‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 198 sur 239 · LES NOCES DE CLORUS ET DE ROSETTE · texte numérisé non relu

LES NOCES DE CLORUS ET DE ROSETTE

désespèrent aussi, comme il convient, sur leur perron, et l'une d'elles, pour mieux voir, lève une fenêtre à guillotine. L'Amour lâche de l'eau sur le brasier, et une Parque en vertugadin descend du haut des cieux pour couper, couturière céleste, Le fil des jours de la reine. Au loin, on aperçoit la flotte hollandaise et le vaisseau qui emporte Énée en tricorne. Cette critique du costume, salée au gros sel, est expliquée par une afliche de théâtre sur laquelle on lit, en hollandais : Aujourd'hui, 1° janvier 4758, on représentera la Morr DE Dino, ete. Ainsi, trente ans avant la grande réforme du théâtre, en France aussi bien qu'en Hollande, Troost a eu ce mérite de se moquer amèrement d'une mise en scène dans laquelle les acteurs représentaient Vénus en paniers, avec de la poudre et des mouches, et Mars en perruque à la brigadière.

On conçoit maintenant pourquoi les Hollandais attachent tant de prix aux ouvrages de Troost, qui ont

trait presque tous à leur histoire, à leurs modes passées, à leurs anciennes mœurs, à leur ancien esprit.

En lui se retrouve d'ailleurs quelque chose de la verve humoristique de Jean Stcen. Toutefois, Jean Steen est un homme de prime saut, un génie rabelaisien, mais sui generis, qui a observé en peintre et en philosophe la grande comédie, la comédie humaine. Troost n'est, auprès de Steen, qu'un artiste de seconde main, qui à observé spirituellement la comédie du théàtre et qui s’est trop localisé pour ne pas perdre, en dehors de son pays et après sa mort, une partie de son charme et presque tout le piquant de son esprit.

CnaRLes BLanc.

Le Musée pu Louvre ne possède aucun tableau de Cor- | VENTE Van DER Manck, 1773. — Quatre actes de lacomédie

neille Troost. hollandaise la Fausse Vertu ou la Feinte Tristesse. Dessins

Musée p'Ausrerpan. — Le portrait de l'artiste lui-même. superbes. 0%,65 sur 0,51 chacan. { 000 florins ; Neyman. Musée RoYAL De LA Haye. — Dix dessins à la gouache et — Un acte de la comédiehollandaise {a Fille rusée. Dessin. iu pastel représentant des scènes de comédies hollandaises. 0,73 sur 0®,57. 150 florins; Winter. — Un acte du Capitaine Cinq dessins à la gouache et au pastel représentantune | Ulric ou l'Avarice dupée. — Dessin gravé par Houbraken. réunion d'amis et connus sous le nom de Nebri, que l'on | 0,62 sur 0,54. 56 florins. retrouve dans l’acrostiche suivant : | Ventre NEyman, 1776. — Un intérieur de corps de garde

Nemo loquebatur. | d'officiers hollandais, où l'on compte douze ligures occupées Erat sermo inter Fratres. | à différents amusements ; ce sujet est coloré avec artel Loquebantur omnes. | beaucoup de soin, comme un tableau. On en connait l'esliumor eral in casa. tampe de mème grandeur, 0,48 de largeur sur 0®,32 de Ibant qui polerant ; qui non potuére, cadebunt. hauteur. 430 livres. Le même sujet, d'un effet très piquant, Ces gouaches sont réunies dans un petit salonréservé, à | de même grandeur, aussi colorié et éclairé de plusieurs côté de la sulle du Taureau de Paul Potter. | lumières répandues dans la salle. 150 livres. VenxTe DE HEINEREN, 1757. — Jeune personne à mi-corps | VENTE JEAN GISBERT, BARON VERSTOLK DE SOELEN, 1847. |

qui dessine. Sur loile. 300 liv — Quelques messieurs, d'une mise distinguée, quittent

Vente GERRET Braamcamp, 1771. — Deux tableaux faisant une maison de Ja bonne bourgeoisie, située sur un des

pendant : l'un représente une dame qui tient un livre de canaux d'Amsterdam ; beaucoup d'entre eux sont dans un

musique etregarde un cavalier accoudé sur sa chaise, qui élat d'ivresse, et la servante, lenantunechandelle, en éclaire

