Vit. ApolL, IV
En Thessalie, il fit rétablir les sacrifices dus au tombeau d'Achille, visita tous les oracles, suivi des prêtres et de ses disciples. « Sa parole était comme une coupe toujours pleine, à laquelle on était libre devenir étancher sa soif ' . » Il prédit la. vaine tentative de Néron pour percer l'isthme de Corinthe, et délivra Ménippe, disciple de Démétrius, d'une empuse gui avait pris la forme d'une fenune pour se faire aimer de lui. A Olympie, il s'écria devant la statue de Zeus : « Salut, A bon Zeus ! Votre bonté est si grande que vous daignez tous communiquer aux hommes ; » et, comme un jeune présomptueux avait écrit l'éloge de ce Dieu, il lui remontra qu'un pareil sujet passait les forces humaines.
A Lacédémone, où il s'était rendu, l'enthousiasme était tel qu'on parlait de lui décerner les honneurs divins. Apollonius, pour éviter l'envie, détourna les Lacédémoniens de rien faire de semblable^. Là aussi, il abondait en sages leçons sur la manière d'honorer les dieux et de vivre avec dignité. Une vision le porta à se rendre en Crète. Il y visita les lieux consacrés, et donna une preuve de seconde vue.
De Crète, il s'embarqua pour Rome. Les philosophes étaient alors suspects de magie et poursuivis. On engar geait Apollonius à ne pas s'exposer à un danger cer^ tain. Il dédaigna les avertissements, laissa s'éloigner ceux de ses disciples qui eurent peur. De trente-quatre, huit seulement restèrent auprès de lui, prêts à mourir avec lui pour la philosophie '. Le lendemain de son arrivée, Apollonius est mandé par le consul Télésinus;