‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 207 sur 239 · ABRAHAM VAN DEN TEMPEL · texte numérisé non relu

ABRAHAM VAN DEN TEMPEL

On se tromperait singulièrement si lon voulait juger du talent d'Abraham Van den Tempel d'après celui des élèves qu'il a formés. Professeur habile, il a été le maitre d’Ary de Vois, de Karel de Moor, de Michel Van Musscher, de François Miéris et de quelques autres artistes de la décadence, qui peignaient patiemment dans une manière timorée et petite. Mais Van den Tempel avait des qualités toutes contraires: son faire large et fier, sa touche libre et accentuée, le rapprochent de Van der Helst et quelquefois de Jacques Vanloo.

Ce portraitiste si remarquable, et malheureusement si peu connu en France, est né à Leyde vers 1618. Après avoir reçu les leçons d’un maitre estimé, Georges Van Schooten, il se consacra à la peinture de portrait, et il montra dans ce genre une habileté extrême. Le tableau que Van den Tempel avait peint pour l'asile des orphelins de Leyde, et dans lequel il avait groupé les administrateurs de cette maison de charité, lui fitle plus grand honneur. D'ordinaire, ses portraits sont en buste, mais par la fraicheur des carnalions, par la beauté des mains, par le goût des costumes et des accessoires, et surtout par le caractère des têtes, ils ont l'intérêt de tableaux véritables. Van den Tempel, qui s’est essayé parfois dans l'histoire ou du moins dans la peinture allégorique, y a été moins heureux. Il avait abandonné Leyde pour Amsterdam, et c'est dans cette dernière ville qu'il est mort en 1672, âgé d'environ cinquante-quatre ans.

Les œuvres de Van den Tempel sont extrêmement rares. MONTPELLIER. — Portrait d'une dame hollandaise (1667). BERLIN. — Portrait d'un gentilhomme avec sa femme. ROTTERDAM. — Portrait d'homme, Portrait de femme Tous deux sont vêtus très-richement. Au fond, un jardin. Ces deux tableaux, qui sont du meilleur faire du maître, AMSTERDAM. — Mus£E VAN DER Hoop, —. Portrait de forment pendants. Grotius. — Portrait de femme, en buste.

WILLEM ROMEYN

La date de sa naissance est ignorée comme celle de sa mort; on croit seulement qu'il est né à Utrecht, et; d'après la conjecture de Hastdow, il aurait été élève de son compatriote Melchior de Hondekoeter.

La période active de sa vie d'artiste paraît se circonscrire entre 1640 et 1660; enfin son œuvre semble indiquer qu'il à vu Pltalie.

A l'exemple et à la facon de Berghem et d'Adrien Van de Velde, Romeyn peint des animaux dans des

paysages. C’est un maitre de second ordre, et il ne saurait avoir d’autres mérites que ceux d’un imitateur adroit

et inégalement inspiré. Il à bien compris, (toutefois, les effets de la lumière; ses animaux sont habilement

dessinés, ses ciels ont de la transparence. Mais, hélas ! ces campagnes vertes et dorées appartiennent de droit à Adrien Van de Velde, et quand le jeune maitre s’y sera promené une heure, il ne restera plus rien à

glaner, ni pour Romeyn, ni pour personne.

LOUvRE. — Paysage avec des moutons, un bœuf et un GALERIE DE LEUCHTENBERG. — Un Paysage ilalien. berger. | VENTE DU ComTE Duganry, 1774. — Des vaches, des AMSTERDAM. — ZJroupeau passant une rivière. — Halte | ynoutons, deux mulets et un honvme. 1000 livres. près d'une fontaine: un troupeau se reposant. VENTE BLONDEL DE GAGNY, 1776. — Un Paysaye orné d’ar-

BERLIN, — Paysage montagneux : un jeune garcon conduisant des bœufs.

COPENHAGUE. — Paysage et animaux, dans le goût de Berghem.

chitecture et enrichi de nombreux animauæ. 4500 livres

VEN1 l'un, l'entrée d’un rocher; dans l'autre, le temple de Tivoli, 1300 livres.

Jucac, 1778. — Deux tableaux d'animaux : dans

Drespe. — Petit paysage avec une cascade : au pre- VENTE SOLLIER, 1781. — La fue d'un château et d'un mier plan, des vaches, des moutons et des chèvres. village 5 livres

Municn, — Un Berger et son troupeau se reposant au VENTE DE LA FRESNAYE, 1782. — Une vache, des moubord d'un chemin. — Un Paysan conduisant deux ânes. tons et des chèvres. 400 livres.

EGRERT VAN DER POEL

Tout le monde connait les œuvres et la manière d'Egbert Van der Poel, le peintre des chaumières en ruine et des villes incendiées. Mais si le talent de l'artiste est familier aux amateurs, sa biographie est restée obseure. On sait qu'il était de Rotterdam, et en tenant compte des dates de ses lableaux, on peut conjecturer qu'il est né dans celte ville vers 1620; quant au nom de son maitre, aucune biographie n’a pris soin de nous l'indiquer.

