‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 225 sur 239 · LOUIS DE MONI · texte numérisé non relu

LOUIS DE MONI

Gérard Dow et le vieux Miéris étaient déjà morts depuis longtemps, lorsqu'un peintre médiocre, Louis de Moni, imagina de ressusciler leur manière et de se faire leur disciple posthume. Il ne réussit qu'à demi dans sa lentalive, mais il montra du moins, avec une certaine délicatesse de touche, beaucoup de soin et de patience. Né à Bréda, en 1698, Louis de Moni fut successivement élève de Van Kessel, d'Emmanuel Biset et de Philippe Van Dyck; il dut aussi compléter son éducation au cabinet de Gérard Dow, et plus d'une fois il emprunta à ce maitre les sujets qui avaient été la gloire de son savant pinceau. A son exemple, il peint volontiers des scènes familières et des tableaux de petite dimension, ne renfermant qu'une ou deux figures. Son faire est précieux, attentif au détail, mais étranger à la couleur, indifférent à l'expression. Son exécution révèle aussi quelque mollesse, et sous ce rapport, ce peintre est inférieur non-seulement aux maitres qu'il s’est efforcé d'imiler, mais même à Philippe Van Dyck.

Louis de Moni, qui s'était retiré à Leyde, y est mort le 15 septembre 1771. — Il ne paraît pas avoir laissé

d'élèves.

Louvre. — Scène familière. Une jeune fille, debout devant VENTE VAN DER Mark, 1773.— Une cuisine : on y voit une une fenêtre, tient un chat dans ses bras : à côté d’ellé, un servante avec un marchand de poisson. 400 florins.—Le pen- Jeune garçon joue avec un oiseau. dant du tableau précédent. 425 florms

AMSTERDAM. — La Jardinière. | VENTE PAUWELS. — Le Marchand de poisson. Deux ta-

LA Haye. — Une vicille femme et un jeune garçon (ATA2). bleaux formant pendant: S00 francs

\ IENNE, — Une servante ä? ne fenétre ouverte.

GÉRARD VAN SPAENDONCK

Bien que Gérard Van Spaendonck soit né à Tilborg, en Hollande, il aurait quelque droit de figurer parm les peintres de l’école française, puisqu'il a passé parmi nous la plus grande partie de sa vie. Après avoir suivi à Anvers les leçons de Herreyns, il vint à Paris à vingt-quatre ans, et obtint d'abord la survivance de peintre en miniature du roi, en 1774. A cette époque il ne peignait guère que des dessus de tabatières ; mais les fleurs qu'il exécutait à la gouache ou à l'aquarelle étaient d’une couleur si fraîche, d'un dessin si élégamment exact, que chacun voulut posséder une de ces petites merveilles. Van Spaendonek s'enhardit bientôt, et aborda, avec un succès égal, la peinture à l'huile. Dès 1791, l'Académie royale l'admit au nombre de ses membres, ef désormais il put prendre part, tous les deux ans, aux expositions du Louvre. Gérard Van Spaendonek n'eut point à se plaindre de la Révolution. En 1793, il fut nommé administrateur et professeur d'iconographie au Jardin des plantes, et il vil dès lors se presser autour de lui un grand nombre d'élèves.

Enfin, lors de la création de l'Académie des beaux-arts, il fut un des premiers appelés à l'honneur d'en

faire partie, et il y siégea. jusqu'à sa mort, @’est-à-dire jusqu'au 11 mai 1822. Quelques mois après, son éloge fut prononcé à l'Institut par le secrétaire perpétuel, M. Quatremère de Quiney. Quoique l'auteur de ce

discours académique ait peut-être dépassé la mesure en énumérant les mérites de Gérard Van Spaendonck,

el quoique le caprice changeant de la mode ait enlevé un peu de leur prix aux bouquets si finement dessinés par l'ancien peintre de Louis XVI, il est juste de dire que Van Spaendonck avait sérieusement étudié les fleurs, et que, sans avoir la largeur de pinceau de Rachel Ruisch, ou la coloration savante de Van Fuysum, il a su plus d'une fois comprendre la grâce de ses modèles, en exprimer l'éclat caressant et harmonieux. Les artistes modernes pratiquent aujourd'hui plus hardiment ce genre de peinture; ils voient ‘avant tout

dans la fleur un motif de décoration. Nous n'avons en aucune facon la pensée de discuter les libres audaces de leurs brillantes méthodes, mais nous croyons qu'on doit tenir compte aux peintres d'hier de leur précision exacte et savante, et nous estimons que le nom du palient Van Spaendonek termine honorablement

la glorieuse liste des maitres hollandais. Comment mieux finir que par un bouquet de fleurs l'histoire

de celte école, qui a été et qui restera si fameuse pour avoir tant el si naïvement aimé la simple nature ?

Louvre. — Des roses, des tulipes, des animaux, et d'autres VENTE DE GAssAY, 1807. — Vase contenant des roses, des fleurs dans un vase d'albâtre posé sur une table de marbre pavots, une branche de fleurs d'oranger, ete. 220 francs Au pied du vase, des châtaisnes, des pèches, des raisins | VENTE DE LA DUCHESSE DE RAGUSE. 1857. — Un vase de noirs et des ananas. Tableau exposé au Salon de 1789. fleurs. À gauche, une corbeille avec des roses ; à droite, nn CHATEAU DE SAINT-CLOUD — Des fleurs nid d'oiseau 2,450 francs.

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