‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 130 sur 239 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

CAUEUPETA

Noustous, habitants de ces grandes cités où Lhomme, enfermé entre de hautes murailles, s'est dérobé la vue du ciel et des horizons ; jetés malgré nous au milieu des dissensions humaines, et témoins involontaires de luttes sansfinetd'agitationssans fruit; nousquitant de fois avons rêvé les tranquilles ombrages de la forêt, de vertes campagnes etcesplaines où l'esprit aime à s'étendre en mème temps quela vue, nousnenousarrèterons pointsans une émotion hienfaisante devant les tableaux de Van de Velde. A ce peintre charmant, la

nature ne se montra jamais que parée de

grâce naïve el de douceur, souriante el sereine comme la jeunesse. Désolée pour Ruysdael, aride et triste

Le

pour Wynants, elle semble avoir réservé

à Van de Velde ses retraites les plus pastorales, ses plus frais tapis de verdure, ses plus salutaires haleines. En contemplant les pâturages où ce maître assemble ses chèvres, ses brebis et ses vaches pensives, il n'est point d'esprit si inquiet, d'âme si troublée qui ne doive retrouver un

| moment la paix intérieure. Par quel miracle de l'art se peut-il qu'au moyen de quelques couleurs sur une toile

tendue, un artiste éveille en nous le même sentiment ineffable de repos, de délassement et de bien-être que nous procurent la senteur des champs et le silence des solitudes? Peindre les arbres, les animaux, les prairies, les bois et les lacs avec une vérité surprenante, c'est un mérite peu commun sans doute, mais n'est-il pas

inexplicable que la nature se soit lai ravir ce qu'un poète appelait l'influence secrète?

À peine Van de Velde commençait-il à savoir lire que déjà il savait peindre. Aux heures où il revenait de l'école, il s'emparait des pinceaux de son frère ou son parent Guillaume, plus âgé que lui de six ans, et barbouillait d'une main infatigable les murailles et les meubles de la maison paternelle’. Il y figurait grossièrement les animaux, les vaches, les moutons, les chèvres, dont il devait plus tard reproduire la forme et la physionomie avec une perfection qui n'a pas été surpassée. Son père, qui était peintre décorateur de navires, le voyait avec regret préférer un pinceau plus léger à l'énorme brosse que lui-même avait maniée toute sa vie; aussi ne se pressait-il pas d'admirer les dessins et les peintures dont ce jeune homme couvrait les murs de sa demeure. Ün jour, cependant, Adrien s'avisa de peindre une laitière sur les planches mêmes du lit de son père. Cette œuvre dépassait tellement toutes celles qu'Adrien avait produites jusqu'à ce jour, que le vieux peintre ne garda plus aucune espérance de vaincre la vocation de son fils. Il se décida à le conduire chez Jean Wynants, alors en grande réputation à Harlem. Ce chef d'école, en voyant les

dessins de l'enfant qu'on lui amenait, ne déguisa pas sa surprise et son admiration, et l'on raconte que la

femme de Wynants, qui élait présente, ne craignit pas de dire à son mari: « Wynants, vous avez trouvé

votre maitre ?. »

Ceci se passait à Amsterdam, où Van de Velde était né en 1639. Tout entier à son art, il eut bientôt justifié, je ne dis pas la prédiction, mais l'enthousiasme de la femme de Wynants. Cependant la jalousie ne s'éveilla pas un seul instant dans l'âme de ce dernier : le maitre ne sentit que l'orgueil d'avoir eu un tel disciple. Van de Velde fut promptement familiarisé avec toutes les difficultés de la pratique, et Wynants lui déclara bientôt qu'il n'aurait plus de leçons à recevoir que de cet autre maitre qui a toujours quelque chose à

enseigner aux artistes : la nature. Aussi peut-on dire que nul ne fut plus sludieux observateur de la réalité

qu'Adrien van de Velde. Jamais il ne se permit de suppléer par l'imagination au modèle qui aurait pu lui .

manquer. Il est aisé de voir qu'il ne peignit aucun de ses tableaux, ne grava aucune eau-forte sans s'être

préparé par de patientes études sur chacun des objets qu'il y voulait représenter.

