VENTE PRINCE
enfant par le bras et un homme ussis devant sa table, sur
laquelle est un livre ouvert. 1,030 livres.
Vente Ranpon ne Boisser, 1777. — Quatre figures dans une chambre ; un homme et une femme jouent aux cartes ; à droite un homme debout, à gauche une femme, aussi debout, qui joue avec un chien. 2
Le petit Physicien, tableau gravé sous € ütre par Wille, 1,800 livres. 11 provenait de la vente de Mi Clairon, où il
avait monté à 1,200 livres seulement.
,800 livres.
Deux enfants vus par une croisée ; l'un fait des bulles de
savon que l'autre veut attraper : peinten 1670. 1,598 livr Vevre Pouzzan, 1780. — Le tableau dont nous venons de il est gravé dans
parler (Deux enfants vus à une croisée la galerie Poullaiu. 2,400 livres.
rALAN, 4816. — Le même tableau, 3,810 fr.
Vevre canninaz Fescu, 1845. — L'Amateur en méditation. Il est occupé à regarder des gravures qui paraissent faire l'objet de ses réflexions. 405 scudi, 2,300 fr. environ.
Vente Genis DE CuavaGnac, 1854. — L'Amateur de roses. Une petite fille Lenant une rose à la main et en portant ort petite dimension sur
plein son tablier. Tableau de
bois, 5,000 fr.
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Si l'on disait à quelqu'un qui n'aurait jamais vu | de tableaux de Van der Heyden, que ces tableaux représentent tout simplement des maisons de ville, des églises, desrues, des places, et que des murailles de pierre ou de brique en sont le principal objet, il ne voudrait jamais croire que de semblables peintures sont recherchées, qu'elles ont un grand prix; et cependant Van der Heyden est un des peintres hollandais qui se paient le plus cher, non pas en Hollande seulement, mais partout. Pourquoi? C'est le secret de l'art. Par lui tout prend une physionomie,
un ca
actère, un charme. Les choses les plus
insignifiantes et les plus vulgaires, celles que nous
ne regardons jamais la réalité, peuvent nous captiver en peinture, si elles sont exprimées par un
véritable peintre, qui aura pris quelque plaisir à les voir et quelque peine à les rendre. Ce phénomène,
car
c'en
est un, se produit d'une manière surprenante dans les ouvrag
+ de Van der Heyden.
Cet homme singulier fut à la fois le plus passionné et le plus patient des artistes. Il était né en 1637 à Gorcum, où il avait eu pour maitre un peintre sur verre. Dès qu'il sut tenir un crayon, il s'appliqua, par
un goût bizarre, à des
siner des châteaux, des palais, des églises, des maisons, absolument comme s'il se
fût destiné à l'étude de l'architecture, mais avec une précision déjà étonnante, une perspective rigoureuse et un soin prodigieux apporté aux plus petits détails. 11 s'exerça ensuite à peindre d'après nature ces vues scrupuleusement naïves, et à reproduire le ton local de chaque objet et ses dégradations, avec la même
fidélité qu’il avait mise à en tracer les lignes, à en mesurer les proportions et la distance.
Les Hollandais, bien qu'ils aient tous le don de la patience, l’admirent beaucoup chezles autres, surtout
dans ses résultats ; aussi les premiers tableaux de Jean Van der Heyden firent-ils sensation. Les curieux
étaient ravis de voir qu'une maison devant laquelle ils étaient passés vingt fois sans y prendre garde, leur
araissait remplie d'intérêt sur la toile ; ils se plaisaient à compter les pierres, à distinguer, en dépit de I Ï f I
l'exiguïté des dimensions, chacune des briques du mur et chacune de leurs nuances, et les lignes impercep-
tibles du ciment, et les plus légères brindilles des plantes qui commencaient à végéter dans les interstices. Is se montraient avec un sourire de satisfaction les petites taches de moisissures, les mousses, les lichens qui colorent toujours les murailles dans les pays humides et les font verdoyer ; enfin l’apparente diminution des pierres, suivant les lois de la perspective linéaire, à mesure qu'elles fuient vers l'horizon, et l'affaiblissement gradué de leurs teintes, suivant les lois de la perspective aérienne.
