CARDINAL
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un autre, plu paraît faire aller à l'école. — 195 scudi, soit 4,030 fr.
Les tableaux de ce maitre sont quelquefois signés en lettres imperceplibles : P. V. Slingelandt fecit. Nous r'eproduisons son monogramme.
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6863-06. — Con. Imprimerie, Én. Cnéré.
Ge & cAQollanduise.
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GODEFROY SCHALCKEN
NÉ EN 1643. — monT EN 1706.
nant
une flamme environnée de ténèbres.
Un premier voyage en Hollande nous conduisit, il y à quelques années, chez un amateur de Harlem, M. Quarles, sédail
demeurant, il m'en souvient, rue du Bois, lequel pos une riche collection de tableaux hollandais. Dans le nombre se trouvait un Schalcken dont le sujet nous frappa. C'était une tète de mort éclairée par une bougie intérieure. L’impression que fit celte peinture sur mon compagnon de voyage et sur moi parut surprendre le digne possesseur de cette œuvre remarquable, sans doule parce qu'il était blasé sur les émotions que pouvait lui procurer sa galerie. Mais
j'avoue que ce fut un effet moral plus extraordinaire encore
que l'effet du clair-obseur. La préoccupation habi uelle du peintre avait pris celte fois une forme austère. llme sembla que celle lumière habitant ce crâne vide était ’äme du trépassé qui élait revenue prendre possession de son ancien gite. Par les yeux absents du mort, on pouvait aller jusqu'au siège de la pensée disparue, que remplaçait mainte- Ce tableau nous absorba tellement, qu’il ne nous resta
presque plus d'attention pour le reste de la galerie. Les sujets de Schalcken ne furent pas loujours aussi étranges ; mais toujours ils furent traités de
manière à étonner le regard. Le désir de se singulariser, l'amour de l'imprévu firent de Schalcken un peintre qui, dans chacun de ses ouvrages, à de quoi nous charmer, où du moins à de quoi nous surprendre, mais qui, dans leur ensemble, fatiguerait sans doute par sa monotonie. Disciple de Samuel van Hoogstraten et de Gérard Dow, qui étaient eux-mêmes élèves de Rembrandt, il commença ar imiter la manière de ce grand maitre, dans laquelle il vit tout de suite, non pas précisément ce qui la rend sublime, l'expression, mais ce qui la rend séduisante, l'effet. De limitation de Rembrandt, Schalcken passa à l'imitation de Gérard Dow ; il s’appropria le pinceau fondu de ce eintre, son extrème fini, ses tons tranquilles el passés, et les appliqua de préférence à des scènes
e nuit. Il ferma sa fenêtre au soleil et ne vit plus ses modèles qu'à la lueur d'une bougie ou d'une ;
ampe;elt je dois dire que ce procédé lui servait à dissimuler les imperfections de son talent.
Dessinateur médiocre, particulièrement dansles extrémités du corps humain, — et c'est toujours là que se trahit la faiblesse du dessin, — il savait cacher dans l'ombre ou sauver dans la demi-leinte
es parties dont le contour eût été indécis ou le modelé insuffisant, de sorte qu'en choisissant le
genre de peinture où il s’est illustré, il trouva le moyen d'amoindrir ou de masquer ses défauts et de mettre en relief ses qualités. L
Né en 1643 à Dordrecht, où son père était régent de collège, Schalcken avait reçu une éducation
qui lui eût permis de suivre la profession de l'enseignement qu'on voulait lui faire adopter, si le goût
de la peinture ne l’eût emporté sur les recommandations paternelles: L'étrangelé de ses premiers tableaux atlira nalurellement l'attention publique : c'est justement ce qu'il voulait, ayant d'ailleurs assez de talent pour la soutenir. Son maître Gérard Dow avait fait usäge parfois des lampes, des bougies et des lanternes, et chez un peuple amoureux de l'art pour l'art, il avait produit peut-être une aus
si grande sensation par son fameux tableau de l'École du soir, où l'on admirait tant les jeux et les échos de la lumière, que par celui de la Femme hydropique, si beau d'expression. Ce qui n’était qu'un des caprices de Gérard Dow, Schalcken le prit pour règle. Il s'atlacha presque uniquement à rendre les elfets piquants de la lumière des flambeaux. « Il avait fabriqué dans son atelier, dit d'Argenville, un lieu absolument privé de la clarté naturelle. Ses modèles y élaient posés, et il les éclairait d’une lampe, afin de s'assurer d’un point de lumière invariable. Par une ouverture, il examinait l'effet que produisait sur son modèle cette lumière artificielle, ensuite il allait mettre sur son lableau le même ton de couleur et les mêmes gradations qu'il examinait et étudiait à son aise, Rien n'’élait abandonné à l'arbitraire. La nature en décidait. »
C'est une suite bizarre de scènes souvent fantastiques et d'illusions que l’œuvre de Schalcken. Ce
peintre ne voyage que la nuit. Les héros de l'antiquité, comme les personnages de son temps, il aime à les surprendre pendant leur sommeil, ou à les voir passer à d’autres lueurs que celle du jour; [ lui faut de l'effet à tout prix, s'adresser aux yeux d'abord, parler à l'âme s’il peut. Veut-il peindre le Christ, il choisira le moment où un soldat s'approche avec un flambeau du Dieu erucifié pour s'assurer s'il est mort. Veut-il peindre des jeunes filles, il en fait des Vestales pour avoir occasion de leur mettre des lampes à la main ou de faire briller le feu qui veille au sanctuaire de la déesse: Doit-il exprimer le repentir de Madeleine, il trouve encore un prétexte pour éclairer d'une lumière pieuse la pécheresse en pleurs dans sa grotte, où bien, peignant en guise d’emblème une action dont la banalité ne l’arrète point, il représente la belle pénitente disputant à un jeune homme sa bougie que celui-ci veut éteindre. De la mythologie, de l’histoire, de la religion, le peintre ne se rappelle que les scènes nocturnes. Le bon saint Antoine, exposé dans sa retraite aux pelites malices des démons, n'était pour Schalcken qu'un molif de clair-obseur, une occasion de chercher
curieusement des reflets, de piquer çà et là des réveillons le sujet d’une voluptueuse étude de femme qu'un objet aimable que venaient car temps la clarté du jour et la lumière d'une bougie et que semblaient se disputer ainsi les deux rayons amoureux. Si des nymphes prennent le frais dans une caverne, ou se plongent dansun bain naturellement formé par des rochers, l'artiste introduira au milieu d'elles un indiseret regard du soleil qui, allant frapper quelque bijou, produira un effet éblouissant et singulier.
gréables. Vénus endormie élait moins er en même
GODEFROY SCHALCKEN (1643).
Ce pinceau dont il avait fait comme une bougie permanente, Schalcken ne l’employa pas seulement à des sujets de caprice, il s'en servit aussi pour peindre ou plutôt pour éclairer des portraits, Car sa manière fondue, lisse el propre comme celle de Gérard Dow, ivoirée comme celle de Van der Werf, ne laissait presque aucune trace d'empâtement, aucune apparence de peinture, même dans les parties