Egbert Van der Poel Sest essayé dans presque tous les genres : il a peint des intérieurs rustiques, des

paysages, des scènes marilimes, mais il a réussi surtout dans la représentation des incendies nocturnes. Ce fut là sa spécialité et son talent. Une grande justesse d'effet, une touche délibérée et expressive, des ciels profonds, des figurines vivement traitées, recommandent les compositions de Van der Poel. Toutefois, il est juste de rappeler que le peintre de Rotterdam avait été précédé dans cette voie par Isaïe Van der Yelde et par Arnould Van der Neer, et qu'il est inférieur à Fun comme à l'autre de ces maîtres. Il y a quelquefois excès d'habilelé dans Van der Poel, qui a côloyé la manière ou du moins le parti pris et la négligence. Comme notre Watleau, qui savait par cœur son saint Nicolas, il aurait pu peindre, les yeux fermés, ses incendies nocturnes. Ignorer son métier, &’est certes un défaut grave; mais le savoir trop bien,

n'est-ce pas aussi un danger?

On connait des tableaux d’Egbert Van der Poel, datés de 1646, 1647, 1654. Il serait mort en 1690, d'après

le catalogue du Louvre, ou en 1691, d'après celui du Musée de Vienne.

Musée pu Louvre. — La Maison rustique Ce tableau, | poisson au bord de la mer. Ce dernier tableau est grave dans

qui a été gravé par E. Plin, provient des cabinets Loridon de Ghellinck et Lebrun. Il est signé.

AMSTERDAM. — Une Femme occupée à neltoyer des poissons

1646). — Ruines de la ville de Delft (1654).

LA Haye. — Un Clair de lune.

RorrerpAM. — Incendie d'une maison de paysans. SrockuoLM. — Incendie d'un village.

Turix. — Des Pécheurs sur les dunes; Marchands de

le recueil publié par M. d’Azeglio sur la Pinacothèque de Turin.

VIENNE. — Une Maison de paysans, avec une femme qui lave du linge (4647). — Incendie d’une ville pendant la nuit. VE

TE SAMSON, 1812. — Une Ville hollandaise après un désast 100 fr.

VENTE DU CARDINAL FEscn (Rome, 1845). — /ncendie d'une chaumière. 3% seudi, environ 180 fr.

GUILLAUME VAN AELST

M. de Burtin a décrit en ces termes un tableau de Van Aelst qui donne une juste idée de tous les ouvrages de ce maître, voué à la pure imitation : « Une table couverte d’un tapis de velours cramoisi bordé de franges d'or, sur laquelle on voit un bocal d’ancienne forme, de verre bleuâtre, à moitié rempli de vin du Rhin. Les côtés de ce bocal réfléchissent en plusieurs fois, en différents sens, une rue voisine, d'une manière étonnante et vraiment magique, et son milieu réfléchit le peintre lui-même tenant sa palette.

Auprès du bocal sont placés, d’un côté, sur un bassin de verre, quatre superbes pêches et quelques marrons

s; de l’autre côté brillent plusieurs grappes d’admirables ri

sins tant rouges que blancs. Le tout, vrné de papillons et autres insectes qui font illusion, forme, avec des branches de vigne et de pêchers judicieusement placées, un groupe pyramidal des plus agréables, qui va se terminer contre un rideau retroussé, de couleur brune jaunâtre.…. » Bien que son nom soit moins célèbre que celui de Van Huysum, Guillaume Aelst n'est pas éloigné de la perfection en son genre, et il est certain qu'il a surpassé Everard Van Aelst, qui élait son oncle et son maitre. Sans pousser le fini jusqu’à l'excès et en conservant dans sa touche une certaine liberté, il a su exprimer à merveille les ailes impondérables du papillon, le duvet de la pêche, les gouttes de rosée qui perlent sur une grappe de raisin, les plumes d’un oiseau mort, le rugueux d'une gibecière. Beaucoup des ouvrages de Guillaume se trouvent en France, où il passa quatre ans, et en Italie, où il voyagea pendant sept ans, très-occupé de satisfaire aux demandes des cardinaux et des princes. Le grand-duc de Toscane lui fit présent d’une chaine d’or avec un médaillon. Il avait quelque trente ans lorsqu'il retourna à Delft, sa ville natale. Depuis, il alla demeurer à Amsterdam, où ses ouvrages

furent payés fort cher. Il épousa sa servante, de laquelle il eut plusieurs enfants, et il mourut en 1679.

Le Louvre ne renferme aucune peinture de Van Aelst.

PINACOTHÈQUE DU MUNICH. — Des perdrix mortes et plusieurs instruments de chasse sur une table; toile.

GALERIE DE DRESDE,— Un hareng coupé en morceaux, du pain blanc. des oignons, des huîtres.

marbre vert, etc.—Salon, tapis vert, cheminée aux garnitures or et argent, verre à champagne et verre plein de vin

VENTE VanDER-Mark. 1773. — Des oiseaux morts attachés en botte, posés sur une table de pierre, avec une gibecière : deux faucons pendus à la muraille. 18 pouces sur 51. —

BERLIN. — Intérieur : table avec tapis rouge; lambris de | 15florins.

Page 1