tientdans sa main une flûte traversière et semble lui faire un pour qu'il puisse prendre place à côté d'un autre perremarquerune note ; devantelle est une table couverte d’un | sonrage, assis dans un traineau. Ce dessin admirable, d'un tapis, sur laquelle il y a uneépinette; dans le fondde l’appar- beleffet de lumière, est colorié à la gouache. 180 florins. tementon voitunecompagnie.L'autrereprésentelascène du La Mort de Didon parodiée. Dessin d'une exécution Tartufe où le mari estcaché sous la table; les caractères sont large et plein de caractère, lavé à l'encre de Chine. très bien exprimés. Cestableauxsonthiencomposésetlibre- | 10florins. ment peints. Toiles, 0%,62 sur 0%,70. 200 florins; P.Calkoen. Les Plaisirs de la foire à Amsterdum.— Sur le quai d'un Vente Dionis Muizuax, 1773. — Un corps de garde où canal de ladite ville, un grand nombre d'enfants, déguisés Lrois ciers consultent une carte géographique. Dessin en militaires, sont en plein mouvement et transportés de très fin et colorié. 0,35 sur 0w,48. Il est gravé par Hou- joie. Une mère, qui semblene pas vouloirlaisser participer braken el reproduit dans cette noti page 5. {S6florins. | plus longtemps son filsà cesplaisirs, vient troubler la fête L'érorce pes Rois, sujet de nuit. 0®,51 sur 0,37, Datéde | et donne lieu à quelques scènes bouffonnes. Dessin fort 1746. 241 florins. spirituel, colorié à la gouache. 201 florins.

LAMBERT ZUSTRIS

Lambert Zustris ou Sustris, sur le compte duquel les biographes ne fournissent que des renseignements incertains, est un de ces maîtres ‘qui, séduits par le génie de la Renaissance, allèrent chercher en Italie l'élégance et le style. Né à Amsterdam aux dernières années du quinzième siècle, Zustris reçut d’abord

à Munich les leçons de Christophe Schwartz, et s'établit ensuite à Venise, où il passa presque toute sa

vie. C'est là qu'il connut Titien, dont il essaya d’imiter le puissant coloris. Les carnations de ses figures sont en effet chaudes et dorées, peut-être par le temps; mais sa peinture, loin d'être grasse et ferme comme celle des Vénitiens, est légère et lisse. Le trait le plus saillant de son caractère, c'est d’avoir outré la grâce des désinvollures italiennes, à l'inverse de la plupart des Flamands, qui ne l'ont imitée que pour l’alourdir. Les

tableaux de ce maître sont très-rare

son chef-d'œuvre, qui représente Vénus et l'Amour, est conservé au Musée du Louvre. Dans l'attitude un peu forcée de la déesse, dont la figure s’allonge démesurément, on trouve plutôt le maniérisme des maitres du seizième siècle, tels que Rosso et Primalice, que la souveraine élégance des fortes écoles; mais le modelé est délicatement étudié, les chairs ont de la morbidesse, et l’on doit reconnaitre dans cette peinture l'effort d'un artiste du Nord qui essaye de se faire Vénitien, et qui a grandi dans l'atelier d’un savant coloriste.

Lambert Zustris mourut à Munich au service de la cour de Bavière. Il eut un fils, nommé Frédéric, qui naquit en 1526 et mourut en 1599. Va

ri, qui parle de lui avec éloge, nous apprend qu'il fut membre de l'Académie de Florence et qu'il peignit un tableau à l'occasion de la mort de Michel-Ange. Le Musée de Munich conserve de Frédéric Zustris une peinture qui représente l'artiste, sous la figure de saint Luc, assis devant un chevalet. Le Louvre à aussi de lui un portrait à la plume qui passe pour l'effigie de Cosme de Médicis, mais ces œuvres ne

sont pas assez significatives pour nous permettre de juger en connaissance de cause le fils de Lambert Zustris.

Mu

DU Louvre. — Vénus et l'Amour. La déess

> se — Baptéme de Jésus-Christ, esquisse.

soulève sur un li de repos richement sculpté et pose la main Le duc d'Orléans possédait de Lambert Zustris une droite sur des colombes que l'Amour montre avec une flèche, importante composition, l'Enlèvement de Proserpine, dont

Dans le fond, Mars couvert de son armure et quatre autres nous n'avons pu retrouver la trace, et qui ne nous est

personnages. (Gravé par Romanet.) aujourd'hui connue que par la gravure de J. L. Delignon.

PAUL MOREELZE

Paul Moreelze, qui est fort peu connu en France, est un portraitiste dont les Hollandais font un certain cas. Né à Utrecht en 1571, il fut élevé chez Michel Miereveld et il alla ensuite achever son éducation à Rome. De retour dans sa ville natale, il fit un nombre considérable de portraits. S'il est permis d’en juger par le seul que nous ayons vu, celui qui est au Musée de Bruxelles, Moreelze serait un peintre cotonneux el froid.