Ce qui le frappe dans la nature, c'est la douceur et la sérénité. Ses troupeaux paissent sur des gazons veloutés, au pied de beaux arbres que le souffle de l'air agite à peine, sous des ciels d'un pâle azur, en une sorte de paradis terrestre où meurent les bruits du monde et où se calment les agitations du cœur. Il n’est

pas un amateur en Europe qui n'ait vu avec enchantement sinon le Lever du soleil qui est au Louvre, du

moins l'excellente gravure qu'on en fit au siècle dernier. Qui ne voudrait s'asseoir une heure à côté de ces pâtres insouciants qui pêchent au bord de la rivière? A droite, dans une perspective lointaine, des nuages

lég colorés de rose et d’ambre, annoncent l'approche du soleil. La terre s'éveille doucement, l'eau coule

sans bruit, le feuillage est presque immobile, l'air pur et pénétrant de l'aube matinale raffermit les membres distendus par le sommeil. Les animaux eux-mêmes semblent goûter celte fraicheur bienfaisante, que les rayons du soleil ne tarderont pas à dissiper. Les grandes vaches se plaisent à baigner leurs pieds dans l’eau d'un fleuve si paisible qu'on le prendrait pour un large étang. L'une pousse un mugissement sourd et

mélancolique, et l'interrompt tout à coup comme effrayée d'avoir troublé-le silence de ces lieux ; l'autre,

! Houbracken, Vie de Van de Velde. Descamps, Vie des Peintres flamands, allemands et hollandais. tome HI. page 872.

? Houbracken, traduction manuscrite de madame Bernard Picard

du haut d'un tertre, plongée dans l'air et la lumière, étend son col pui aspirer avidement le divin éther,

sant et semble, les narines ouvertes,

L'immortel aliment dont toutes choses vivent.

Émule de Paul Potter daus l'art de représenter les animaux, Van de Velde dispose de plus de richesses

que son illustre devancier. Paul Potter emploie tout son génie à reproduire l'expression, la physionomie, l'âme, si l’on peut ainsi dire, des animaux. A ses yeux. le paysage est plus accessoire : il lui suffit, pour

faire un tableau, d'un coin de vert nâturage où deux vaches repues attendent au pied d'un chêne le moment

LE SOLEIL LEVANT (Musée du Louvre)

deretourner aux étables. Van de Velde est aussi un grand peintre d'animaux, mais c'est de plus un paysagiste. Ses troupeaux habitent des prairies plantées d'arbres touffus, bordées de lacs, et de rivières, derrière lesquelles s'ouvrent de longues perspectives: un vent doux et caressant promène sur le ciel des nuages transparents et légèrement moutonnés comme ceux de Karel Dujardin. Toutes les beautés de la nature, en un mot, concourent à l'effet qu'il veut produire. Les vaches, les chevaux de Paul Potter sont incomparables sans doute, et nul autre peintre ne sut unir à ce point la force du rendu et la naïveté de l'observation; mais Van de Velde, avec un autre sentiment de la nature, est arrivé à une perfection tout aussi rare. Dans les œuvres de ce maitre excellent, la grâce se marie constamment à la vérité.

L'âme d'un artiste est un miroir doué de la faculté merveillee de réfléchir les objets matériels, en leur communiquant, pour ainsi dire, quelque chose de la vie humaine. La nature, infinie, dans ses aspects, prend

toutes les formes qu'il plait au génie de lui donner. Mélancolique pour les poètes agités d’une sensibilité

1 ÉCOLE IOLLANDATSE.

inquiète, sereinepour les cœurs tranquilles, orageuse pour les âmes passionnées, ses manifestations sont aussi nombreuses que les faces de l'esprit humain. Il a autant de natures que d'individus; mais la nature dans son

unité est invisible comme Dieu. Un paysage n'est done pas seulement un fragment de la création matérielle,

c'est aussi le portrait ou plutôt la sensation d'un homme. En voyant les tableaux de Paul Potter et ceux de Van de Velde, je me figure que l'un dut être le modèle de la bonhomie, l’autre un mélange de grâce et de simplicité.

