JEAN WEENIX, LE FILS
Nous avons raconté en détail la vie de Jean-Baptiste Weenix. Il nous reste à dire un mot de Jean Weenix qui, dans un genre plus étroit, n'eut pas moins de falent que son père. Lorsqu'il le perdit, en 1660, il n'avait que seize ans, mais déjà il était dans le secret de son art. Il acheva son éducation devant la nature, Dans ses rares lableaux d'histoire, dans ses nombreux tableaux de fleurs ou de gibier mort, Jean Weenix fut l'imitateur heureux de son père, et il le remplaça dans l'estime des amateurs. Appelé par l'Electeur palatin Jean-Guillaume, il se rendit à la cour de ce prince, etil exécuta pour lui des travaux de décoration, au château de Benberg. À la mort de l'Électeur, il retourna à Amsterdam, où il mourut le 20 septembre 1719. Jean Weenix à laissé un grand nombre de tableaux de divers genres: dans ses œuvres de petite dimension, son exécution est délicate et caressée, mais elle est accentuée et large dans ses peintures décoratives. Dire qu'en
ses meilleurs jours il a égalé son père, ce n’est pas faire de son (talent un médiocre éloge,
Louvre. — Gibier et ustensiles de chasse (671). — Les qui, pour la plupart, avaient été commandés à Weenix pat produits de la chasse (1696). — Un port de mer (1704). l'électeur palatin, pour la décoration du château de Benberg AMSTERDAM. — La Maison de campagne. — Gibier et GALERIE LEUGUTENBERG — Un lièvre et une pie. fruits. — Gibier mort et attirail de chasse. Ce dernier ta- ROTTERDAMN. — Un paon, divers oiseau et un singe. bleau fut payé 1,055 florins à la vente H. Ten Kate, en 1800, VIENNE. — Un lièvre suspendu à une branche d'arbre et et 2,510 florins à la vente Van der Pot d'autre gibier posé à terre (1690). Musée Van DER Hoop. — L'Oie blinche. — Un levrier VENTE DU BARON VAN DALLE. 1781, — Intérieur d'un par — Un portrait. | un renard dévore un faisan, et en regarde un autre qui s'e- BERLIN, — Cygnes, Faisans, perdrix, ete.; — Canards, | chappe. 41,400 livres. cygnes et autres oiseaux. VENTE PAILLET Er Coccers 9 fructidor an IX. — Les Dresbe. — Sept tableaux de chasse et de gibier. Produits de la chasse, 5,971 francs. (C'est le beau tableau du LA HAYE. — Un chevreuil, un cygne et d'autres animaux. muse du Louvre.) — Un faisan. | VENTE VAN HELSLEUTER. 1802, — Un lièvre mort suspendu LONDRES. NATIONAL GALLERY, — Du gibier, des chiens et par une patte, 760 francs ; le Chien et le Chat, 2,400 francs : des ustensiles de chasse. Une perdrix attachée à un clou, 50 francs. Mari. — Des Animaux morts et des fruits. VENTE Fescn. 1845. — Un sujet de chasse, 1850 seudi. — MunicH. — Dix tableaux de chasse où de nature morte, La Promenade, 25
JEAN GRIFFIER
Jean Griffier est un des peintres hollandais dont on parle le moins. Cependant ses Vues du Run, ses Ports, ses paysages enrichis d'animaux sont estimés, et ses eaux-fortes sont estimables. Destiné d'abord au métier de charpentier, il se lia avee les enfants d’un manufacturier en carreaux de faïence, et au lieu d'aller au chantier, il alla barbouiller chez cet homme. On ne le sut que lorsqu'il était déjà devenu le plus habile de Ja
manufacture. I fut mis alors sous la direction d'un peintre de fleurs, ivrogne fieffé qu'il fallait conduire
APPENDICE 29 chaque jour au cabaret, et, ce qui était plus difficile, en ramener. Griffier, dégoûté d'un tel maitre, se fit élève de Roland Rogman, et par lui il connut Van de Velde, Ruysdael et Rembrandt. Une chose qui lui fait honneur, c'est qu'il voulut à tout prix recevoir les leçons de Rembrandt; mais ce grand peintre, sans
refuser ses conseils au jeune artiste, refusa de l’admettre dans son école, pour ne pas enlever un élève à
son ami Rogman. Griffier, voyant que la peinture de Rogman firait sur le roux el même tombait parfois dans le noir, adopta une manière plus légère et plus blonde.
Dès qu'il se senlit assez habile, il voyagea. A voir ses paysages ornés de ruines classiques, on croirait qu'il est allé en Italie; cependant il ne connut ce pays que par les gravures et par les tableaux qu’en rapportaient
es excursions, et comme ses marines y étaient
ses compatriotes. C’est en Angleterre qu'il fit ses premië
goûtées, il s'y établit et s’y maria. Mais son goût pour les voyages le reprit bientôt et pensa lui coûter la vie. « En 1695, dit Descamps, il acheta pour deux mille écus un petit vaisseau dans lequel il S'embarqua avec sa
femme et ses enfants, où il porta beaucoup de tableaux de prix et toute sa fortune, pour passer en Hollande. > I »
Un orage furieux les mit à deux doigts de leur perte. Le vaisseau fut démâté, jeté sur un bane de sable el brisé; les matelots sauvèrent le peintre et sa famille, qui perdit toute sa fortune. En arrivant à Rotterdam, il y resta quelque temps, il y trouva quelqu'un qui lui vendit un autre vaisseau à moitié usé, avec obligation de le payer aux termes fixés. Griffier fit distribuer le devant pour la commodité de sa famille, se réservant un atelier pour peindre. Celle façon de vivre était dans le caractère du peintre. On le voyait mouiller tantôt à Amsterdam, tantôt à Enckuizen, à Horn ou à Dort. Il manqua encore de périr dans ce port; il passa sur un
banc de sable où il resta huit jours : heureusement le flot le débarrassa sans aucun danger. Il mena cette
vie longtemps, en peignant de jolies vues, des villes, des marines, et surtout des paysages avec des rivières beaucoup de figures. » Descamps ajoute que Griffier à fait des pastiches et des copies trompeuses,
d après Rembrandt, Poelenburg, Ruysdael et Téniers.
