‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 128 sur 286 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

OBJECTIONS CONTRE LES CHRÉTIENS AU POINT DE VUE DU JU- DAÏSME, ET TRAITS GÉNÉRAUX DE LA SECTE ET DE LA PROPA- GANDE CHRÉTIENNES.

[Les objections viennent d'elles-mêmes contre les Uifs et les chrétiens. Mais ces derniers trouvent parmi is Juifs, desquels ils se sont séparés, leurs premiers t leurs plus ardents adversaires, et c'est un spectacle difiant que d'entendre les chefs de la famille, du haut e leurs traditions, gourmander leurs fils émancipés et ebelles, et reprocher au maître de l'apostasie et de la Bvblte ses insolentes et sacrilèges prétentions. Il nous laît donc de livrer les chrétiens, maître et disciples, ux objurgations irritées des aînés de leur race. Qui ourrait mieux connaître et confondre plus directement homme de Nazareth que les descendants de ceux qui nt vécu à ses côtés? Qui aurait meilleur titre pour ailler la crédulité de ses disciples que ceux dont les (ères ont su résister aux mêmes séductions? Écoutez lonc ce Juif qui a gardé intacte la foi de ses pères, et maginez qu'il interpelle d'abord Jésus ^]

Tu as commencé par te fabriquer une filiation merveilleuse en prétendant que tu devais ta naissance à

1. Nous proposons ce passage comme un Irès-Iarge à peu prêt», lous n'avons eu, pour récrire, aucune indication d'Origène, si ce n'est |u'il dit que Celse procède d'abord par une prosopopée et introduit un uif imaginaire qui s'adresse d'abord à Jésus et ensuite aux chrétiens, (ous donnons ce morceau comme une en-tôte possible de la prosopopée.

une vierge. ^ [Nous savons au juste ce qui en est.] Tu es originaire d'un petit hameau de la Judée, né d'une pauvre femme de la campagne qui vivait de son travail. Celle-ci, convaincue d'avoir conunis adultère avec un soldat nommé Panthéra ^, fut chassée par son mari qui était charpentier de son état. Expulsée de la sorte et errant çà et là ignominieusement, elle te mit au monde en secret. Plus tard, contraint par le dénûment à t'expatrier, tu te rendis en Egypte, y louas tes bras pour un salaire, et là, ayant appris quelques-uns de ces pouvoirs magiques dont se targuent les Égyptiens, tu revins dans ton pays, et enflé des merveilleux effets que tu savais produire, tu te proclamas Dieu*.

Ta mère peut-être était belle, et Dieu, dont la nature pourtant ne souffre pas qu'il s'abaisse à aimer les mortelles , voulut jouir de ses embrassements. Mais il répugne que Dieu ait aimé une femme qui n'avait ni fortune ni naissance royale comme ta mère, car personne même de ses voisins ne la connaissait. Et lorsque le charpentier se prit de haine pour elle et la renvoya,

1 . nXaaap.évou aùroS w ex Tuapôévcj •ysveaiv. — Le Jf*. de Paris, — ni Lomatzsch ni Migne n'en ayertissent, — porte '^éwyKrtv, fol. 61 trerfo.

2. Le ms. de Paris écrit : navôvipo;, et non Havdrtpa. — Il est question de ce Panthéra dans un curieux pamphlet juif relativement récent, où Juda est opposé à Jésus, comme Simon à Pierre dans les Clémentines. Cette pièce, intitulée To/cfo«-JescAu ou Todelbih-Jescà, a été publiée en hébreu et en latin par Wagenseil, dans un recueil qui a pour titre : Tela ignea Satanss, Altdorf, J681. 2 vol. petit in-4<*.

Les anciennes compilations juives font aussi mention de Panthéra. Ainsi on lit dans le Sabbat h t04, B : « Le fils de la Satada (Marie) était le ûls de Pandéra. v — Ibid. : « Quant au mari de la Satada, son amant était Pandéra ; mais son mari était Papos-ben-Johadan. » — De même au Talmud Jérusalem Abadas^ Sereth, cb. ix, p. 40 : cf Vint quelqu^un qui souffla au malade une formule de conjuration aa nom de Jesu, ûls de Pandéra, et le malade guérit. »

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