Les anciens avaient lrouvé un mot sublime pour exprimer l'idée qu'ils se faisaient de la nature, ils l'appelaient a/ma parens, mère bienfaisante. Ces mots pourraient être mis au bas de chaque toile signée par Van de Velde, etil ne resterait plus rien à dire pour caractériser son génie. Ge serait se tromper toutelois que d'attribuer à ce naïl Hollandais une sorte de système, une conscience philosophique de son talent. Il ne songea qu'àse montrer imitateur serupuleuxethabile des objetsqu'ilétudiaitassidûment dans seslongues promenades à la campagne. Il voyait des animaux, des arbres, des prés, des collines herbues, el il les peignait avec amour. Les animaux sur toutattachaient et charmaient ses regards : leur structure, leur physionomie, l'aspect varié de leur pelage, depuis la robe fine et lisse du cheval, jusqu'aux soies longues et touffues de la chèvre, se relrouvent dans ses tableaux avee une rare force de vérité, et de vérité aimable.

Les animaux, dans les toiles de Van de Velde, occupent toujours la première place, et c'est à cela sans doute qu'il faut attribuer la douce impression qu'on éprouve en regardant les œuvres de ce maitre. Là où l'homme parait, le repos de la solitude s'enfuit. Les troupeaux muets font partie d'un paysage; ils vivent dela même vie que l'herbe même qui leur sert de pâturage et de lit; ils ne compliquent point le seutiment dont l'âme est saisie en présence de la végétation silencieuse. Des figures humaines peuvent animer lacampagneoùelles

se trouvent, mais elles en troublent le mystère et elles lui ôtent son air de paix. Aussi lorsque Van de Velde

introduit des bergers ou des bergères dans ses compositions, a-t-il soin de les reléguer d'ordinaire au second plan. Dans le Lever du soleil, c'est à peine si l'on aperçoit à quelque distance deux pâtres indifférents qui pêchent à la ligne. Tout le devant du tableau est occupé par les vaches, les brebis et les chèvres. Ces bêtes tranquilles n'ont pas besoin de gardiens pour demeurer fidèles au pâturage accoutumé et au lac immobile qui est leur abreuvoir. Ailleurs, à la porte d'une chaumière, une femme cause avec deux hommes. On les remarque difficilement sous le feuillage épais des chènes qui les ombragent; tandis que l'œil est arrêlé par

une vache blanche, peinte d'un mœælleux admirable, qui descend le terrain incliné vers le spectateur; par

un mouton couché, vu de dos, dont la toison épaisse est un prodige d'exécution; par une vache également couchée à gauche dans la pénombre, qui montre sa croupe rousse d'une vigueur de modelé et d’une vérité de couleur tout à fait charmantes.

C'est ici le cas de marquer la différence qui sépare l'artiste hollandais des habitudes et des idées françaises. « L'inaction, dit de Piles, est plutôt ce que l'on pourrait blâmer dans les figures : car, par cel état qui leur ôte

toute liaison avec le paysage, elles y parailraient toujours postiches; mais sans vouloir ôter là-dessus la liberté

du peintre, je suis persuadé que le meilleur moyen de faire valoir les figures est de les accorder tellement au caractère du paysage, qu'il semble que le paysage n'ait été l'ait que pour les figures. Je voudrais qu'elles ne fussent ni insipides ni indifférentes, mais qu'elles représentassent quelque petitsujet pour réveiller l'attention du spectateur, ou du moins pour donner un nom aux tableaux et les distinguer d'entre les autres pour les curieux, » Comme cela est bien dans le génie de notre nation de subordonner le paysage aux figures etnon pas

les figures au paysage, de ne pas souffrir que l'homme ait une place secondaire dans la nature! Un personnage £ paysage, Ï 1 5

inutile ou insipide, comme dit l'écrivain, paraîtrait une faute à un peintre français. Au contraire, dans son amour pour la campagne, le naïf Van de Velde craindrait de faire jouer à ses figures un rôle intéressant. Le berger, pour lui, ne pense guère plus que son troupeau, et il suffit au paysagiste que la grande âme de la nature semble respirer dans le souffle qui agite la cime des arbres, ou dans le mugissement sourd et mystérieux des animanx qui broutent l'herbe du pré.

