cité du pape. Aussi les Italiens acceptèrent-ils le Bamboche et ses tableaux comme deux exceptions grotesques; la haute idée qu'ils avaient de la peinture ne leur permit pas de prendre au sérieux ces compositions, pourtant si spirituelles, si agréables, qui avaient la prétention d’entrer dans le royaume de l'art et de n’en être pas indignes. Ils choisirent pour les caractériser le même mol qui avait tourné eu caricature la personne de l’ingénieux Hollandais; ils les appelèrent bambochades, expression qui se prenait alors en mauvaise part et que nous ne comprenons plus guère aujourd’hui, nous qui avons émancipé les genres par un amour excessif de la liberté. Cela est si vrai, qu’ André Sacchi chassa de son atelier son élève Jean Miel, qui s’était avisé d’oublier la majesté de l’histoire pour peindre des cavaliers à la flamande et lui dit brusquement d 'aller peindre ailleurs ses bambochades 1 ; et quand notre Valentin allait chercher au fond des tavernes ses modèles de chanteurs ambulants et de bandits virtuoses, Nicolas Poussin l’en dissuadait au nom de ce même sentiment de dignité qui régnait alors dans la peinture. Néanmoins, les sujets populaires de Pierre de Laer réussirent, et il eut en peu de temps de nombreux imitateurs en dépit des académies d’alors et à cause du petit scandale qu’ils avaient causé parmi les primeurs du beau style, du style noble. L’historien Passeri s’en plaignait encore avec amertume au siècle suivant et se servait des termes les plus énergiques pour flétrir « cette quantité de tableaux laids et vils ’, étrangers aux convenances de l’art, au décorum de la peinture, et qui la réduisaient à donner en spectacle les farces des cabarets et des mauvais lieux, à secouer la vermine des pouilleux, des voleurs et de la canaille. »
C'était pourtant un artiste que ce Bamboche et un artiste dans le sensle plus profond du mot. Qui le croirail? L'àme de ce bouffon aux moustaches fantastiques élait accessible il la poésie, à la rêverie même. Aimable, doux et enjoué quand il était en compagnie de ses camarades, il se plaisait il la méditation, il avait du goût pour la solitude. Quelquefois, avant de commencer à peindre ses toiles de sepl à huit pouces où il semble que la réflexion n’a rien à voir, il demeurait longtemps pensif devant son chevalet. Souvent, pour exciter sa verve, il jouait de la pandore ; car c’était un des bons musiciens de son temps, et lorsqu’il avait ainsi éveillé l’inspiration par la musique, il prenait sa palette et de son imagination échauffée sortaient alors les petits drames dont son œuvre est rempli. Deux cavaliers se poursuivent à coups de pistolet dans un bois, et traversent le tableau comme ils ont traversé l’esprit du peintre ; ou bien ce sont des bandits qui, la nuit, au clair de lune, ont attaqué une pauvre chaumière et mis le feu à la haie qui l'environne. Le paysan, sorti en chemise pour défendre sa cabane, a été renversé mort par terre d’un coup de carabine, et pendant que sa femme le pleure en joignant les mains, un des bandits la chasse brutalement devant lui, tandis que l’autre, la carabine sur l’épaule, amène par un licou les deux chevaux du paysan assassiné. La scène est éclairée par la lueur de l’incendie, lueur lugubre que balancent faiblement les paisibles clartés delà lune, qu’on aperçoit à travers des arbres. En regardant ce petit tableau sur la belle estampe qu'en a gravée le célèbre Corneille Yisscher, quelqu’un faisait observer que les bandits n’aiment pas le clair de lune, et choisissent volontiers les nuits noires pour leurs mauvais coups. Mais un aussi léger scrupule sur la vraisemblance ne pouvait arrêter un artiste que séduisait le jeu piquant des deux lumières, de l’incendie et de la lune. Les vrais peintres sont peintres avant tout, en dépit de tout.
