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DAVID BAILLY

David Bailly tiendrait peut-être une meilleure place dans l’histoire de l’art hollandais si, au lieu d’aller

courir le monde à la recherche de la renommée, il l’eût tranquillement attendue chez lui, le pinceau à la

— PAMMEMARER.

VANITAS VANITUM ET OMNIA VANITAS (Collection de M. Dumont, à Cambrai

main. Son nom serait sans doute plus connu s'il eût circonscrit son ambition. Il était né à Leyde en 1584. Pierre Bailly, son père, lui donna les premières leçons de peinture, et le confia ensuite au graveur Jacques de Gheyn; mais David Bailly ne resta qu’un an chez ce maître; il travailla ensuite dans l'atelier d'Adrien Verburg et dans celui de Corneille Van der Voort, qui habitait Amsterdam et qui s’y était fait une certaine réputation par ses nombreux portraits. De retour chez son père, après un apprentissage qui avait duré six ans, David Bailly, sachant que tout chemin mène à Rome, se dirigea d'abord vers Hambourg, et visita successivement plusieurs villes de l'Allemagne. Après s'être arrêté à Francfort, à Nuremberg, à Augsboursg, il traversa le Tyrol, planta un instant sa tente à Venise et arriva enfin au but de son voyage. Pendant son séjour en Italie, il dut peindre un assez grand nombre de tableaux, qui, malheureusement, ne se retrouvent

plus aujourd'hui. Il revint par l'Allemagne et rentra chez lui, en 1613, après une absence qui avait duré cinq ans.

Durant les années qui suivirent, David Bailly se consacra au portrait, genre de peinture pour lequel il avait une aplitude spéciale, ainsi que le prouve l'effigie qu’il nous à laissée de Marie Van Reigersbergen, femme du publiciste Grotius. Il peignit aussi avec talent des natures mortes, ou, pour mieux dire, des {ables chargées d'instruments ou d'objets de toutes sortes, et parft >ssOir!

is il a donné place à des acce s analogues

dans ses portraits. Toutefois, aux derniers temps de sa vie, il parait s'être lassé du pinceau, et il se contenta dès lors de dessiner au crayon de charmants portraits de petite dimension. D’après le catalogue du Musée d'Amsterdam, Bailly serait mort à Leyde en 1638. Cette date est inexacte : une œuvre importante, dont nous allons dire quelques mots, prouve que le savant artiste vivait encore en 1651.

Les productions de David Bailly sont extrêmement rares, et aucun de ses portraits ne parait avoir été gravé jusqu'à présent. Aussi considérons-nous comme une bonne fortune l’occasion qui nous est offerte de reproduire dans l'Æestoire des Peintres un des tableaux les plus intéressants de ce maître trop peu connu.

Cette peinture nous à été obligeamment signalée par un amateur de Cambrai, M. Dumont, qui lui a donné,

parmi les richesses de sa collection, la place qu'elle mérite. David Bailly y a représenté un homme, jeune encore, mais déjà grave, qui, vêtu de noir à la mode de son temps, est assis sur une table où l'artiste a entassé toutes les choses fragiles, tous les objets éphémères qui peuvent symboliser les vanités de la vie humaine. — Vanitas vanitum et omnia vanitas, tels sont les mots que Bailly a eu soin d'inscrire au coin du tableau , comme s'il avait jugé que sa pensée, pourtant si claire, ne l'était pas encore assez pour le spectateur. Des roses flétries, une lettre entr'ouverte, une tête de mort, des bulles de savon, un vidrecome à moitié vide où se reflète la fugilive image de la volupté, une bougie qui vient de s’éteindre, tels sont les principaux emblèmes que David Bailly a réunis autour de son jeune philosophe. La peinture d’ailleurs est excellente, et

c’est l'essentiel; le portrait du personnage est lumineux et vivant; la main surtout est d'une exécution

superbe. Quant aux accessoires qui complètent la pensée du maitre, ils sont touchés avec une liberté pleine d'accent, et, éclairés du rayon qui leur convient, ils ont tout le relief de la réalité. Alors même que son tableau n'aurait pas le mérite d'une rareté excessive, il serait encore une œuvre d'art d'une grande valeur et d'un charme infini. Pourquoi faut-il que, distrait de la peinture à l'huile par des travaux d’un autre ordre,

David Bailly se soit servi si rarement du pinceau qu'il maniait d’une main si magistrale?