Ces éloges, qui sont toujours sincères de la part de ceux qui les paient, furent cause que Van der Heyden ne s'écarta plus du genre qu'il avait créé. En le cultivant, il y devint de plus en plus habile, et enfin il le
porta au plus haut degré de fini, aux dernières limites de la perfection. On eût dit que son œil avait les
propriétés d'un verre grossissant, au point qu'il fallait prendre une loupe pour apprécier la délicatesse de
son travail, la ténuité exquise de ses touches, et pour découvrir les infiniment pelils de sa peinture, qui pourtant rentraient tous dans l'unité du tableau ; car c'est le trait le plus remarquable du talent de Van der Heyden, que les menus détails de son architecture, bien que très soignés, ne nuisent point à l'effet d'ensemble, tant ils sont habilement subordonnés à la masse de l'édifice. Le peintre a vu son monument de deux façons, de loin, d'abord, pour en saisir l'aspect général, ensuite de fort près, pour en étudier minutieusement toutes les parties. Ainsi, avec la donnée la plus ingrate, Van der Heyden a su faire un tableau dans lequel se retrouvent les grandes lois de l'art. En France, où l'on attache beaucoup plus
d'importance que partout ailleurs, à l'esprit d’une composition, au sentiment qu'elle exprime ou aux ;
idées qu'elle réveille, le talent de Van der Heyden eût été moins apprécié ou l'eût été plus lentement,
vu le petit nombre de ceux qui aiment la peinture pour la peinture ; mais en Hollande, cet humble peintre de pavés, de murailles et de toits, fut tout de suite estimé à l'égal des Miéris, des Berghem, des Paul Potter. Au surplus, il n’était pas moins intéressant pour un Hollandais de voir reproduire avec tant d'amour les pierres de sa maison et tous les carreaux de sa fenêtre, que de reconnaitre sur la toile de
ces grands artistes les meubles précieux de son intérieur, les bœufs etles moutons de ses prairies.
Van der Heyden, appelé, par sa réputation mème, sur un plus grand théâtre, avait quitté la ville de
cum pour s'établir à Amsterdam. Là il peignit, non seulement des maisons au bord d'un canal, mais
les principaux édifices de la cité, la Bourse, le bureau du Poids publie, l'Hôtel de Ville’, La vue de ce I F ; F
dernier monument est un de ses chefs-d'œuvre. Lorsqu'il nous arrive de le regarder au Musée du Louvre, où il est aujourd'hui, nous croyons être encore à Amsterdam, sur la grande place, en présence de cet Hôtel de Ville si imposant par sa masse régulière, si bien construit, si noblement décoré par
les festons qui séparent les grandes fenêtres des entresols, par le magnifique bas-relief sculpté dans le tympan du fronton, par les statues de bronze qui s'élèvent sur les acrotères, et enfin par les deux ordres
de pilastres, composite et corinthien, qui ornent la façade, mouvementée par la forte saillie d’un
! Cette maison a été détruite et l'édifice est complètement isolé, mais il ne sert plus d'hôtel de ville, et on l'appelle aujourd'hui le Palais-Royal.
avant-corps. En prenant son point de vue du côté de l'ancienne maison du Poids, il a choisi l'aspect le plus pittoresque, celui qui permettait de remuer, pour ainsi dire, cette grande surface par le jeu de la perspective et d'en faire sentir les saillies. L'harmonie, j'allais dire le charme qu'il a su mettre dans la représentation d'un objet d’ailleurs aussi froid par lui-même, est une chose étonnante et à laquelle on reconnait bien un maitre. Pas la moindre sécheresse dans un tableau exécuté néanmoins avec tant de précision ; rien
de ligneux, rien de dur : tout est adouci par la perspective, tout est plongé dans l'impalpable fluide de