TROISIÈME Partie
celui-ci, il en vint, les uns disent un, les autres deux, pour annoncer aux femmes qu'il était ressuscité ; car le Fils de Dieu,à ce qu'il paraît, n'avait pas la force d'ouvrir tout seul son tombeau, mais il avait besoin qu'un autre vint déplacer la pierre*. Il vint encore un ange vers le charpentier, au sujet de la grossesse de Marie, et un autre encore pour les avertir de prendre l'enfant au plus vite et de se sauver. Et qu'est-il besoin de rechercher ici et de compter tous ceux qui furent, dit-on, envoyés à Moïse et à d'autres ? Si d'autres ont été envoyés, il suit qu'il a été envoyé par le même Dieu. Accordons même qu'il l'ait été pour un plus grand objet, comme à cause de quelque péché des Juifs, ou parce qu'ils corrompaient la religion, ou pour quelque autre attentat analogue. Car c'est ce que les chrétiens font entendre^.
Ainsi c'est un point si bien reçu qu'il n'est pas le seul qui ait été envoyé aux hommes, que ceux qui,
1 . ÀX>.* i^trM àXXou àiroxivridavToç ttiv irérpav. Sur ce mot on lit en note dans rédition de Berlin : Omnes Codd, rnss» Âttcxivvioovtcç, tome 19, page 12i. Or le manuscrit de Paris porte fort clairement àiroîttviaoavToç. — Plus loin, § 54, le môme éditeur écrit Etr* àiravTa û; ^cuXtrat et met en note : Sic recte omnino habent. Codd, Reg, et Basileensis, Or le Codex Regius, notre manuscrit porte très-clairement : tiT'àTcavTa eàurrô» œ; SouXtxai; fol. 216, recto,
2. Cont. Cels, V. 51. Ces dernières paroles depuis: Si d*autres ont été envoyés, sont prêtés par Spencer et la traduction de Bouhereau à Origène. Elles ont été rendues à Gelse par Lommatzsch et lui appartiennent évidemment, comme l'attestent le ityle, les expressions ^oxci- T(t>, ^Epé et le mot qui termine le passage rauTa ^àp aîviTTOvrai donné par le manuscrit de Paris et que Spencer a changé sans raison en raura '^àp aiviTTerai. — Aivirrovrai a évidemment pour sujet XptaTitxvoi sous-entendu. — Le manuscrit de Paris prolonge les guillemets jusqu'à la moitié de ce passage. — La répétition du mot Ao)C8iT(i> qui est au commencement du passage entier prouve bien encore une fois que ces derniers mots sont de Gelse. — Orjgène reprend à '^pxei {aiv cuv tk 7?poEipYiu.8ya.
33i LE. DISCOURS VÉRITABLE.
SOUS prétexte de la doctrine qui porte le nom de Jésus , ont abandonné le démiurge comme un Dieu plus faible et se sont attachés conmie à un Dieu supérieur au père de celui qui a été envoyé, ne laissent pas de dire qu'avant celui-là le démiurge en avait envoyé plusieurs parmi les hommes*.
Ils ont donc le même Dieu , les Juifs et eux. Ceux de la grande Église — àiub \ke-^akr^q 'ExxXr^aïaç — au moins le reconnaissent manifestement, et reçoivent pour véritables les traditions des Juifs sur Torigine et la formation du monde, les six jours et le septième où Dieu se reposa, le nom du premier homme, la suite et la généalogie de ses descendants, les querelles et les embûches des frères, l'entrée et rétablissement en Egypte et la fuite hors de ce pays^.
Il ne faut pas croire cependant que j'ignore que, parmi les chrétiens, les uns avouent qu'ils ont le même Dieu que les Juifs, tandis que les autres le nient, prétendant que celui qu'ils reçoivent et qui a envoyé son fils est un autre Dieu opposé au premier'.
Je connais bien d'autres divisions et bien d'autres sectes parmi eux, les SibyUistes, les Simoniens et parmi ceux-ci des Héléniens du nom d' Hélène ou d'Hélénos, leur maître, les Marcelliniens qui viennent de Marcellina, les Carpocratiens*, issus, ceux-ci de Salomé, ceux-là de Marianne , d'autres de Marthe ; les Marcionnites relevant de Marcion, d'autres encore imaginant, ceux-ci tel maître ou tel démon, ceux-là tel