TROISIÈME PARTIE. 36S
se promettent de voir Dieu des yeux du corps, d'entendre sa voix de leurs oreiUes et de le toucher de leurs mains *. [Mais si vous voulez des dieux de forme humaine, des dieux qui se laissent voir clairement et sans illusion, allez donc aux sanctuaires de Trophonios, d'Amphiaraos et de Mopse. Là vous pourrez vous satisfaire ^.] Vous y verrez les dieux [que vous souhaitez,] non pour une fois et en passant, comme vous avez vu celui qui a fait de vous ses dupes ^ mais d'une façon permanente : vous ytrouverez des dieux qui sont toujours là pour ceux qui veulent converser avec eux ^.
— Mais ils demanderont encore ^ coimnent, si Dieu échappe à leurs sens, ils pourront le connaître, comment on peut rien connaître sans le secours des sens? — C'est là la parole non d'un homme ni de Tàme, mais de la chair. Qu'ils écoutent cependant, s'ils sont capables de comprendre, bas et charnels comme ils sont. Si, imposant silence aux sens, vous portez votre esprit en haut^ et que, vous étant arrachés à la chair, vousréveiQez les yeux de l'âme ^, alors seulement vous verrez
1 . Le manuscrit de Paris porte : 5^ta6at et àxcua^ffdoii et <j;auciv. Il paraît légitime de corriger avec les éditeurs «l^auastv.
2. Phrase intercalée d'après des indications assez explicites d^Origène. — Cont, Cels., VII, 35.
3. Tout ce morceau est évidemment ironique, comme Origène, qui l'a raccourci, le remarque lui-même. — Cont, CeU.y Vil, 35.
4. Le ms. de Paris èpTnaovrat et non comme écrivent Spencer et Lommatzsch eîpviaovTai.
5. Le manuscrit de Paris porte en première écriture àvaêXwj'awTiç ; une correction postérieure a changé les dernières syllabes et donné àvaêXsiJ/rjTs. Le sens, du reste, ne varie pas^ d'une leçon à Tautre,
G,jCotu, Cels., Vil, 26. — Nous suivons la leçon du manuscrit de Paris : ^uxvi; Ô90aXu.cù; i'^ii^nrt que les éditeurs ont changée on ne sait pourquoi en 09d%Xp.ôv tov tt.; <|>ux'^« Eittpv^ri, ce qui, du reste, ne change rien au sens.
Dieu*. Et si vous cherchez un bon guide, il vous faut tout d'abord fuir les imposteurs et les goètes, et les introducteurs d'idoles, afin d'éviter cet excès de ridicule de blasphémer comme des idoles les autres dieux qu'on vous montre, pendant que vous adorez ce personnage plus misérable que les idoles mêmes*, que dis-je, inférieur à toute idole, un pur mort, et que vous lui cherchez un père qui lui ressemble^.
[Et c'est peu de ces deux] . Le même charlatanisme de vos merveilleux directeurs vous dicte des formules divines au Lion, à TAmphibie, au démon à tête d'âne, et à tous ces autres gardeurs de portes célestes * dont vous apprenez misérablement les noms, pour n'en tirer d'autre fruit, malheureux que vous êtes, que d'être cruellement maltraités et d'être mis en croix*.
[Enfin, voulez-vous de bons guides? Adressez-vous aux anciens poètes divinement inspirés, aux sages, aux philosophes et à Platon, le maître le plus capable de vous éclairer en ces matières®. 11 écrit dans son Timée: « Quant à l'univers, que nous appelons ciel ou monde, ou de tout autre nom, il faut d'abord, comme pour toute
1. Cf. Maxime de Tyr. Diss. XVII, 10, 11. B. G. Fimin-Didot, p. G8.
2. Nous gardons la leçon àurûv du n». de Paris que Hœsehel a changé en àurcv.