Musée D'AMSTERDAM. — Portrait de la fenvme de Grotius. VANITUM. ET. OMNIA. VANITAS. Dauid. Baïllij. pinœit. A° 1651. Ce tableau est signé D. Bailly fecit. A° 1624. M. Paul Mantz a consacré au cabinet de M. Dumont un

CaBixer DE M. Dumonr, A CAMBRAI. — Portrait d'un jeune excellent article, dans la Gazette des Beaux-Arts du 1°" déphilosophe. Ce tableau porte l'inscription suivante : VANITAS. cembre 1860.

Une conception toujours originale, une exécution singulièrement libre et spirituelle, un style très-personnel

et très-frane, caractérisent les compositions d'Adrien Van der Venne. Né à Delft en 1589, il fut envoyé par

son père à l'université de Leyde, où il étudia longtemps les langues et les littératures anciennes. Un habile orfévre, Simon de Valck, lui apprit à dessiner; Jérôme Van Dies lui apprit à peindre. Plus tard, il se Jia d'une étroite amitié avec Breughel de Velours, et la collaboration de leurs pinceaux associés a produit des

œuvres très-heureuses.

Le roi de Danemark, le prince d'Orange et plusieurs grands personnages de l'époque employèrent Van

der Venne, qui, aux talents du peintre, joignait la science des lettres et même le génie du poète. C’était un infatigable travailleur, etson plus vif désir consistait à grouper en un seul {tableau des centaines de figurines.

Les biographes rapportent qu'il avait peint, pour un seigneur polonais dont ils ne nous disent pas le nom,

une composition qui représentait une bataille empruntée à l'histoire de la Flandre. Cette peinture avait, dit-on, « douze aunes de longueur. »

Nous ne savons ce qu'est devenu ce singulier tableau, mais deux œuvres nous sont connues qui nous permettent de juger du rare {alent d'Adrien Van der Venne. L’une, qui est conservée au Musée du Louvre, représente la Fête donnée à l'occasion de la trêve conclue en 1609 entre les Hollandais et l’archiduc Albert. C’est un amusant fouillis de personnages qui défilent avec une gravité comique au milieu d’un paysage dû au pinceau de Breughel. Les costumes sont exacts et charmants, toutes les petites têtes sont pleines d’accent et de physionomie, et l'ensemble est d’une couleur intense mais harmonieuse. L'autre tableau de Van der Venne, qu'on peut voir au Musée d'Amsterdam, est encore plus compliqué. Il montre, sous la forme de l’allégorie, les chefs des diverses communions religieuses faisant la pêche aux âmes. Il y a dans ce vaste tableau beaucoup d’allusions dont le sens est aujourd'hui perdu; c’est l'œuvre d’un théologien subtil, mais c’est aussi

l'œuvre d'un peintre. L’exéculion de cette loile, pour laquelle Van der Venne a réclamé, à son ordinaire, le [ » »

concours de son ami Breughel, est à la fois délicate et virile.

Adrien Van der Venne a publié en outre des recueils d’allégories et il a illustré de ses vignettes plusieurs

ouvrages de littérature, entre autres ceux du poëte Cats. Cet habile maître, qui est mort à la Haye en 1662,

est une des plus curieuses personnalités de l’école hollandaise.

Louvre. — Fête donnée à l’occasion de la trêve conclue été attribué à Breughel de Velours et ensuite à Van Balen,

entre les Hollandais et l’archiduc Albert (1616). a été payé 730 fl. à la vente Maurice de Jeude, en 17 AMSTERDAM. — Le prince Maurice à cheval. (Gravé par GALERIE SUERMONDT. — L’Eté. — L'Hiver, — Ces deux W. Delff.) — Les Pécheurs d'âmes. Ce tableau, qui a d’abord tableaux sont datés de 1614.

