QUATRIÈME PARTIE
[Et ne pouvons-nous pas parlera bon droit de la puissance merveilleuse des dieux, du bien qu'ils ont fait et des services qu'ils ont rendus en tant de circonstances, soit à des cités, soit à des particuliers *.] A quoi bon lappeler toutes les prédictions de prophètes et de prophétesses et d'autres personnes, hommes ou femmes, saintement possédés de Dieu ? Combien de paroles merveilleuses sorties du sanctuaire ? Combien de choses les immolations et les sacrifices ont révélées à ceux qui y ont eu recours ? Combien ont été découvertes par d'autres signes miraculeux? Combien de personnes îont encore favorisées d'apparitions qui les éclairent ! l n'est pas de vie d'homme où cela ne se rencontre, îombien de cités ont été relevées, combien délivrées de B peste ou de la famine, grâce aux oracles! Combien, iour les avoir méprisés ou négligés, ont péri miséra- Dlement ! Par les oracles encore combien de colonies Dnt été fondées, et, .pour leur avoir obéi, sont devenues florissantes ! Combien de princes, combien de particuliers ont vu leur situation devenir meilleure ou pire selon le cas qu'ils en ont fait ! Combien de personnes, désolées de n'avoir pas d'enfants, ont vu par eux combler leurs vœux! Combien ont pu éviter la colère des démons! Que de paralytiques guéris! Et, d'un autre côté, combien, pour avoir violé le respect dû aux sanctuaires, ont été immédiatement punis ! Les uns ont été frappés sur l'heure de démence ; les autres ont révélé eux-mêmes leurs propres crimes ; ceux-ci se sont tués de leurs mains ; ceux-là ont été saisis de
1. Phrase nécessaire, sembie-t-il, pour la transition et renchainoment des idées.
maladies incurables. Parfois même on en a vu qu'a foudroyés une voix redoutable partie du fond du sanctuaire*.
[Les chrétiens montrent une fenneté invincible dans leurs croyances et un attachement inébranlable à les garder. Et plusieurs estiment que cette obstination se mesure mal à la valeur réelle des opinions. Mais avant eux et en dehors d'eux, n'a-t-on point vu d'âmes aussi constantes et aussi fermes, aussi dédaigneuses du péril, faisant aussi bon marché de la vie, et la donnant aussi aisément pour sauver leur conscience? Sont-ils les premiers et les seuls qui aient prétendu sauver leur vie en en faisant librement le sacrifice ? N'a-t-on pas vu de pareils exemples de foi vigoureuse, de croyances religieuses et de convictions raisonnées que nulle espérance ou nulle crainte ne pouvait fléchir?
La source de cette fermeté invincible c'est chez eux la foi en la vie future, heureuse pour les bons et malheureuse pour les méchants. Or ce dogme de l'immortalité de l'âme, des récompenses et des châtiments justement dispensés au delà de la vie. Font-ils donc inventé ? Nos sages, nos philosophes et ceux qui président à nos mystères l'enseignent aussi bien qu'eux*.]
Absolument comme toi, mon bon ami, qui crois aux châtiments étemels, les exégètes, les télestes et les mystagogues de nos mystères y croient aussi. Comme
1. Cont, Cela. VITI, 45. — Le texte du ms. de Paris, dans oe passage, présente quelques légères fautes du copiste : itirov pour "îrpoewrov, irapian pour irapiarin et foxov pour a^^Ti;. — Cette dernière leçon, c'(7xov, est très- défendable.
2. Nous restituons ici ces deux paragraphes, dont le premier est indiqué par Origène dans un résumé : § 48, tiiii, et dont l'autre est nécessaire pour la suite des idées.