‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 195 sur 239 · MP. PO TEVIX ET · texte numérisé non relu

MP. PO TEVIX ET

Une Bacchanale composée de deux enfants, dont l’un tient une coupe de la main droite et dans l’autre une grappe de raisin; l’autre joue d’un instrument de musique champêtre. 39 pouces sur 32.

Le pendant est aussi une composition de deux enfants occupés à faire des bulles de savon; auprès de l’un on voit la tête du Laocoon, une palette et des pinceaux, et à côté, sur une pierre, un sceptre et une couronne. 39 pouces sur 32. 560 florins. Menschen. Ce tableau et le précédent ont été vendus ensemble.

Un tableau, qui est peint en grisaille, représentant les quatre Evangélistes, vus à mi-corps; l'effet en est admirable. 33 pouces sur 65. 88 florins. Menschen.

Allégorie sur le Commerce; au milieu, on voit Mercure sur un piédestal peint en grisaille, et sur ce piédestal, un basrelief au milieu duquel est un médaillon (sujet tiré en partie des armes deM. Braamcamp) ; sur l’exergue du médaillon, on lit cette inscription : Labor véncit œrumnas; dans le haut, paraît la Fortune. 25 pouces sur 49. 400 florins. Geldemeester.

Un Vase de fleurs posé sur une table qui est devant une niche; ce morceau est artistement copié d’après Jean van Huysum. 24 pouces sur 21. 70 florins.

Tableau peint en grisaille, et composé de Petits Amours, dont l’un tient un arc à la main et en terre qui forme le groupe du devant; le troisième tient une cou-

sse un autre, ce

ronne de lauriers, attendant l'issue du combat pour en couronner le vainqueur, et dans le fond le quatrième soulève un rideau, de dessous lequel il regarde le combat. 23 pouces sur 48. 50 florins.

Deux morceaux de même grandeur, représentant Deux Bacchanales. Dans l’un on voit plusieurs enfants qui jouent avec des grappes de raisin; près d'eux est un terme sur lequel est placé le buste de Silène. Dans l'autre sont plusieurs enfants qui jouent avec une chèvre; les fonds sont des pay 15 pouces sur 10. 510 florins. P. Calkoen.

Allégorie sur la Peinture, représentée en bas-relief par plusieurs génies, dont l’un broye des couleurs et un autre est

re

occupé à copier la Vénus de Médicis. 12 pouces sur 16. 51 florins. W. Meyer.

Deux tableaux faisant pendant, dont l’un représente le Génie de la Musique ou de la Poësie Pastorale, et l'autre celui de la Peinture. Ces morceaux sont peints en grisaille, et imitent le bas-relief si naturellement, qu’à très-peu de distance l'œil pourrait s’y tromper; ils sont de la même qualité que ceux que ce maître a peints dans la Chambre du Conseil de la maison de ville d'Amsterdam. 610 florins. P. Yoer.

VENTE DU PRINCE DE CONTY, 1777. — Des Enfants qui tiennent des attributs de chasse; dans le milieu un sujet de

la Fable. Ce tableau, représenté en bas-relief de marbre, est peint sur une toile de 2 pieds 8 pouces sur i{ pouces.

) francs.

VENTE LEBRUN, 1778. — Un bas-relief : Diane entaurée d'enfants qui tiennent des instruments de chasse

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CORNEILLE TROOST

NÉ EN 1697. — MonT EN 1750,

Corneille Troost naquit à Amsterdam, en 1697, tout à la fin de ce dix-septième siècle qui fut la glorieuse époque de la Hollande, surtout pour les arts. La sève de l'école commençait à s'épuiser. Tous Iles grands artistes étaient morts : Rembrandt, Van der Helst, Paul Potter, Ruysdael, Pierre de Hooch, Albert Cuyp, Wouwermans, Karel du Jardin, les Van de Velde, les Ostade, et Gérard Dow, et Francois Miéris, et Terburg et Metsu. Ces maitres ne laissaient guère après eux que de froids imitateurs ou d'infidèles disciples. Le génie indigène s'était profondément altéré déjà au contact de l'étranger. La peinture hollandaise, pour avoir voulu singer l'Italie et balbutier le style, avait perdu sa généreuse et puissante originalité, sa vigueur native. Gorneille Troost, au milieu de cette déroute, se rattacha aux branches et se fit le

peintre de son temps et de son pays. Poussé par une humeur Ï \ I

= spirituelle et caustique, il imagina de recommencer, an

dix-huitième siècle, ce qui avait illustré Jean Steen au dix-septième. Mais, inférienr de tout point à ce maitre-

homme, il ne vit la société contemporaine qu'au théâtre ou dans les livres, et, au lieu de peindre les mœurs.

les travers et les ridicules de la bourgeoisie, en les observant sur nature, il les peignit tels qu'ils étaient représentés sur la scène. Ses héros furent presque tous des personnages de comédie ou de roman.

