‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 203 sur 286 · Cont, Ceh., VI · texte numérisé non relu

Cont, Ceh., VI

3o6 LE DISCOURS VÉRITABLE.

Dieu, ils donnent prise aussi à la critique ' ;] car comment pourrait-on faire voir qu'un honame qui a souffert le supplice qu'on sait, soit le fils d'un Dieu, si ses souffrances n'avaient pas été prédites * ? [Au reste quoi de plus étrange que d'introduire ici deux Dieux, le Dieu Juste et le Dieu Bon, et de leur donner à chacun un fils qu'ils envoient sur la terre, et de mettre aux prises les pères et à leur défaut les fils, conmie des cailles de combat, car les pères, vieux, cassés et radotants, ne se battent plus eux-mêmes et laissent faire pour eux leurs enfants * !]

Mais si l'esprit divin était en effet descendu dans un homme, il fallait que celui-ci se fit remarquer entre tous les autres par la taille, la beauté, la force, la majesté, la voix et l'éloquence. Car il n'est pas possible que celui qui portait particulièrement en soi la vertu divine ne se distinguât en rien du reste des hommes. Or, celui-ci n'avait rien de plus que les autres. Et même, comme ils le disent eux-mêmes, il était petit, laid et sans noblesse *. Bien plus, si, comme le Zeus de la comédie se réveillant d'un long sommeil, Dieu voulut délivrer le genre humain de ses maux, pourquoi a t-il envoyé Tesprit que vous dites dans un seul petit coin du monde ? Il lui fallait souffler en même temps son esprit dans un grand nombre de corps et

1 . Nous proposons de restituer ainsi deux lacunes sur le» indications d'Origène, VI, 74. init. — 11 nous semble que cette restituUon, d'après le contexte et ce qu'on sait du système de Marcion est un i peu près très-vraisemblable.

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