TROISIÈME PARTIE. 3o
en accordant que le fils de Dieu soit un esprit envoyé par Dieu dans un corps humain, il ne suit pas que le fils de Dieu pût être immortel. [Plusieurs d'entre eux déjà n'admettent pas que Dieu soit esprit et réservent cette qualité à son fils *.] Mais il n'est pas d'esprit qui soit de nature à durer éternellement. Il eut donc été nécessaire que Dieu lui donnât de nouveau l'esprit, et il suit de là que Jésus ne put ressusciter avec son corps, car Dieu n'aurait pas repris l'esprit qu'il avait donné, souillé qu'il avait été au contact du corps '.
[Faut-il parler de ce qu'ils racontent, et peut-on concevoir un Dieu qui naît, ime vierge qui l'enfante, et le reste ?^] Si Dieu voulait, en effet, envoyer ici-bas son propre esprit, qu'avait-il besoin de souffler dans les flancs d'une femme? Il savait déjà l'art de fabriquer des hommes et pouvait former un corps pour loger son esprit, sans le faire passer par un lieu si plein de souillures. De la sorte, en le faisant descendre tout d'un coup d'en haut, il eut été au-devant de l'incrédulité^.
[Il est vrai qu'il en est parmi eux qui ne disent pas autre chose, et le font comme venir du ciel en terre, sans admettre la conception virginale, l'embarras de la naissance et des premières années ; mais quand ceuxci ajoutent qu'il n'est pas celui que les prophètes ont prédit, mais un autre plus grand et fils d'un plus grand
1. Restitution sur une indication d'Origène. — Cont, Cels., VI, 72.
2. Cont. Ceh,, VI, 72. — Ce passage n'est pas sans embarras ni obscurité. Jl nous semble que Celse veut dire que si Jésus portait dans son corps l'esprit divin, cet esprit s'étant exhalé quand il mourut, il fallait que Dieu lui inspirai de nouveau son esprit (tb àvaTrsirvguxevai), car le même ne pouvait revenir dans le môme corps, Dieu ne pouvant le recueillir et le rendre apn^'s le contact du corps qui l'avait souillé.
3. Restitution d'après une indication d'Origène. VI, 73, init,