‹ Histoire des peintres de toutes les écoles. Ecole hollandaiseChapitre 7 sur 239 · FUITE EN, ÉGYPTE · texte numérisé non relu

FUITE EN, ÉGYPTE

Haye ; le peintre s'y est ménagé ous les prétextes imaginables au luxe de la palette, mais il est resté,

sous le rapport du sentiment, bien loin encore, bien loin de son maitre.

Cependant, il est des peintures dont le principal mérite consiste dans la dextérité pratique et dans la finesse du rendu, pour peu que ces qualités soient jointes à une dose assez ordinaire d'observation et d'esprit. Ce sont les lableaux de scènes familières, et ceux que l’on appelait autrefois des Conversations. Van Eeckhout s'y est exercé et même s'y est complu, et l’on doit dire à sa louange que cette fois il n'a imité personne, ni l'erburg, ni Metsu, ni Mieris, et quil s'est contenté comme eux d'imiter la nature. Il nous souvient d'avoir vu à Londres une Partie de trictrac, peinte par Van Eeckhout, et remarquable par ce genre d'expression qui ne demande que la vigilance des yeux. On y voyail trois gentilshommes tout entiers à la partie : l’un d'eux agitant les dés dans le cornet, l’autre très intrigué de ce qui allait en sorlir, landis que le troisième appuyé sur le dos de sa chaise, et la pipe à la main, dévorait des yeux ses compagnons et le tablier d'ébène aux flèches d'ivoire. Rendue par le pinceau délicat de Terburg, avec la disünclion qui lui était propre, avec ces fines nuances qu'il savait démêler dans les choses les plus

simples, une pareille scène eût été, je l'avoue, d'un intérêt plus piquant et d'un goût plus fin, et Van

ï ÉCOLE HOLLANDAISE

Eeckhoul, malgré tout son talent, n'était guère dans son pelit tableau qu'à la hauteur de Karel de Moor.

« Les dessins d'Eeckhout, dit Josi dans ses Zmitations de dessins, ses figures surtout se reconnaissent au

premier coup d'œil, tant par la simplicité du sujet que par le pinceau large avec lequelils sont lavés. Il étudiait

et copiait la nature dans la vie ordinaire. Des figures isolées, assises ou couchées dans une posture naïve

exécutées de cette manière le plus souvent à l'encre brune, font partie de

et sont payés de dix à trente louis. Des maisons de paysans, des pays

vendent cinq à dix louis. » À ces rensc

gnements,

:s dessins les plus recherchés,

ges au bistre ou bien colorés se

qui sont tout à fait de sa compétence, Josi ajoute :

Van Eeckhout jouissait de peu de considération personnelle ; il est mort célibataire, et je ne trouve pas

qu'il ait eu des 6

èves. » D'après les auteurs hollandais, ce peintre mourut le 22 juillet 1674. A:l'ombre

du grand homme dont il fut l'habile imitateur, il s’est fait dans la peinture une certaine célébrité mais

de second ordre, car on peut le considérer comme un illustre élève, non comme un maitre.

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es dont

Van Eeckhout a gravé à l'eau-forte deux piè il est fait mention dans le Supplément au Catalogue di

Rembrandt, par Pierre Yver, et dans le Manuel des amateurs de l'Art, d'Huber et Rost

1. La première est ainsi décrite par Adam Bartsh, dans la seconde partie de son catalogue de l'œuvre de Rembrandt :

Le Portrait d’un jeune homme vu presque de protil.

I porte un bonnet à large bord, orné de pierreries. Sa main droite sort de dessous un grand manteau à rebord qui lui sert de vêtement, et sur son épaule gauche pend un cordon avec une houppe. Le fond est clair, et on lit à la hauteur du menton de la figure : G. V. D. Eeckhout et au-dessous : 1646. Six pouces de hauteur, sur quatre et demi de large. Elle est très rare, in-4°.

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