‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 6 sur 239 · VENTE LAFONTAINE · texte numérisé non relu

VENTE LAFONTAINE

Ventre Héris (be BRUXELLES), Cascade, 1,070 fr. Vente carDiNaL Fescn, 14845. — Vue de Norvège; —

Village au bord d'un fleuve (effet d'orage).

Cuéré

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GERBRANT VAN EECKHOUT

NÉ EN 1621. — nonrT EN 1674

De tous les élèves ou imitateurs de Rembrandi, Gerbrandt van Eeckhout est celui qui a été le plus fidèle à la manière du maitre. Les autres, tels que Gérard Dow, Lievens, Bramer. Ferdinand Bol, Nicolas Maas, Ulrie Mayer, Paudits. Govaert Flinck, Samuel van Hoogstraten, Bernard Kiel. Drost, Arnould de Gueldre lui-même, sont sortis de l'atelier

de Rembrandt ou ont subi l'ascendant de son

génie, en sauvant

uelque lambeau d'originalité ;

mais Van Eeckhout lui a été si semblable. il s'est

si bien approprié la réalité de ses défauts et

l'apparence de ses qualités, que ses ouvrages ont

pu tromper souvent les yeux d’un novice. Quant aux

vrais amateurs, ils n'ont point de peine à faire une prompte distinction entre la froideur dissimulée du disciple et le souverain élan du maitre.

Eeckhout était le fils d'un orfèvre d'Amsterdam, et il était né dans cette ville le 49 août 4621. Il fu

des premiers qui allèrent à l'école de Rembrandt, et il n'en sortit qu'à la mort de son maitre'. Elevé dans une de ces monastiques cellules où Rembrandt avait casemalé chacun de ses élèves. Eeckhout fut inis, comme les autres, en présence de la nature; mais il ne sut la voir que par les yeux du grand peintre qui la Jui montrait. D'après les dessins que l'on trouve de lui dans les collections privées, sans parler

de ceux qui ont été si bien imités par Ploos van Amstel, on voit qu'en disciple docile, Eeckhout a

ise, accusant d'abord les grands plans, mettant à

resardé naïvement la nature et l’a rendue avec franch

leur place les principales ombres et ménageant les plus vives lumières, sans se perdre dans les accidents,

sans se noyer dans les demi-teintes. Procéder par masses et n’aller aux détails qu'après la charpente

bien établie de l'ensemble : c'est là le véritable secret de l’art de dessiner, et ce secret Van Eeckhou

tenait d’un des plus grands dessinateurs qui aient existé, si l'on prend ce mot dans

ens que les peintres y altachent et non dans son acceplion pédantesque. Pour Rembrandt, la couleur se confondait avec le clair-obseur, car il ne Lirait pas son effet, comme Rubens, du choix et du rapprochement des tons, de leurs heureuses dissonances, de leur solidarité, de leur accord, il le tirait seulement du jeu des rayons et des ombres. Les tons n'élaient guère pour lui que des valeurs *. Or, cette façon d'être impressionné par les miracles de la lumière, Rembrandt la communiquait à tous ses élèves, et tous en gardèrent quelque chose dans leur peinture; mais aucun n'entra plus avant dans la pensée du maitre que Gerbrandt Van Eeckhout. Au lieu de voir la nature diaprée de ces mille nuances qui eussent captivé l'admiration de Véronèse ou enchanté l'œil de Rubens, il s'accoutumait à la voir telle que le soleil la colore en l'éclairant, c'est-à-dire rd

ou s'évanouir à distance. [Il apprit aussi de Rembrandt l’art de concentrer l'intérêt par de grands sacri-

la fait avancer ou fuir, s’effacer dans l'ombre ou s'affirmer dans le clair, se préciser à proximité du reg

fices el celui de mettre en scène. Enfin, Van Eeckhout s'efforça de ressembler à son maitre et il lui ressembla par les apparences, par les procédés, par le costume ; mais il n’eut point son âme.

Ainsi élevé, le jeune peintre devait réussir principalement dans le portrait, chez un peuple qui ne voulait dans ces sortes de peintures qu'un accent de bonhomie et de vérité, une belle exécution, du relief, de la vie. Van Eeckhout débuta par le portrait de son père, et il le peignit avec {ant d'énergie,

rraphe, qu'il étonna Rembrandt lui-même. Toutefois, il ne voulut point se borner au

au dire de son bios ortrait, qui ne l'attirait que par le côté lucratif, et il se livra au genre historique choisissant à l'exemple de son maitre, les sujets de l'Écriture, qui du reste étaient fort soûtés en Hollande dans ce temps-là. Je rends au hasard une des compositions bibliques de Van Eeckhout, celle qui est gravée dans la Galerie

des Peintres flamands de Lebrun, Agar renvoyée par Abraham : ordonnance, l'encadrement, les

draperies, l'intention du geste, tout est pris à Rembrandt, tout est emprunté de cette belle eau-forte

ant recherchée par les amateurs, et qui représente la même scène. Mais quelle différence dans

‘expression! Combien cette expression est profonde chez le maitre et insuffisante chez le disciple ! Les )ersonnag I Rembrandt l'éprouvent, et leur pantomime vient du cœur. Celui-ci n’ajoute rien d'inutile, et il n'est pas

de Van <hout jouent la douleur ou la joie par une contenance étudiée; ceux de

d'accessoire qui, dans son tableau, ne réponde à une pensée ; celui-là multiplie les détails insignifiants,

f dans

et par exemple, au lieu de faire intervenir le chien du lo ce chien si intéressant el si expre

son mouvement d'hésitation entre Sarah et Agar, entre ic qui demeure et Ismaël qui s'en va. Eeckhout a placé en évidence, parmi des oiseaux de basse-cour, un paon ! Quant aux figures, elles sont dépourvues de caractère, et rien n'est moins vrai que cette observation de Descamps, qui semble parfois ürer au sort ses jugements sur les peintres hollandais : «Il surpassa tous ceux de son temps dans le rare talent de marquer les différents caractères des physionomies. »

Collection d'imitations de dessins des peintres hollunduis et flamands, commencée pu Ploos van Amstel, continuée par Josi.

Londres, 1821

e blanc que représente chaque ton de la palette. La jaune,

-dire qu'il joue un rôle plus brillant dans le clair-obseur

? On entend par valeur, en peinture, la somme de noire

étant plus clair que le bleu, a plus vale

action du ton local de chaque objet, pour ne voir dans ce

en traduisant une peinture, fe

RBRANT VAN EECKHOUT (1621) 3

[n'y a qu'un seul tableau d'Ecckhout au Musée du Louvre, Anne consacrant son fils au Seigneur et l'on y

retrouve le même défaut d'originalité, lamême timidité d'expression. Comme tous les imitateurs, celui-ci

s’est attaché aux choses secondaires ; il a introduit dans sa composition des accessoires voyants, des vases précieux, de riches draperies, des bestiaux, afin d'avoir l'occasion d'égayer son coloris par des localités de ton curieuses et variées; mais l’ensemble est froid, bien que la touche en soit habile, l'exécution généreuse et le clair-obseur plein d'harmonie, bien que la teinte générale soit chaude mordorée et charmante aux

veux. Il en est à peu près de même de l'Adoration des Mages, que nous avons vue au musée de La

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