‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 160 sur 286 · Cont Cels., 1V · texte numérisé non relu

Cont Cels., 1V

31 i LE DISCOURS VÉRITABLE.

[Juifs et chrétiens s'évertuent chacun de leur côté sur le divin messager ; les uns expliquent pourquoi il doit venir, les autres pourquoi il est déjà venu* .] « Le monde, disent les premiers, étant tout rempli de vices, il est nécessaire que Dieu y envoie quelqu'un afin que justice soit faite des méchants et que toute souillure soit nettoyée comme jadis par le premier déluge [et la destruction de la tour^. »] A quoi les Chrétiens ajoutent de leur côté : qu'à cause des péchés des Juifs, le fils de Dieu a été envoyé déjà, mais que ceux-ci l'ayant fait mourir et l'ayant abreuvé de fiel, ont attiré sur eux la colère divine*. [Y'a-t-il rien de plus étrange que ces discours, et de plus risible que cette espèce de débat?] Juifs et chrétiens ne font-ils pas bien l'effet d'une troupe de chauves-souris, de fourmis sortant de leurs trous, de grenouilles campées près d'un marais, ou de vers tenant assemblée dans le coin d'un bourbier * et disputant ensemble qui d'entre eux sont les plus grands pécheurs ? Ne semble-t-il pas qu'on entende ces bestioles dire entre elles : « C'est à nous que Dieu révèle et annonce d'avance toutes choses ; il n'a souci du monde entier ; il laisse les cieux et la terre rouler à l'aventure pour ne s'occuper que de nous seuls ; avec nous seuls,, il communique par ses messagers et ne cesse de nous en envoyer, uniquement désireux de lier société, avec nous. Il est [avant toutes choses] et nous venons après

1 . Restitution sur une indication très-explicite d'Origène. — Cont. Celi,, 20, init,

2. Cont, Cels., IV, 20. —Les derniers mots n'appartiennent pas à la citation mais sont indiqués dans le même paragraphe.

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