Malgré sa prédilection marquée pour les détrousseurs de grands chemins, le Bamboche prenait aussi ses modèles dans des conditions plus honnêtes. Il peignait parfois de tranquilles pastorales dans un goût naïf qui,
1 Perche quel suo novo modo fù gradito dall’ universale, già che lutte le cosc nuove piacciono, hebbe un concorso numeroso d’imitatori, e a suo tempo, e anche dopo, non si vedeva allro che una quantila di pitture laide, vili e inconv cnienti al bd déco ro délia piltura, cite s’ era ridotta nulle pubbliche piazze a tare spettacolo di risate nelle taverne, ne postnboli e dette calcare, a spidocchiare li baroni, e a grattar la rogna a tutti li monelli délia birbanleria. Passeri, ubi supra.
- ... Andrea forte si digusto con esso, e venuto in colteria gli disse, che egli se ne andassc a dipingere le sue bambocciate Baldinucci, Nolizie de’ professori del disegno, tome xvn, page 35. Firenze, \1T2.
du caractère local ; ils n'ont pas la physionomie douce et calme des bêtes de la Hollande. Ses chevaux surtout paraissent rudes, violents, ombrageux, comme le sont la plupart, des chevaux dans le midi de l'Italie, particulièrement dans le royaume de Naples. Ils ont des boulets énormes, despieds lourds, et c’est même à ce défaut qu’on les distingue au premier coup d'œil de ceux des autres peintres; ils ne sont ni étrillés ni peignés, comme lesfringantes montures de Wouwermans; on dirait qu’ils appartiennent aune race non encore dégrossie. Il est vrai que le plus souvent ils sont conduits par des rustres, attelés à la charrue, montés par des sbires qui attaquent un convoi, ou menés à la foire par des maquignons. Ordinairement ses scènes les plus familières, ses plus grossières bambochades sont rehaussées, pour ainsi dire, par la noblesse des fonds. Des fabriques d*un grand goût, des ruines romaines se font voir au loin et achèvent le paysage en donnant du style au tableau. La moindre action est relevée, ce me semble, quand elle se passe au milieu deccscainpagnes historiques; elle emprunte je
plus tard, fut celui de son élève Asselyn, des haltes de chasse, des foires, des marchés, des jeux d’enfants. Ses promenades dans les environs de Rome, en compagnie de Claude et de Poussin, ont laissé des traces fréquentes dans ses ouvrages. On y voit passer les sauvages buffles de la campagne romaine ; ses paysans sont enveloppés de manteaux en laine brune ; ses pâtres sont vêtus de la peau de mouton comme ceux d’Italie, et à chaque instant on reconnaît que le peintre a longtemps vécu dans ces contrées héroïques. Ses animaux même, car il en faisait de toute espèce, chevaux, ânes, mulets, chiens, chèvres, bœufs, moutons et pourceaux, se ressentent un peu
ni
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ne sais quel intérêt sérieux de la dignité d’un tel cadre, et l’œil s’attache plus volontiers au vulgaire spectacle de deux retires jouant aux cartes, s'il peut se reposer au loin sur les coteaux où fut le camp de Marius.
La réputation du Bamboche avait passé les monts et s’était répandue jusqu’en Hollande. Joachim Sandrart était retourné à Francfort, son pays natal ; mais ayant quitté l’Allemagne, à cause de la famine, il était allé s’établir à x\msterdam, portant avec lui une belle collection des tableaux que Pierre de Laer lui avait donnés ou vendus. Ces charmants tableaux, de nature. à plaire à des Hollandais beaucoup plus qu’à des Romains, et l’autorité de Joachim Sandrart, qui était, à la fois un amateur fort lettré et un peintre en renom, firent parler du Bamboche. Ses parents le désirèrent; de notables habitants d’Amsterdam lui écrivirent, et Sandrart joignit lui-même à ces sollicitations une lettre affectueuse, où il pressait son ancien camarade de revenir dans sa patrie, lui promettant qu’il y jouirait de son talent mieux encore que dans Rome. Toutes ces considérations n’auraient pas suffi peut-être ; car l’ami de Sandrart était fort aimé des Romains pour la bonté de son caractère autant que pour son esprit. L’originalité de ses petites compositions les faisait rechercher par les peintres eux-mêmes, qui en admiraient l’expression, la vérité surtout et le naturel1 2. On pouvait les comparer, dit Passeri, à une fenêtre ouverte par laquelle on aurait aperçu les objets qu’il avait si bien peints. Mais le Bamboche était poursuivi par un grand sujet de tristesse. 11 avait perdu, en Italie, deux de scs frères: l’aîné, Roulant de Laer, qui était mort à Venise, et le plus jeune, qui venait de périr misérablement aux environs de Rome, en passant un pont de poutres jeté sur un torrent d’une montagne à une autre. L’âne qu’il montait étant venu à broncher l’avait précipité dans le torrent.