JEAN TORRENTIUS

Torrentius naquit à Amsterdam en 1589, et il y mourut à l’âge de cinquante-un ans, laissant la réputation d’un peintre qui n’aimait à représenter que des sujets lascifs dans des miniatures ou des vignettes, et qui les traitait du pinceau le plus expressif et le plus fin. « Les sujets de ses tableaux, dit Descamps, enchérirent sur ceux de l’Arétin et de Pétrone. » Torrentius était de la secte des Adamites ; il prêchait la communauté des femmes et il mait la divinité de Jésus-Christ. Ses opinions religieuses et les scandales d’une vie dissolue devaient lui attirer des persécutions dans un pays dont les mœurs n’ont jamais été relàchées, et qui appartenait alors à un protestantisme rigide. Les magistrats de Harlem ordonnèrent l'arrestation de Torrentius, et ils le firent mettre à la question, mais les fourments ne purent lui arracher un aveu. Il n’en fut pas moins condamné à vingt ans de prison. Cependant, par la protection de quelques grands personnages, et grâce à l'intervention de Charles I®, le peintre fut mis en liberté à la condition de quitter la Hollande. Réfugié à Londres, il y recommença, sinon son genre de vie, du moins ses peintures lascives, et l’on juge s’il eut du succès au milieu d’un peuple qui se pique avant tout d’une excessive pudeur. Torrentius retourna secrètement à Amsterdam, et il y demeura caché jusqu'à sa mort, arrivée en 1640. Ses ouvrages furent recherchés par ordre de justice, el ceux que l’on put découvrir furent brûlés par la main du bourreau.

Houbraken et Campo Weyermans disent que Torrentius mourut dans les tortures de la question; mais on doit s’en rapporter de préférence au récit de Théodore Schrivelius,. qui s’'appuyait sur des actes publics, et qui, dans son Histoire de Harlem, à écrit la vie de Torrentius comme nous venons de la raconter en peu de mots.

Il est inutile d'ajouter qu'on ne trouve dans aucune galerie publique des peintures de Torrentius, et que

celles qui ont échappé au feu, s’il en existe, sont cachées dans l'ombre de quelque collection privée, sous

prétexte de curiosité raffinée ou de rareté extrême. Toutefois, le catalogue de Charles I mentionne deux peintures de Torrentius appartenant à ce prince : l’une représentant un homme nu; l’autre, deux verres de vin du Rhin, to glasses of Rhenish.

ALEXANDRE KIERINCX

M. Adolphe Siret, dans son Dictionnaire des Peintres, fait observer que Descamps donne par erreur le

prénom d'Alexandre à Kierinex; mais ce prénom est bien celui de Kierinex, tel qu'on le lit dans

les registres de la confrérie de Saint-Luc, à Anvers. La signature de ce maître, que nous avons relevée sur

un de ses plus beaux paysages, à Copenhague, est précédée d'un À singulièrement compliqué à la façon gothique. Quoi qu'il en soit, si Kierinex était connu en France, on l’estimerait au moins à légal de Breughel et de Paul Bril. Pour nous, il nous semble supérieur à ces deux maîtres (en ne considérant Breughel de Velours que comme paysagiste). Il y a chez lui une poésie profonde, pénétrante, une poésie à la fois intime et grande. La première fois que je vis un tableau de sa main, ce fut en 1849, au palais de

Christansborg, à Copenhague; jamais paysage ne m'a plus fortement saisi, ému. C’est la vraie solitude des

grands bois. On n'y voit que des arbres solennels aux troncs noueux et fourmentés, des chênes aussi vieux

que le monde. Un cerf paît tranquillement en compagnie de s

biches, dans ces demeures mystérieuses, et l'on croirait, au premier abord, qu'il n’y a pas d'autre animal vivant dans le tableau; mais, en y regardant

de près, on découvre çà et là des singes, des écureuils, des hiboux, des oiseaux de proie qui se déchirent