Tandis que Berghem se plait à multiplier les figures dans ses tableaux, épuise son espritetsa verve à varier

leurs attitudes, attire d'abord les regards sur ses fraîches fermières aux jupons éclatants, au corsage rouge,

ADRIEN VAN DE NEDDE (1639): 5] Van de Velde laisse la première place aux hôtes de la bergerie. Il ne trouve point que la nature ail besoin d'être égayée par les échos de la voix humaine. Il lui conserve an contraire la poésie pénétrante de ses solitudes et sa muette sérénité. Berghem, qui voit la nature avec son imagination, sous des aspects riants, qui la pare souvent de suuvenirs historiques el la réchauffe des brillantes clartés dont l'Italie lui a laissé

l'impression, Berghem, dis-je, met du mouvement dans ses pastorales. Van de Velde, tout entier à un

sentiment d'amour véritable et presque tendre pour les beautés naturelles, de sine ses créations d'une main

plus discrète. Il est généralement sobre de détails : la simplicité de la composition profite à la grâce et à l'harmonie de l'ensemble.

Telle, aimable en son air, mais humble dans son style.

Doit éclater sans pompe une élégante idylle.

Cependant ce peintre qui montrait une prédilection si marquée pour les animaux savail orner le paysage de figurines aussi gracieuses que spirituelles ; mais il fit moins usage de ce talent pour lui-même que pour ses amis, si ce n’est pourtant dans les tableaux où les figures ont toujours une importance capitale, par exemple

dans ses Æivers, si bien gravés par Jacques Aliamet'. Wynants, qui s'était longtemps servi du pinceau de Wouwermans, ne tarda pas à lui préférer celui de son élève. Un pareil fait ne doit-il pas tenir lieu detous les éloges? Dire que Van de Velde fut en ce genre le rival du peintre le plus élégant de la Hollande, n'est-ce

pas, donner une assez haute idée de ce maitre charmant? Lesillustres paysagistes de son temps se dispulèrent

IJACQUES ALIAMET.

Un des hommes qui ont le mieux gravé Adrien van de Velde est Jacques Aliamet l'aîné, qu'il ne faut pasconfondre avec son

il mourut à Paris

frère François Aliamet, graveur sans intelligence etsans lalent. Jacques Aliamet était né à Abbeville en 47

en 1788. Il appa

i ce dix-huitième siècle qui fut une très belle époque pour la gravure en France. Je veux

tient donc tout enli

direqu'en celemps-là nos graveurs se montrèrent tout à fait Français, en apportant dans la pratique de leur art cet esprit

critique, cette élégance, ce bon goût, cet éloignement de loule exagéralion qui caractérisent le génie gaulois. Nous dirons quelque chose à l'article de Lebas, ouchant cette petite révolution à laquelle ilcontribua plus que personne. Il nous suffit de rappeler ici que Jacques Aliamet fut son élève. Il commença, dit Watelel, par la gravure de ces petites estampes qui servent à

l'ornement des livres el qu'on appelle vignettes. Huber et Rost n'en ont point parlé : elles méritaient cependant une

mention. Celles que nous avons lrouvées dans son œuvre au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nalionale sont exé-

cutées pour la plupart d'après les dessins de Gravelot, quelques-unes d'après Boucher et Cochin; elles accompagnent une fort

jolie édition du Decamerone de Boccace, qui fut publiée à Londres en 1755. Quelle que soit la finesse de ces charmantes vignettes, elles sont traitées sans mesquinerie et ne sont point léchées, comme il arrive souvent, lorsqu'on veu les finir, dans d'aussi pelites dimensions.

Jacques Aliamet s'atlira bientôt l'attention des éditeurs. En effet, ii n'était pas difficile à un homme exercé d’entr

voir

dans les vignettes du Décaméron un talent qui s'éléverait sans effort à de grandes proportions, et qui ne perdrail rien à

s’employer à l'exéculion d'œuvres plus imporlantes. Il s'essaya d'abord dans le genre où il devait avoir les plus grands

succès, celui des paysages et des marines. Les amateurs font le plus grand cas de ses belles estampes d’après Joseph Vernet : l'Incendie nocturne, le Temps orageux, le Brouillard. Ces pièces sont parfaitement gravées et dans le sentiment du maître. La planche est chargée de travaux, et présente, comme le lableau, un aspect rembruni. Des tailles profondes, serrées el hardies expriment le pinceau fier et coloré du peintre. Si Jacques Aliamet a été moins heureux que Balechou, lorsqu'il a rendu les grandes lames de la mer agilée el l'écume des flots, si admirables dans la fameuse Tempèle de ce dernier graveur, en revanche, il a exprimé avec un rare talent les vapeurs du brouillard, si difficiles à faire sentir dans les gravures à la pointe et au burin. En mêlant les tailles, en éleignant ou plutôt en fondant tous les elairs, Aliamet a imilé merveilleusement le Brouillard de Vernet. De même que dans le tableau, de même que dans la nature, le graveur n’a laissé des lumières cernées

de l'œil; quant aux lointains de l'estampe etaux fonds deciel, on dirait qu'ila blaireauté

que sur les parties quisontle plus pr.