Pierre de Laer se résolut donc à retourner dans sa patrie. Au témoignage de Sandrart, qui n’a pu se tromper sur ce point, il partit de Rome en 1G39; il y <;tait donc resté environ quatoize ans et non pas seize, puisqu’il y était arrivé au printemps de l’année 1626, un an après l’exaltation d'Urbain VIII, suivant la date si précise indiquée par l’historien Passeri. Les Hollandais firent un excellent accueil à leur compatriote, qui demeura quelque temps à Amsterdam, recevant tous les honneurs possibles, jusqu’à ce qu’il seretirâtà Harlem, chez un de ses frères, qui était un fameux maître de pension. C’est là qu’il peignit pour Sandrart un tableau dont cet écrivain nous a laissé la description. « On y voyait, dit-il, des cavaliers partant au lever du jour pour aller chasser dans la plaine, avec une femme de qualité et une escorte de valets et de chiens. Ils vont passer sur un grand pont sous lequel les rayons du soleil levant font étinceler les ondes etdontl’arche s’emplit de reflets.»
Ne croirait-on pas qu’il s’agit ici d’un de ces départs pour lâchasse qui ont illustré Philippe Wouwermans? Au surplus, lorsque Bamboche vint à Harlem, le génie de Wouwermans commençait à se faire jour. Philippe avait alors quelque vingt ans, et dans le genre des haltes, des campements, des manèges et des combats de cavalerie, où il excellait déjà, il allait devenir bientôt le rival du Bamboche. Celui-ci, pourtant, garda longtemps la vogue. Les amateursde la Hollande raffolaient de ses attaques de voleurs, de ses foires et fêles publiques , de ses coups de pistolet, de tous ses tableaux enfin, qui montraient en un si petit espace les grands souvenirs de l’Italie mêlés à la vérité de l’observation hollandaise. On admirait aussi beaucoup ses paysages, embellis de ruines et qui représentaient quelquefois les rivages de la mer. On raconte cependant 3 qu’un marchand de tableaux, nommé de Witte, ayant demandé à Pierre de Laer un sujet de cavalerie dont l’artiste voulait 200 florins, sans en rien rabattre, de Witte, qui trouvait le tableau trop cher, en commanda un semblable à Philippe Wouwermans, qui l’exécuta parfaitement pour le prix que Bamboche avait refusé. De Witte, heureux d’avoir obtenu un rabais, fil sonner bien haut le talent de Wouwermans, invita les amateurs à venir voir le tableau de ce jeune maître, disant qu’il était plus moelleux que ceux du Bamboche, plus agréable, plus flou , et qu’après tout il n’était pas nécessaire pour bien peindre d’avoir vu l’Italie. A partir de ce jour, ajoute
1 ... Egli era singolare nel rappresentare la verità scietta e pura net esser suo, che li suoi quadri parevano una finestra aperta per la quale si fossere veduti quelli suoi successi senza alcun divario et alterazione, o vi erano delle pittori, anche di qualche stima, che guardavano le cose del Bamboccio con molto diletto, et procuravano d’averne qualched’una appresso di se per esemplare di quel vero cosi bene espresso. Passeri. ubi supra .
