‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 226 sur 239 · JEAN VAN DE CAPE · texte numérisé non relu

JEAN VAN DE CAPE

marines, ef il s'en faut de peu qu'il ne l'ait égalé. Ses tableaux sont souvent pris pour ceux de Van de Velde,

I était le contemporain de Guillaume Van de Velde; il peignait comme lui des

surtout lorsqu'ils représentent des calmes. Is sont ordinairement grands, d'un ton fin, argenté, doux et ferme tout ensemble; ils sont très-remarquables par la tenue de l'ensemble, et rappellent assez la monotone harmonie des Van Goyen et des Salomon Ruvysdael, mais sans aucun voile de mélancolie. Les dessins de Capelle sont ordinairement des scènes d'hiver délicatement traitées à l'encre de Chine. Ils sont rares, et on les payait, du temps de Josi (1820), dix louis la pièce. Ce maitre a gravé deux Vues de rivières qui sont

très-rares. On ne sait absolument rien de sa vie.

FABRITIUS. Plusieurs peintres hollandais paraissent avoir porté ce nom. Le peu que l'on sait de Fabritius ou des Fabritius est fort embrouillé. I est parlé dans les vieux livres, notamment dans la Æaute École de Samuel Van Hoogstraten, d'un Karel Fabritius qui aurail péri à Delft, en 1654, dans l'explosion du magasin à poudre de celle ville; d'autre part, il existe au Musée de Francfort-sur-le-Mein deux tableaux signés l'un et l'autre Bernart Fabritius, et datés de 1650 et de 1669. Il y a done eu un peintre du prénom de Bernard, qui à survécu à l'explosion du magasin à poudre, et qui ne peut être confondu avee Karel. En troisième lieu, le continuateur du biographe Immerzeel, M. Kramm, cite un tableau signé : Martinus Fabritius, Frisyus inventor et pinæit, a 1617. Cela fait bien trois Fabritius hollandais.

Maintenant, ce qui est incontestable, c’est qu'il a existé un peintre très-fort, du nom de Fabritius, lequel à

peint un superbe portrait d'homme longtemps regardé et admiré comme un Rembrandt au Musée de Rotterdam.

Le savant conservateur de ce Musée, M. Lamme, y a découvert, en effet, le nom de Fabritius,

Scrit dans la pâte avec la hampe du pinceau, sous une fausse signature de Rembrandt qui, surajoutée longtemps après coup, a disparu au premier enlèvement des repeints. Le portrait ainsi restitué à un Fabritius représente, dit M. Bürger, « un homme du peuple, inculte et énergique, et très-fier dans sa rudesse; il esten buste court qui s'arrête au-dessous des épaules. Tête nue, vue de trois quarts. Cheveux très-bruns, drus et mal peignés, tombant en avalanche des deux côtés du visage. Un front bizarrement charpenté. Des arcades sourcilières

profondes, la bouche grossière, les lèvres fortes et mouvantes, petite moustache et petite mouche, le menton

carré et solide. La chemise, ouverte, laisse voir le cou et une poitrine velue; veste brun savoyard. Le fond,

nettoyé de ses repeints, estd'un verdâtre assez clair maintenant. » Nous n'avons point vu les Bernart Fabritius du Musée de Francfort, non plus que le Goliath de la collection Camberlyn, à Bruxelles; mais il parait certain, d'après le caractère commun à ces diverses peintures, que le faux Rembrandt du Musée de Rotterdam est de Bernard, et non de Karel. Mais Karel Fabritius passe pour avoir été le maître de Van der Meer de Delft; or il se trouve que la manière robuste, libre et franche de Van der Meer rappelle celle du portrait d'homme restitué à Bernard. I semblerait done en résulter, par induction, que Karel et Bernard auraient été l'un et l'autre des élèves de Rembrandt et auraient à peu près le même caractère, ayant Fun et l'autre puisé leurs enseignements à l’école de ce grand maitre.

Outre les tableaux dont nous venons de parler, il existe des Fabrilius dans la galerie Suermondt, à Aix-la- Chapelle, dans le musée de Brunswick, dans la galerie de Kristansborg, à Copenhague, et peut-être au Musée d'Amsterdam, s'il faut restituer à un Fabritius, sous la garantie de M. Bürger, /’Hérodiade attribuée à Drost. Ces renseignements sont ici à l'adresse de ceux qui voudront plus tard se reconnaitre dans cette biographie, jusqu'à présent impossible, des Fabritius. Reste que ce nom s'applique à des morceaux d'une qualité magistrale et qu'il a été porté par un où deux peintres très-mâles et qui mériteraient, comme dil

Brantôme, plus d'écriture

ANTOINE DELORME. Malgré la physionomie française de son nom, Delorme est hollandais comme Dujardin, mais on ne sait rien de lui, si ce n'est qu'il florissait vers 1650, et qu'il peignit avec une rare intelligence des intérieurs d'église ou d’édifices publies. Ces intérieurs, iles à rendus, non pas en architecte, mais en peintre. On ne sent pas chez lui, comme chez Peter Neefs, l'usage du compas et du tire-ligne. Sa

manière est plus large et ses tableaux sont erveloppés. On en voit très-rarement en France. Celui qui se trouve

à Paris, dans la précieuse collection de M. Viardot, représente la salle des pas-perdus de quelque hôtel de ville. Cette salle, soutenue par de lourdes colonnes, est éclairée par un lustre suspendu au centre, et dont la lumière allonge lesombres portées des figures (gentilhommes et paysans frisons), qui sont de la main d'Ochtervelt. Parmi ces personnages, l'on remarque un enfant qui paraît monté sur un cheval de bois, On Hit au premier plan, sur la base d'un pilier: A. De Lorme, 1660, le nom de De Lorme étant coupé en deux par l'angle saillant du pilier. Un autre lableau d'Antoine Delorme, représentant un intérieur d'église, s’est produit

iolles. On le trouvera

tout récemment (mars 1861) dans la vente après décès de M. le docteur Leroy d

décrit dans le catalogue de cette vente, où il a été adjugé au prix de 460 fr.

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