NICOLAS BERGHEM
el résigné, il travaillait en chantant ! tout le long du jour, et pendant que sa femme le supposait endormi, il était occupé sans doute à observer la forme changeante des nuages, — il les moutonnait si bien! — à étudier les effets inattendus, les mille accidents que produit leur marche, quand ils interceptent le soleil. Entouré d'élèves qui le chérissaient, il lui arriva souvent de leur emprunter de quoi payer une eslampe rare, el après sa mort, on vendit chez lui une collection fort riche de gravures qu'il avait achetées secrètement en trompant sa femme sur le prix de ses tableaux. On distinguait dans cette vente une épreuve du Wassacre des Innocents, gravé par Marc-Antoine, d’après Raphaël, et dont Berghem avait donné 60 florins.
Bien que Berghem soit toujours reconnaissable, il lui arrive de tromper même les yeux des fins connaisseurs, quand il fait une libre excursion dans la manière de Philippe Wouwermans. Par exemple, la
Surprise d'un convoi par des cavaliers, que nous avons vue au Musée de La Haye, et qui fut achetée plus