De retour à Londres, Jean Griffier y travailla presque toujours pour le due de Beaufort, qui avait accaparé
ses ouvrages. Il y mourut, en 1718, âgé de 73 ans. Sa manière, claire et finie, mais monotone et comme apprise par cœur, fut continuée par son fils Robert Griffier, connu sous le nom du Gentilhomme d'Utrecht, et qui était né en Angleterre, en 1688. Cette manière était à peu près celle de Herman Saftleven, et elle s’appliquait aux mêmes sujets, aux mêmes vues, au même genre de figures.
Les eaux-fortes de Jean Griffier sont gravées d’après les dessins de Barlow; elles représentent des chiens, des chats, des singes, des cerfs, des lapins et des oiseaux. Elles sont, comme ses tableaux, d’un effet assez doux. Ses pelages sont bien traités, avec moins de finesse pourtant que ceux de Hollar; sa pointe n'a rien de
bien original; mais ses fonds de paysage sont fort bien dégradés et d’une légèreté charmante.
LOuvRE, — Deux vues des bords du Rhin | VENTE Bnaamcamp, 1771. — Trois tableaux de Robert AMSTERDAM. — Vue des rives du Rhin. | Griffier: la vue d’un village au bord du Rhin, où nombre de | paysans etde paysannes se divertissent ; à droite, une foule
BERLIN Dres
— Deux paysages avec fête champétre.
rassemblée autour d’un charlatan. 560 florins.
à — Douze tableaux ; Paysages et Marines. 4 ysag Autre vue pres du Rhin; une guinguette, plusieurs tentes
ViëNNE. — Deux vues des rives du Rhin, une grande affluence de monde. Au bord du fleuve, un château
VENTE PRINCE DE Conri. — Deux belles vues des envi- et plus loin, des barques marchandes. 505 florins. rons du Rhin, composées de fabriques, coteaux, bateaux, arbres | Deux autres vues du même genre, avec figures et barques et figures. Bois. 46 pouces sur 21. 864 livres. sur une rivière. 433 florins.
Une autre vue des environs du Rhin; à gauche un cava- VENTE BLONDEL DE GAGNY. — Une vue de Londres du côté lier, une femme, un enfant et un chien, par Pierre Wouwer- de la Tamise, avec chaloupe et bateaux décorés, de 43 pouces mans. Bois. 14 pouces sur 47. 446:livres sur 23. 190 livres.
DIRCK VAN BERGEN
Dirck Van Bergen, qu'on suppose être né à Harlem vers 1645, eut l'honneur d’avoir pour maitre le jeune
Adrien Van de Velde, Mais il fut aussi influencé par Berghem, et les méthodes des deux maîtres s’étant ainsi combinées dans son œuvre, il en sortit un peintre agréable, quoique dépourvu d'originalité réelle. Les détails sur sa vie nous manquent presque complétement : on sait cependant qu'il était à Londres vers 1675, et qu'après y avoir travaillé avec succès, il revint mourir dans sa ville natale en 1689. — Direk Van Bergen
peint avec délicatesse de petits animaux dans des paysages hollandais; ses tableaux sont bien éclairés :
sont coloris, tirant sur le roux, à de la chaleur et n’est pas sans charme; enfin— et ce ne serait pas là le moindre honneur de sa vie — Direk Van Bergen passe pour avoir peint quelquefois des animaux dans les paysages de l'illustre Hobbema.
LOUVRE. — Paysage et animaux. (1688.) — Un cheval laite Son nourrisson. — Deux vaches et un cheval dans un blanc, deux vaches et un mouton. paysage.
AMSTERDAM. — Le berger et son troupeau. — Le combat ROTTERDAM. — Paysage avec des vaches, des moutons et des bœufs. un cheval.
Musée Van DER Hoop, — Paysage boisé avec bes- VENTE LEROY DE SENNEVILLE. 1780. — Deux tableaux : tiauc. dans l’un, une paysanne assise tient une corbeille de. fruits ;
BERLIN. — Deux vaches avec une bergère qui allaite son | dans l’autre, une femme s'appuie sur les genoux d'un berger: enfant, — Une paysanne occupée à traire une vache. | des animaux enrichissent ces paysages. Ensemble, 1,100livr.
DRESDE. — Des ahimaux gardés par une jeune femme et | VENTE VAN HELSLEUTER. 1802. — Paysage avec des chauun enfant; — Des vaches et des chèvres dans une prairie. — mières et des animauæ. Prix : 298 francs. Une vache avec des chèvres et des moutons. VENTE RÉvIL (1855). — L'Abreuvoir, dessin en couleur.
FLORENCE. — Un troupeau gardé par une femme qui al- Prix : 100 francs.