Ce n'est pas un petit honneur que lui ont fait ses compatriotes, en l'appelant le Hogarth de la Hollande ; et

comment le lui contester? S'il a mis du sel dans ses satires locales, du piquant dans ses allusions et de la vérité dans ses peintures, qui peut en être meilleur juge que les Hollandais eux-mêmes? Que de finesses doivent nous échapper quand nous cherchons à comprendre les compositions de Troost, puisqu'il en est

plusieurs, dans le nombre, dont le sens tout entier nous est inconnu! Les peintres qui représentent les

mœurs d'une époque, ses modes, toujours si l'ugitives, ses passions du moment, ses comédies destinées à l'oubli, et qui regardent ainsi à ce qu'il y a de relatif et de changeant dans le spectacle d'une société, ceux-là sont condamnés à n'être compris que de la génération pour laquelle ils ont travaillé et qui les applaudit. En France, nous avons, même de nos jours, l'exemple de plus d'un artiste qui a été illustre par ses satires et que déjà l'on comprend à peine. Que penseront nos neveux de certaines caricatures de Charlet, de certaines épigrammes de Daumier et de Gavarni, lorsque les types qu'ils ont crayonnés, qu'ils ont sculptés au vif sur la pierre du lithographe, se seront modiliés avec le temps ou auront disparu ? Il en

doit être ainsi de Corneille Troost. Les Hollandais du dix-neuvième siècle ne l'apprécient pas autant, il s'en

faut, que l’estimaient ses contemporains, et il arrivera un jour où l'intérêt de son œuvre sera devenu nintelligible pour tout le monde.

Ce qu'il nous est permis d'apprécier en lui, maintenant, c'est le talent du peintre proprement dit, je veux

dire l'art d'éclairer et de grouper ses figures et de les mettre en scène (c'est bien le mot, cette fois), le maniement du pinceau, le choix et la qualité des tons; en d'autres termes, l'ordonnance, le clair-obscur, le coloris, la touche. Homme d'esprit, c'est par la composition qu'il brille. Bien qu'adroitement calculée, la sienne semble toujours naturelle. Troost n'y introduit jamais des personnages inutiles ni des ornements superflus; il montre clairement ce qu'il veut montrer, et, à l'inverse des autres artistes de sa nation, qui se plaisent à accumuler les accessoires, il ne met, lui, dans ses intérieurs, que les meubles nécessaires etles ustensiles

simplement agréables, etqui

significatifs, et, dans ses Conversations en plein air, que des fonds peu char paraissent imaginés pour achever la pensée du tableau, tantils sont bien liés à l'action des figures et à leur ensemble. Troost est, avec Turbarg, celui de tous les maitres hollandais, peintres de genre, qui a le mieux entendu la concentration de l'intérêt, et ce qu'on appelle le repos de la composition. En parcourant son œuvre, nous y trouvons plus d'un exemple de cette intelligente sobriété. Ici, c'est l'Amour mal assorti : un vieillard déclare sa flamme à une jeune veuve; il a jeté à terre sa canne, son chapeau et ses gants, et,

dans son ardeur sénile, il serre de près la Suzanne facilement chaste. Le joli intérieur ! Un Slingelandt,

un Gérard Dow, un Miéris y auraient multiplié les détails du confort domestique; ici, pas un détail, pas un meuble de trop; mais rien ny manque, non plus, de ce qui doit y être, ni la pendule obligée, ni la cage au serin, ni le portrait de l'époux défunt que l'on veut remplacer, ni le pot de fleurs où trempe la tige

st le Z'uteur trompé, une scène anticipée

d'une rose épanouie, comme celle que l'on veut cueillir. — Là, c' du AZarbier de Séville : on voit venir, dans la rue, une jeune fille conduite prisonnière par son tuteur, un rustre jaloux et tout de noir habillé. Tandis qu'elle l'oecupe de son sourire, qu'elle l'enveloppe de ses regards et de ses charmes, sa petite main reçoit le baiser d'un amoureux que le hasard a fait passer par là. Les Bartolos sont décidément de tous les temps et de tous les pays, et cette ingénue n'a pas besoin d'être

enfermée pour avoir de l'esprit:

C'est un joli début pour un cœur si novice ; Il faut bien à la force opposer l'artifice.

Les rues que Troost représente sont comme celles du théâtre. Il n y passe que les acteurs indispensables à l'action. Ce sont, il est vrai, des rues telles qu'on en trouve dans les quartiers riches d'Amsterdam, rues

propres, peu fréquentées et silencieuses, dont chaque porte a ses cuivres polis, ses boutons brillants, et le

CORNEILLE TROOST (1697). 3

nom de son propriétaire gravé sur une plaque à bordure historiée. Le mot Notaris, écrit sur la porte d'une maison qui fait ici le coin de deux rues, indique la profession du tuteur, profession qui fut toujours en haine aux amoureux, qu'ils s'appellent Lindor, ou Clavaroche, ou Fortunio. — Plus loin, c’est l'Amant déguisé ou bien l'Amant peintre. Pauvre tuteur ! il aura beau faire le guet autour de sa Rosine, le galant se déguisera,

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