2 Voir la vie de Philippe Wouwermans.
PIERRE DE LAER (1 595). il
l’historien Houbraken, le Bamboche fui moins recherché, et il vit la réputation de Wouwermans grandir aux dépens de la sienne.
Cette anecdote n’a rien que de très-vraisemblable. Il est certain que dans l’estime des acheteurs, Wouwermans linit par l’emporter sur son rival, et, si l’on y réfléchit, cela devait être. Les Hollandais ont toujours eu du goût pour la peinture précieuse, pour le fini : c’est même en cela que leur école se distingue des Flamands. Sans être heurtée, la manière du Bamboche était large, son allure libre et vive. Wouwermans, au contraire, finissait avec soin, fondait ses couleurs, et allait même jusqu’à velouter son paysage. Il devait donc séduire ses compatriotes et se faire aisément préférer, puisqu’il mettait ces qualités de plus dans ses compositions,
d’ailleurs aussi agréables que celles de Pierre de Laer. Entre Bamboche et Wouwermans il y a la différence de l’énergie à la grâce, de la rusticité à l’élégance. Le premier, plus capricieux et plus fier, excite l’admiration des artistes plutôt que celle des amateurs; l’autre, plus fini, plaît aux amateurs plus qu’aux artistes. On sent que Bamboche a vu les grands peintres, qu’il a l’esprit ouvert, et qu’il a contracté en Italie quelque chose de la rudesse et de la grandeur romaines. Aussi est-il incapable de s’attacher à cet extrême fini que Gérard Dow avait mis à la mode parmi les Hollandais, et qui, du reste, est si conforme à leur goût. Assurément, à ne considérer que l’art en lui-même, la manière du Bamboche est supérieure à celle de Wouwermans. C’est ainsi que la question serait résolue dans un atelier de peinture. Mais l’art n’est pas fait seulement pour les artistes, et si le Bamboche nous entraîne par sa verve comique, par le mordant et la tournure fantasque de ses tableaux, par le mouvement qu’il a su imprimer à ses cavalcades ruantes et à ses
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voleurs empistolés, comme on disait alors, il faut reconnaître que Wouwermans a son mérite aussi, et ne pas lui ôter ce charme indéfinissable qui dure encore depuis deux cents ans.
Quelques-uns ont pensé que la préférence des Hollandais pour Fhilippe Wouwermans avait été la cause du profond chagrin qui empoisonna la vieillesse du Bamboche. Il paraît que ce peintre, autrefois si gai, finit ses jours dans la plus noire mélancolie. Quant à sa mort, il est difficile d’en savoir la date précise et d’en connaître les circonstances, grâce à toutes les fables dont cette mort a été l’objet. Samuel van Hoogstraten, qui écrivait en 1675, rapporte, comme un on dit , que Pierre de Laer se noya volontairement dans un fossé. Ce simple bruit fut répété en 1699 par de Piles1 et Florent Lecomte2, avec les commentaires dont il était accompagné. Mais ce qui n’était qu’un bruit en 1665 était devenu, au bout de vingt-quatre ans, une certitude. Voici en quels termes s’exprime M. de Piles : « Le Bamboche mourut à Harlem, âgé de soixante « ans, s’étant laissé tomber dans un fossé, où il se noya. Il semble que, par ce genre de mort, Dieu voulut « tirer vengeance d’un crime dont Bamboche était coupable. Étant à Rome avec quatre autres Hollandais, « dans une maison qui était sur le bord du Tibre, ils furent tous cinq surpris plusieurs fois mangeant de la « viande en Carême, sans aucune nécessité; un ecclésiastique, qui les avait souvent avertis de ne le plus « faire, les surprit encore line fois; et comme il vit que les voies de douceur étaient inutiles, il les menaça, <( comme ils soupaient, de les déférer à l’Inquisition, et la chose s’étant extrêmement aigrie, ces protestants « jetèrent l’ecclésiastique dans la rivière. On a remarqué que ces cinq Hollandais ont tous péri par les eaux. »
