‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 217 sur 239 · ABRAHAM STORK · texte numérisé non relu

ABRAHAM STORK

Excellent peintre de marines. Les Hollandais en font le plus grand cas, et ils ont bien raison. Le talent

d’agencer les lignes de sa composition, l'esprit de la touche, l’art de faire mouvoir ses petites figures et de

les grouper dans une foule, ou de les jeter çà et là sur la plage pour animer avec vraisemblance un port de

mer, un calme où une tempête, une bonne couleur, enfin, qui conserve son harmonie, malgré les localités de tons les plus variées, rien ne lui manque pour être légal, ou à peu près, de peintres qui sont plus fameux

que lui, tel que Bakhuisen et Guillaume Van de Velde le jeune. « On ne peut rien trouver de plus agréable,

3è ÉCOLE HOLLANDAISE.

dil Descamps, que son tableau qui représente l'entrée de Marlborough sur l'Amstel. On y voit une multitude

innombrable de vaisseaux, de bateaux décorés, chargés de personnages habillés selon leur rang et leur état. On est surpris du génie qui brille dans cette composition. »

On recherche beaucoup en Hollande les dessins de Stork, et plus d’une fois on les a pris pour des Van de Velde; cependant, dit Josi (dans ses Zritations de dessins), on peut les reconnaître à la hauteur des mâts de ses vaisseaux. Ses contours sont généralement à la plume ou au bistre, et ses lavis à l'encre de Chine. Quelques-uns de ses dessins ont été coloriés par Isaac Moucheron. Il a gravé à l’eau forte six petits ports de mer que nous déerivons ci-après. Abraham Slork, né à Amsterdam en 1650 selon Josi, en 1660 selon Lebrun plus probablement vers 1645, selon la juste observation de M. Bürger), mourut à Amsterdam en 1708, c’est du moins la date que donne Pilkington. Ce qui est certain, c’est qu'il florissait vers la fin du sièele, car on

trouve l'année 1689 marquée sur un tableau de lui, qui est dans la galerie de Dresde.

Eaux-fortes d'Abraham Stork. grand vaisseau à l'ancre, et dans le lointain quelques navires.

Ce sont des croquis tracés d'une pointe rapide et pleine de En haut de la droite on lit: 4, S. 63 millim. de haut feu, Elles sont, dit Bartsch, d'une si grande rareté, qu'on ne sur 87, les rencontre presque jamais, pas même dans les collections 5. Le Rivage. Au milieu, un Ture vu par le dos, debout les plus riches et les mieux assorties. près d'un tonneau, et parlant à un matelot. Sur le devant, à

1. L'Oriental. Planche ronde. Un Oriental, debout, de droite, un forçat assis sur des ballots. À gauche, un gentilprofil, et dirigé vers la droite, fait de la main gauche un | homme se promène avec une dame, et lui fait remarquer un este de conversation. Au fond, un vaisseau sur la mer. | piédestal sur lequel on lit les initiales 4. S., festonnées et à Diamètre, 49 millimètres | rebours. 63 millim. de haut sur 108.

2, Le Bateau. Un bateau à voiles, se dirigeant vers le de- Cette pièce a été attribuée par erreur à Ludolf Bakhuisen, vant à droite. Il est accompagné d’une nacelle vue sur la | 6. Le Port de mer. À droite un portique ruiné, et sur le gauche; dans le lointain un autre bateau à voiles, à droite un | devant un matelot assis. Un autre semble regarder un homme rivage où l'on remarque un grand arbre. 38 millim. de haut qui conduit un mulet chargé. Plusieurs vaisseaux sur la mer. sur 51. Le monogramme À. S. est écrit sur l'architecture du portique.

3. Les Trois peupliers. Large rivière sur la droite. Au | 96 millim. de haut, sur 135. bord, sur la gauche, un mur au dela duquel s'élèventtroispeu- | MusÉE D'AMSTERDAM. — Deux Marines. pliers plantés de file; un peu en avant s'élève une grande | Musée pe Rorrerpam.— Trois tableaux. Un port italien porte surmontée d'un fronton orné de statues ; sur la porte et son pendant, signés A. Stork, et une vue d'Amsterdam une figure, et deux autres le long du mur. #2 millim. de haut prise du bras de mer appelé l'Y. sur 67. | Musge Va per Hoop. — Deux marines, el une vue du

4. La Statue du cheral. À gauche un port de mer où lon | Dam et de l'ancien hôtel de ville d'Amsterdam. remarque un piédestal surmonté d'un groupe composé d’un GALERIE DE DRESDE. — Une vue d'Amsterdam. Une

cheval au galop et d'un homme qui le tient par la bride; au Marine

bas de ce piédestal, un escalier conduit à l’eau; au delà un Musée DE BErLix. — Une Marine.

RENIER BRAKENBURGH

Renier Brakenburgh, qui est né à Harlem vers 1649, passe pour avoir été élève du paysagiste Mommers,. I ne lui ressemble nullement. Selon toute apparence, il s’est formé en étudiant Van Ostade et aussi Jean Steen. Mais si Brakenburgh parait s'être inspiré quelquefois de ce dernier pour le choix des sujets et la naïveté comique des physionomies, il ne la point imité pour la couleur. Chez Brakenburgh, le coloris est toujours vigoureux et chaud, et, sous ce rapport, il se rapproche d’'Adrien Van Ostade. Si son dessin est souvent négligé, surtout dans les œuvres qu'il exécuta vers la fin de sa vie, il s’est du moins montré constamment spirituel : c’est le peintre de la santé et de la bonne humeur.

I est étrange que la biographie de Brakenburgh soit si peu connue. La date de sa naissance, telle que nous «la rappelons plus haut, n'est qu'approximative ; quant à sa mort, on sait qu'elle eut lieu à Harlem, en 1702. On assure aussi qu'il vendait facilement ses ouvrages, qu'il s'enrichit par une production active, et enfin —

mais ceci n'est peut-être pas exact — qu'il consacrait au plaisir tout le temps que lui laissait le travail. Quoi

qu'il en soit, Brakenburgh estun excellent peintre de mœurs. Ses paysanneries ont de la saveur, ses scènes

de la vie bourgeoise et galante en ont encore davantage. « Ses tableaux, dit Descamps , représentent des

assemblées... L'Amour est toujours de la partie avec le vin, mais rarement Si

st-il donné la peine de voiler

ces plaisirs autant qu'il convient à quelqu'un dont les ouvrages passent dans le publie et à la postérité. » Il est

vrai que Brakenburgh n’est pas toujours très-scrupuleux sur le choix de ses sujets ; mais quel que soit le

motif qui inspire son pince

A PADUIER oct

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