Il s'était aussi occupé d'architecture, et on prétend que ce fut d’après ses dessins qu'on construisit la porte

Sainte-Catherine, à Utrecht. Les compatriotes de Moreelze, qui professaient pour lui une estime singulière, lui confèrent les fonctions de bourgmestre; toutefois il continua jusqu'à sa mort, arrivée en 1638, à faire des portraits. Sa manière rappelle celle de son maître Miereveld, avec moins de luxe dans les costumes et les

accessoires.

Musée p'AmstenDAM. — Portrait de Frédéric, roi de GALERIE BRIDGEWATER. — Saint Joseph et l'Enfant Jésus. Bohéme.— La Femme de Jean Fan Olden Barneveldt (1615). GALERIE SUERMONDT — Jeune Femme vêtue de noir. — La Belle Bergère. Vexre Ocke (Leyde, 1817). — Une Bergère. 2,500 f BERLIN. — Une Jeune Femme en robe noire et en bonnet C’est le tableau du Musée d'Amsterdam. blanc (1626). Venre Scnamp d'AvescnooT (Gand, 1840). — Une Vieille BRUXEI — Un Homme tenant une pomme. dame en cornette et assise dans un fauteuil rouge. La Haye. — Catherine Christine, princesse de Nassau. Monogramme : — Une Princesse de Hanau. @P' Rorrerpam. — Deux Saintes Familles. — Une Madone. H k

— Deux Bergères et sept portraits.

JEAN VAN RAVESTEIN

La Renommée s’est montrée bien oublieuse envers Jean Van Ravestein. Dans ses portraits de magistrats hollandais, dans ses réunions d’arquebusiers ou d’échevins, ce maitre est allé quelquefois aussi loin que Van der Helst, et peut-être son influence ne fut-elle pas étrangère au style qu'adopta le grand portraitiste de Harlem. Ravestein est né à la Haye en 1572; son maître n’est pas connu, et les biographes nous ont laissé ignorer les principaux événements de sa vie. On sait toutefois que, dès les premières années du dix-septième siècle, il était fort employé à la Haye. Il peignit, en 1616, les capitaines et les lieutenants de la corporation des arquebusiers, et il a toujours excellé dans ce genre de peinture, qui convenait à la gravité de son talent, à la sûreté de son exécution à la fois prudente et libre. L'hôtel de ville de la Haye conserve quatre de ces vastes tableaux, où revivent, dans la fière simplicité de leur attitude et dans leur parlante ressemblance, ces bourgeois intelligents, ces marchands si actifs et si sages dans l'exercice de leur magistrature municipale. Malgré la coloration presque toujours uniforme de leurs vêtements noirs, Ravestein a su donner à ses tableaux beaucoup d'intérêt et de lumière. Il est inutile de dire que, dans les portraits isolés, l'artiste ne se montre ni moins habile ni moins épris du caractère.

Vers la fin de sa vie, Jean Van Ravestein eut son rôle dans une affaire dont l'heureux succès à plus contribué à sa gloire, aux yeux des conteurs d’anecdotes, que dix de ses meilleurs portraits. Comme Lebrun l'avait fait chez nous lorsqu'il fonda l'Académie royale de peinture pour soustraire les artistes à Ja tyrannie de la communauté de Saint-Luc, Ravestein se mit à la tête d'une compagnie de peintres et de seulpteurs qui, en 1655, demandèrent à former une maitrise spéciale et à séparer leurs intérêts de ceux des enlumineurs et des décorateurs, pour qui la peinture était moins un art qu'un métier. et ses confrères lui surent longtemps gré du service qu'il leur avait rendu. Cet

Ravestein réussit dans

cette levée de boucliers,

habile maître mourut à la Haye en 1657. Son portrait du bourgmestre Corneille Witsen, que nous avons vu à la société Arti, à Amsterdam, en 1858, nous le fait regarder comme un peintre égal en ce genre à

Philippe de Champagne et plus serré que Van der Helst.

Musée n'Amsrenpam. — Jean Pietersen Snoeck. — La La Haye (Hôtel de Ville). — Quatre grands tableaux, femme du même personnage. | dont deux représentent les chefs des compagnies d’arque- Berri. — Portrait d’un homme vétu de noir, avec sa busie les deux autres sont les portraits des échevins en petite fille charge en 1618 et en 1636.

Brunswick. — Une Famille hollandaise. Munron. — Portrait d'un homme vêtu de noir. — Une BRuxELLES. — Kinna Van Aasselaer, la célèbre héroïne Femme en noir avec une chaîne d'or. de Harlem. | Rorrerpam. — Deux portraits d'hommes. CoPENHAGUE. — Un Portrait. GazeRE SuERMONDT, — Portrait d’un membre de la famille Dresne. — Un Vieillard revêtu d'une armure. | Nieuwerkerke (1633).

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