dans l'ombre. Des flaques d’eau éclairent le terrain, et donnent lieu à la peinture des bêtes aquatiques, rats d’eau, grenouilles et canards sauvages. Ici, une cigogne au long bec se tient debout, immobile, au bord de la mare ; là, on entend courir des lézards sous les feuilles, on les voit monter le long des écorces. Sur de hautes branches, se tiennent en observation des pies, des corbeaux, des corneilles, et plus loin, se cachent parmi les menues branches, les oiseaux plus faibles que trahissent leur plumage chatoyant, leur gorge empourprée, leurs taches d'azur et d'or. Mais tous ces êtres vivants, j'allais dire tous ces détails, touchés avec amour et d'un pinceau très-précieux, qui compte les plumes de l'oiseau et les fibres de l'écorce, au lieu de se disputer l'attention, comme chez Breughel, sont perdus dans la masse majestueuse de ce paysage, tout luxuriant d’une végétation libre et primitive, et qui semble exprimer le grand concert de la nature, depuis le chant du grillon jusqu'au eri de l'aigle. Au milieu de cette immense forêt, on ne regrette pas l'absence de la figure humaine, et cependant un homme passe au loin à travers les épais feuillages; mais il passe inaperçu, et, dans ce paysage

incomparable, sublime, on ne sent transpirer que la nature des premiers âges, la puissance «

atrice, le souffle de Dieu... Le tableau porte en toutes lettres la signature du maître et la date de 1630. Nous l'avons copiée avec beaucoup de soin.

Kierinex dessinait mal les figures; aussi, quand on en trouve dans ses paysages, elles y sont ajoutées par Corneille Poelenburg où par Jurien Jacobs. M. François Mols, dans les notes manuscrites dont il a enrichi un exemplaire des Anecdotes de Walpole, qui est aujourd'hui en ma possession (et qui provient de la fameuse bibliothèque Renouard), M. Mols dit que Kierinex a fait aussi des tableaux d'architecture, et, en effet, on trouve une vue de Westminster, avec la date de 1625, mentionnée dans les Anecdotes comme ayant figuré à la vente Dagar (ou Agar).

Alexandre Kierinex fut reçu maitre dans la confrérie de Saint-Lue, à Anvers, en 1619.

On ne trouve presque aucun tableau de Kierinex dans les Pinacothèque porte : Kierinex, élève de Jean Miel! comme si musées de l'Europe. Jean Miel avait pu former un peintre qui lui est si anterieur

CoPENHAGUE. — Le paysage que nous venons de décrire. par le style et par la touche, et qui ressemble sous ces rap- Il doit avoir 1 mètre 50 environ, sur 4 mètre 30. ports à Breughel, à Paul Bril et à Roland Savery!

Municu. — Paysage dans lequel on a la vue sur un fleuve, En faisant les recherches que nous avons réunies et publiées

à travers de grands et vieux chênes. Bois. Le catalogue de la sous le titre de Trésor de la Curiosité, nous avons soigneuse-

ment relevé tous les ouvrages de Kierinex décrits dans les anciens catalogues.

un paquet sur sa tête; à gauche, s'élève un riche coteau, vivement éclairé ; plus bas, près d’un lac, un vieux château

entouré d'arbres. 48 pouces sur 30. 760 livres.

VENTE PAuwELSs, 1803. — Un paysage de la plus grande beauté, orné de trois figures et de cinq chiens, par David Teniers. 38 centimètres s 330 francs. Nieuwenhuys.

Vente Duponr, 1807. — Le bain de Diane. Riche paysa immense forêt; une allée à perte de vue. 162 francs. Dufourny.

Cor Ar fai @» 183

TE BARON DE BANCKEIM, 1747. — Un pa e. Sur le devant, chasse au cerf par Jacobs. 57 pouces sur 82. 300 livres.

VenTE NeymAN, 1776. — Un vieux pont ruiné, avec figures et animaux. Dessin à la pierre noire. 4 pouces sur 5. 26 livres.

VENTE BLONDEL DE GAGNY, 1776. — Un pay très-fini, enrichi, par Corn. Poelenburg, de six figures. Provenant de la vente Carignan. 4400 livres.

