REMBRANDT HARMENSZ VAN R VN
que la peinture était malsaine et ne devait pas être flairée. 11 faut posséder à Tond la perspective de la louche pour se permettre de ces mots-là. Quant à ses portraits, il nous suffira d'ajouter ici le jugement qu'en porte de Piles : « Loin de craindre la comparaison d'aucun peintre, ils mettent souvent à bas par leur présence ceux des plus grands maîtres. »
Jugé séparément, Rembrandt semble se détacher de la tradition et avoir rompu la chaîne de l’art. Pourtant Si on le rapproche des peintres de premier ordre, de Raphaël, du Corrège, de Titien, de Rubens, on
reconnaît qu il appartient à la grande famille, et que son absence ferait dans l’art un immense vide. On peutdire que Rembrandt a passé au milieu des astres de la peinture comme font ces comètes qui semblent
venues pour troubler les grandes lois du monde, et qui, cependant, jouent aussi leur rôle dans l'harmonie descieux.
CHARLES BLANC
I.e livret du museodel Rey à Madrid indique seulement, de Rembrandt, le portrait d’une dame très richement vêtue, vue jusqu’aux genoux ; il est signé et daté de 1634.
La galerie degli Uffizi de Florence, si riche et si complété, ne possède cependant que deux portraits de Rembrandt.
La National Gallery de Londres renferme diverses œu- \ res de ce maître: deux portraits : celui d’un marchandjuif et celui d’un capucin, l’un et l’autre fort beaux et fort énergiques; — une Descente de croix en grisaille, aussi
vigoureusequesesmeilleuresgravuresàl’eau-forte; —une
esquisse représentant une femme du peuple qui relève ses jupons pour entrer dans l’eau ; enfin deux vrais tableaux d’histoire : la Femme adultère et l'A-loration des Bergers.
A la galerie DE Hampton-Court on ne trouve qu’un Rabbin juif de Rembrandt, répété par Gainsborough.Mais c’est dans les collections particulières etnotamment au palais de la reine que sont les plus beaux tableaux du maître hollandais; car les Anglais professent pour Rembrandt la même admiration que pour N. Poussin, Claude, Murillo et Watleau.
Au CHATEAU d’Altiiorp, ayant appartenu à lord Spencer, se trouvent une Circoncision de Rembrandt, petit tableau d un fini précieux, et un portrait de femme qu’on croit être
celui de sa mère.
Dans laGALERiE de Grossvf.nor, formée par le marquis de Westminster, à Londres, on voit cinq tableaux de Rembrandt : la Visitation, datée de 1640; deux portraits: l'un d’un jeune homme, l’autre d’une jeune fille; enfin ceux d * • N* Rerghem et de sa femme, portant la date de 1644.
Musée de Bruxelles : Au milieu des Rubens et des Van Ryck qui ornent ce musée, un beau portrait d’homme de Rembrandt fixe tous les regards ; il est daté et signé 1641.
Pinacothèque de Munich : Une Mise en croix par un temps sombre, un eMise au tombeau dans l’obscurité d’une voûte profonde, une Résurrection illuminée par un rayon fantastique, en pleine nuit, une Nativité aux reflets d’une lampe une Ascension où le Christ éclaire toute la scène desapropré lumière. La Pinacothèque renferme encore une Descente de LTD/.Æ semblable à lagravure du peintre et plusieurs portraits.
BELVEDERE de ViKNNE : Dix ouvrages de Rembrandt, tous portraits, dont celui de sa mère, le sien deux fois, celuid'un juif en costume asiatique, etc.
La galerie DU prince Lichtenstein, à Vienne, contient deux portraits de Rembrandt, jeune et vieux, par luimême, une Marine, sujet' rare dans son œuvre, etune Rencontre de Diane et d'Endymion, d’un grotesque incroyable mais du plus bel effet de lumière.
La collection DD mince Esteriiazv, dans la môme capitale, renferme un Ecce Ilomo de Rembrandt.
i? liiîiâtîwi
Lomuséedf. Dresde ne compte pas moins de 16 tableaux de Rembrandt : le Sacrifice o/fert par Manué et su femme, l Enlèvement de Ganymède, et divers portraits, entre autres celui du peintre lui-mêine, représenté le verre à la main, embrassant sa femme, qu’il porte surses genoux.
Dans la galerie de Berlin, sur huit tableaux de Rembrandt, ligure encore deux fois son portrait; puis un Tobie aveugle el l'Ange parlant à Joseph endormi, pendants signés et datés de 1643 ; le Duc Adolphe de Gueldre, menaçant son vieux père, peint en 1637, tableau célèbre el gravé.
" Aucune ville, pasmêmeMunich, nepeutseglorilîer, dit M. Viardot, d’avoir une aussi nombreusecollecliondesœuvres de Rembrandt que Saint-Pétersbourg ; TErmitacf. en contient 43, etdans cette quantité se trouvent tousles genres, paysages, marines, portraits. Le plus beau peut-être parmi les portraits porte le grand nom de Jean Sobieski. »
Au nombre des tableaux d’histoire : Sacrifice d' Abraham-, un Retour de l'enfant prodigue, peinture d’un puissant effet, malgré l'accoutrement des personnages ; l'Éducation de l’a Vierge par sainte Anne-, une Sainte famille ; Saint Pierre au prétoire, composition absurde, mais d’une admirable couleur ; une Descente de croix, effet de lumière dans la nuit. Le plus beau morceau de Rembrandt à l’Ermitage est la Danaé, k horrible nature, dit notre critique, art incompa- ' rable ».
Le musée d’Amsterdam n’est pas le plus mal partagé ; il I possède la fameuse Garde ou Ronde de nuit, le chef-d’œuvre | des chefs d'œuvre de Rembrandt, — les Syndics de l'ancienne corporation des marchands de drap, — la Décollation de saint Jean-Baptiste, — un portrait d’homme.
Le musée de la Haye possède la Leçon d'anatomie du professeur Tulp ; — un tableau de chevalet: Siméon au temple ; — Susanne au bain, et deux portraits.
Ai musée DE Stockholm, Jean Ziskn, le fameux hussite : assis à table et entouré de ses partisans, il jure en croisant son épée avecla leur de combattre pour la foi de Jean lluss et de venger sa mort.
Le MUSÉE DU Louvre ne contient pas moins de dix-sept tableaux dellembrandt ; savoir : quatre portraits de Rembrandt par lui-mème,— le portrait de Saskia Uylenburght qui est placé dans le salon carré, — les Disciples d'Emmaiis, — le bon Samaritain, représenté au moment où il arrivé dans une auberge avec le blessé, et où le soleil ne laisse plus qu'une vague lueur, — deux Philosophes en méditation, — le Ménage du Menuisier, el celle expressive ébauche de l'Ange disparaissant de cher Tobie.
Le musée du Louvre renferme aussi trente-trois dessins originauxde Rembrandt, neuf qui lui sont attribués, plus vingt-cinq d’après lui, et cinquante-huit de son école.
ÉCOLE HOLLANDAISE