Cont. Ctls,, IV, Ik
3i2 LE DISCOURS VÉRITABLE.
crédules? — C'est lui prêter un mouvement de vanité tout humaine et Fassimilerà ces parvenus empressés de faire étalage de leurs richesses nouvelles *. Dieu n'a pas besoin pour lui-même d'être connu. C'est pour notre bien qu'il a voulu se faire connaître à nous, afin de sauver ceux qui ayant embrassé cette connaissance, seront devenus vertueux, et punir ceux qui l'ayant rejetée, auront découvert leur malice. Mais quoi? Doit-on croire qu'après, tant de siècles. Dieu s'est enfin souvenu de justifier les hommes, et qu'auparavant il n'en avait nul souci ^? Il paraît bien que c'est donner de Dieu une idée peu conforme à la sagesse et à la vraie piété. [La résurrection, le jugement, les peines et les supplices après la mort sont inventions de même force] et vain épouvantail destiné à effrayer les âmes faibles ^ comme les spectres et les fantômes qu'on fait paraître dans les mystères de Bacchus pour frapper l'imagination^. Tout cela est fondé sur de vieilles histoires mal comprises *. Ils ont entendu dire qu'après la révolution de longs siècles, le retour et la conjonction des astres, des embrasements et des déluges se produisent. Or^^ comme après le dernier cataclysme qui a eu lieu au temps de Deucalion, l'ordre et les vicissitudes des choses doivent amener un embrasement, ils se sont fondés là-dessus pour s'aviser de dire sans raison que Dieu devait descendre ici-bas armé de feu comme pour donner la question *.