Venre Lesrun, 1778. — Le même tableau. 1624 livres. E ABBÉ DE JUVIGNY, 1779. — Un beau paysag droite duquel sont de grands arbres et un chemin où passe un

ge,

age sur cuivre,

Signature :

, à Ja

berger qui conduit son troupeau; plus loin, une femme porte |

GUILLAUME HÉDA

C’est un des peintres les moins connus de l’école hollandaise, et un des plus admirables dans son genre.

Son portrait, peint par l’un des frères De Bray, en 1678, nous apprend qu'il avait alors quatre-vingt-quatre

ans, ce qui porte à 1594 la date de sa naissance. Héda fit de la peinture dans la meilleure époque, celle d'Albert Cuyp et de Rembraudt, alors que l'école voyait la nature plus largement que ne l'avaient vue les peintres secs du seizième siècle, mais il savait concilier cette largeur avec le précieux de la touche et l'excellence d’un coloris harmonieux sans fatigue. Il est dit dans quelques livres, notamment dans la Voice

des tableaux du Louvre, que Héda imita souvent avec bonheur la manière qui a illustré David de Heem.

Cette assertion nous paraît peu vraisemblable, et c’est plutôt le contraire qui serait vrai. Plus jeune que Héda, et moins peintre que lui, David de Heem a pu chercher à limiter; mais il est certain que les deux tableaux que nous connaissons de Héda sont supérieurs à tout ce qu'a peint de Heem, et que, loin de trahir un imitateur, ils révèlent un maitre. Nous avons vu souvent, à Paris, dans le cabinet de M. Delbergue-Cormont, commissaire-priseur, un grand morceau de ce qu'on appelle nature-morte, et ce morceau est digne des plus habiles peintres de la Hollande, sans en excepter peut-être Rembrandt, qui ne s’est guère amusé, il est vrai, à ces bagatelles. Un vase à rafraîchir, un citron à demi pelé, un couteau, un pâté, des fruits, le tout sur une table recouverte d'un tapis superbe, mais d’une richesse tranquille, voilà de quoi se compose ce Héda. Le fond est sombre ; le tableau est signé : Héda. 1635. Il ne se peut rien imaginer de plus beau que cette peinture; elle est onctueuse et ferme, libre et caressée, empätée sans lourdeur, solide et facile tout ensemble. Le vase est merveilleusement rendu dans ses reflets, mais sans affectation, sans pelitesse; le zeste rugueux du citron est exprimé fièrement par les grumeaux de couleur ; le tapis est peint sans minutie; le ton général est doré, mais légèrement. Il y a quelques années, ce (ableau figurait dans une vente publique dirigée par M. Delbergue. Le nom de Héda est si peu connu en France, et les vrais amateurs sont si rares, que le tableau ne put jamais trouver d’acquéreur à 30 francs! En vain M. Delbergue fil une chaleureuse allocution aux marchands et aux curieux, leur faisant remarquer la beauté d’un morceau qui aurait dû parler à tous les yeux: la signature de Héda empêcha tout le monde d'acheter la toile, tandis que si, en l'absence de tout monogramme, on avait pu la soupçonner de David de Heem, elle serait montée à plusieurs mille francs. Tels sont les caprices de la renommée, souvent aussi aveugle que la fortune. M. Delbergue mit lui-même une enchère de 10 franes et le tableau lui resta.

Héda ne s’est pas borné, dit-on, à représenter des fruts, des fleurs, des insectes et des vases d'or ou d'argent : il aurait peint aussi des sujets d'histoire, et cela n’a rien d'improbable, puisqu'il est vrai de dire que c'est en peintre d'histoire qu'il à traité la nature morte. On ne sait en quelle année mourut cel excellent peintre; mais s'il a vécu au delà de quatre-vingt-quatre ans, il est du moins à peu près sûr qu'il

ne pratiquait plus son art à l’époque où De Bray fit son portrait.

Mu table qu'une nappe recouvre à moitié, deux plats d'argent

Du Louvre. — Un dessert, peint sur bois. Sur une

avec des débris de pâtisserie et une cuiller d'argent; deux va

verre à pied renversé, un couteau, des noix, des noisettes. Signé Héda, 4637. 44 centimètres de haut sur 56. Paris. CABINET DE M. DELBERGUE-CORMONT. — Une colla-

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