sa planche, et cependant il n’a fait usage ni de points pour boucher les losanges, ni de roulette, ni d’aueuns des procédés

au moyen desquels on produit l'effet de l'estompe, de sorte qu'il a oblenu le flou de la manière noire avec les instruments

qui s'en éloignent le plus, qui sont la pointe elle burin

Toutefois, le vrai mérite, l'originalité de Jacques AliameLse lisentencoremieux dansses Paysages d'après Berghem, que dans ses Marines d'après Vernet. C’est là qu'il a perfectionné la manœuvre de la pointesèche, créée elmise en honneur par Lebas, son maître. Par ce procédé, ilobtint les tons gris les plus variéset les plus charmants, et nulle part il n'y amieux réussi que dans

sa grande eslampe in-folio, enhauteur, d'aprèsle paysage de Berghem de la galerie de Dresde. Les animaux, chiens, moutons,

chèvres, ânes et bœufs, préparés à l'eau-forte, sont presque entièrementterminés à la pointe sèche, ainsi que les figures des

villageoises et des fermiers dont les chairssontexéculéesuniquement de cette manière; de vigoureux coups de burinachèvent el

eslampes poussées au noir, Aliamet, audire d'un de sescontemporains, comparait leur effet t

préciait ainsi parfaitement lui-même. Malgré son aversion pour lenoir, il a su toujours éviter la monolonie et la

rehaussent le travail. « Ennemi de

au jeu deces acteurs qui, s'éloignant de la nature, crient rimacent sur le théâtre pour se faire applaudir de la multilude. » Aliamet s'ap

froideur; cela tient à ceque les touches du maitre, les réveillons du pinceau, les rehauls de couleur sont traduits par une brusque

transition de la lumière à l'ombre, et que les vigueurslocales se retrouvent très franchementac uséessurla planche, etopposées fort à propos à des clairs vifs et purs. De celte façon, l'estampe, tout en restant limpide et blonde, n'a cependantrien de fade el conserve toutson ragoût. Il faut ajouter à ce mérite, la liberté du faire, la souplesse de la main, la légèreté dans le maniement de

fait sentir lanature desobjets, le poil soyeux des chèvres, le pc

la pointe qui tourne les formes, les enveloppe quand il faut.

rugueux des bêtes de somme, la finesse des linges ou la grossièreté de la bure. les déchirures du terrain ou le poli des cailloux.

On peut vérifiertoutee que nous disons icidulalent de Jacques Aliamet, enexaminant sesdiverses gravures d'après Berghem :

l'Ancien port de Gênes, le Rachat de l'Esclave, l'Abreuvoir champôtre, la Rencontre des deux villageoïises, et en général

Lout ce qu'ila fait d'aprèsce maître. Ses ciels, peu chargés de travaux, sont transparents. La taille suit volontiers la forme des

” L 1 les petits personnages qu'il plaçait dans leurs tableaux avec tant de grâce, d'à propos et d'esprit, et dont son imagination inépuisable variait à l'infini le caractère et les attitudes, suivant l'aspect des lieux qu'ils devaient égayer de leur présence. Hobbema, Van der Heyden, Moucheron, Hackert, Ruysdael lui-même, le grand et pathétique Ruyÿsdael, dont le génie pouvait se passer d'allié, empruntèrent le pinceau de Van de Velde. Peter Neefs, le peintre des intérieurs d'église, eut aussi recours à lui.

Van der Heyden, en particulier, vit doubler la valeur de ses toiles, un peu froides, par le monde depetits acteurs dont les peuplait l'esprit inventifde son ami. Dans un de ces tableaux, où Van der Heyden a représenté

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