PIERRE WOUWERMANS
L'éclatante renommée de Philippe Wouwermans a jeté un peu d'ombre sur le nom de son frère cadet. Pierre était cependant un habile artiste, mais la vraie gloire appartient à ceux qui créent un genre, et non à ceux qui le suivent. Or, Pierre Wouwermans, malgré son talent, ne fut qu'un imitateur, et, en le mettant bien au-dessous de Philippe, les connaisseurs Pont bien jugé. Né à Harlem en 1625, il grandit sous la direction de deux maitres, son frère ainé Philippe et le paysagiste Roland Rogman. Soit que ses succès en Hollande n'aient pas été à la hauteur de son ambition, soit que le désir de voir le monde l'ait entrainé loin de sa patrie, il vint en France au commencement du règne de Louis XIV, et il a souvent peint dans ses tableaux des vues de Paris, particulièrement des vues du Pont-Neuf. Il retourna ensuite à Harlem, et c’est là qu'il mourut en 1683, sans avoir pu parvenir à se faire une réputation véritable.
Les sujets que traite d'ordinaire Pierre Wouwermans ne diffèrent pas sensiblement de ceux qui ont si bien
inspiré le fin pinceau de son frère ainé. Ce sont des rendez-vous de chasseurs, des marchés aux chevaux,
APPENDICE 19 des haltes de cavaliers, des batailles, et quelquefois aussi des cérémonies publiques ou des fêtes militaires. Descamps, qui le juge avec indulgence, prétend que Pierre dessinait bien les chevaux et la figure, et il ajoute que sa couleur est bonne et vigoureuse. Il serait plus vrai de dire que son dessin est suffisant, mais qu'il révèle peu d'élégance et peu d'esprit, et ensuite que son coloris, un peu monotone dans sa vigueur, manque de distinction et de finesse. Nous ne croyons donc pas, comme l’enseignent certains auteurs, qu'il soit possible de confondre jamais un tableau de Pierre Wouwermans avec un tableau de Philippe : entre les œuvres des deux frères, il y aura toujours toute la distance qui existe entre un talent comblé des dons les plus heureux etles mérites négatifs de la bonne volonté sans esprit.
Un autre frère de Philippe et de Pierre Wouwermans, Jean Wouwermans , est connu en Hollande par les imitations très-habiles qu'il a faites des paysages de Ruisdaël, particulièrement de ceux dont le ton général est d'un gris fin. Il a travaillé aussi dans le goût de son frère Philippe, dont il était l'élève ; il mourut jeune, en 1666. À la vente du prince de Conti, en 1777, un tableau de Jean Wouwermans, représentant un chariot arrêlé par des voleurs, peint sur bois, et haut de huit pouces sur huit pouces trois lignes de
largeur, fut vendu 160 livres.
Mu Du Louvre — Vue de la tour et de la porte de RorrTERDAM. — Un Camp dans un paysage. — Deux Nesle, vers 1664. enfants jouant avec une chèvre et un chien. AMSTERDAM. — Assaut de la ville de Coevorden, en 1772. SrocknoLm.— Un Chasseur à cheval. — Repos de chasseurs
Mus DE BRUXELLES. — Un Manëége au pied d'un E Van HELSLEUTER, 1802. — Le Siège de Naurd. rempart. . — Le Maréchal-ferrant, 55 fr.
GALERIE D'AREMBERG. — Chasse au faucon, Chasse au >: ScHAMP D'AvEsCHOOT (Gand, 1840). — Halte de cerf. | cavaliers.
COPENHAGUE. Vue du Pont-Neuf. — Une Bataille, — | VENTE CARDINAL FEscn (Rome, 1845). — Le Maréchal- Un Paysage. ferrant. 250 seudi, 4,300 fr. environ. — Le Sommet de la LONDRES. GALERIE BRIDGEWATER. — Marché aux che- | montagne, trois villageois se reposent au bord d’un chemin
vaux. — Les Malheurs de la guerre. 85 scudi.
MONTPELLIER — Paysage avec deux chevaux ct leurs VenrTe DELamaRcHE (Dijon, 1860). — Le Jeu de bagues palefreniers. | 1,000 francs.
JEAN OSSENBEECK
Jean ou Josse Ossenbeeck est un de ces artistes qui ont voulu appliquer à la nature italienne les principes de limitation hollandaise. Né à Rotterdam en 1627, il eût pu, s'il l'avait voulu, y apprendre son métier sous des maitres habiles, mais un instinct secret l'entrainait vers Rome, et il y courut dès sa jeunesse. À peine arrivé cependant, il s'éprit d'un goût très-vif, non pour l’art italien, mais pour la manière de son compatriote Pierre de Laer, dit Bamboche, et il peignit dans son style des paysages enrichis d'animaux, des marchés, des paysanneries. Il avait parcouru, le crayon à la main, les environs de la Ville éternelle, et, grâce aux souvenirs qu'il en rapporta, il put donner place dans ses fableaux à des ruines antiques, à des rochers d'un grand caractère, à de pittoresques chutes d'eau. Sandrart prétend qu'Ossenbeeck avait transporté Rome dans les Pays-Bas. Ses figures sont spirituellement dessinées, et c’est surtout dans la représentation des animaux qu'il a montré la souplesse de son talent; aussi a-t-il le soin d'en introduire quelques-uns dans la plupart de ses tableaux, notamment dans ses /oires et ses anéges. Pilkington, qui exagère un peu sa valeur, croit trouver dans ses compositions toute l'élégance d'un pinceau italien unie à la couleur et au fini d’un maitre hollandais.
« Ossenbeeck quittant Rome, dit Bartsch, alla à Vienne avec Nicolas Van Hoij, qui y fut appelé en qualité de peintre de l'empereur. Il à depuis travaillé en plusieurs autres villes de l'Allemagne, à Francfort, à
Ratisbonne, etc. » Il est mort à Regensburg en 1678.
Ossenbeeck à gravé à leau-forte environ cinquante-neuf | pièces d’Ossenbeeck sont, d'après Salvator Rosa, Pierre de estampes dont vingt-sept d'après ses propres dessins. Bartsch | Laer et Simon de Vlieger. On en trouve une dizaine dans le en a dressé le catalogue dans le cinquième volume du recueil publié à Bruxelles, par les soins de Téniers, et connu Peintre-Graveur. Ces estampes, lorsque la morsure en à | sous le titre : Galerie de l’archiduc Léopold, savoir : réussi, sont pleines de couleur et de saveur. On peut citer une pièce d'après Polydore, deux d'après Tintoret, cinq comme les meilleures le n° 4, les Deux ânes; le n° 8, les | d’après le Bassan, une d’après Feti, une autre d’après Palme Chiens ; le n° 9, les Gueux près de la fontaine ; le no 15, le le jeune.
Bétail qui s'abreuve ; le n° 24, qui représente une vue du Forum | DRESDE. — Paysage. Un seigneur et une dame parlant à romain, le Campo vaccino où Marché au bétail, avec de jolies | un berger.
figures et des animaux; le n° la Caffarella, célèbre ruine | EnimsourG. — Paysage hollandais par un effet de soleil. de la campagne romaine, au pied de laquelle le peintre a | Au fond, la vue d'une ville. (Ce tableau, daté de 1675, a été
dessiné une fête champêtre et des danses bachiques au son | attribué à Cuyp.
du violon; enfin le n° 26, la Fontaine du Triton. Les autres Vienne. — Le Voyage de Jacob en Mésopotamie, paysage.