Voilà une histoire qui a tout l’air d’un conte fait à plaisir pour la plus grande gloire du saint-office. Que cinq protestants aient pu tuer un prêtre en le jetant dans le Tibre sans que personne en ait rien su, pas même la police de Rome, il faut convenir que cela n’est pas facile à concevoir. Et si maintenant ce fait, parfaitement inconnu à Rome, où il s’était passé, se trouve répandu en Hollande du temps de Samuel Hoogstraten, que peut-on penser, sinon que Jean Both et Pierre de Laer, qui étaient, avec leurs frères, du nombre des cinq Hollandais accusés de ce meurtre, n’ont rien eu de plus pressé que de s’en vanter, une fois rentrés dans leur pays? On a vu, du reste, d’après le récit de Sandrart, que Bamboche ne se résolut à quitter Rome que sur les instances de ses parents, auxquelles se joignirent les lettres affectueuses de Sandrart lui-même. Comment expliquer une sécurité pareille dans un homme qui aurait eu sur la conscience, lui protestant, le meurtre d’un prêtre dans la grande cité catholique? C’est ainsi pourtant qu’on écrivait l’histoire des arts au dix-septième siècle, et faut-il s’étonner si elle est remplie des fables les plus absurdes, quand un écrivain sérieux comme de Piles pousse l’ardeur du zèle religieux jusqu’à faire périr dans l’eau des peintres qui l’ont si bien représentée, suivant le mot de Hagedorn, et tout cela pour arranger un miracle dans l’intérêt de la Sainte Inquisition?
La mort de Pierre de Laer a été racontée plus simplement par son fidèle ami Sandrart, qu’il eût été facile de consulter. « Il approchait, dit-il, de sa soixantième année, quand son tempérament mélancolique, et par conséquent infirme et débile, déclina dans la proportion de ses forces, si rapidement diminuées sous le poids de l’âge, qu’il avait déjà perdu la mémoire. Enfin, au grand deuil des amateurs, cet homme pieux et admirable fut tiré du trouble temporel pour passer à un repos éternel 3 4. » Aurait-on parlé ainsi, au dix-septième siècle, de la mort d’un suicidé? s’écrie l’auteur des Éclaircissements historiques'' .
1 Abrégé de la Vie des Peintres, avec des réflexions sur leurs ouvrages. Paris, Langlois, 1699.
1 Cabinet des singularités d’ architecture, peinture, sculpture, gravure, dédié à M. Mansart, surintendant des bâtiments du Roy, par Florent Lecomte. Paris, 1699.
3 Ces dernières expressions, qui se trouvent dans le texte allemand, ont été négligées dans l’édition latine, dont voici les propres termes : « Interea cùm sexagesimus ætatis ejus annus appropinquaret, et complexio ejus, quæ, utpotè melancholiæ soboles, infirma satis atque debilis erat, crescentibus annis cum insigni virium diminutione, sic decresceret, ut memoria quasi excideret penilùs, tandem Harlemi, summo cum dolore graphicophilorum, mortalitalis suæ exuvias deponebal. Academia nobilissimœ artis pictoriœ, pages 305-306.
4 Lettre à un amateur de la peinture, avec des éclaircissements historiques sur un cabinet et les auteurs des tableaux qui le composent . Dresde , 1755. Cet ouvrage est de Hagedorn, auteur des Réflexions sur la Peinture.
Florent Lecomte, qui publia son livre en 1G99, la même année que M. de Piles, ne manqua pas de reproduire lui aussi l’anecdote miraculeuse des cinq Hollandais morts dans l’eau; mais il le fit en termes si burlesques et si grossiers, que nous les rapportons ici pour que l’on sache enfin de combien d’inepties sont remplis tous ces livres d’art dont beaucoup d’amateurs font grand cas, parce qu’ils les ont payés fort cher et qu'il ne s’en trouvait pas d’autres. « Pierre de Laer, dil-il, revint s’établir à Harlem, où il passa ses jours dans « une grande liberté; mais étant tombé dans un fossé, il est à croire qu’ayant trop bu d une liqueur, il en
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