‹ Histoire des persécutions de l'église;Chapitre 254 sur 286 · VU, Apoll., IV · texte numérisé non relu

VU, Apoll., IV

mort de Yindex, la fuite de Néron et la guerre civile commencée. Un enfant à trois têtes étant né à Syracuse, il annonça que ce prodige signifiait que trois princes allaient se succéder qui ne régneraient pas plus que des rois de théâtre. S'entretenant d'Ésope, il disait que. ses fables valaient bien mieux que les récits qu'on fait sur les dieux et les demi-dieux, lesquels sont pleins d'impiété et propres à corrompre les âmes. /

De Sicile, il se rendit en Grèce, passa l'hiver à visiter tous les temples, adressant ça et là aux villes des éloges et des instructions. En quittant la Sicile, il avait pris terre à Leucade et avait dît : « Changeons de navire ; il ne nous serait pas bon de naviguer sur celui-là. » A Rhodes, îl vit le Colosse, et comme Damis lui demandait s'il connaissait quelque chose de plus grand que cette statue : « Oui, dit-il, c'est un homme qui est philosophe sainement et de bonne foi. »

Enfin il arriva à Alexandrie. Les Égyptiens le désiraient vivement, et lui firent cortège à son arrivée. Comme il s'avançait dans le pays, il rencontra douze brigands que l'on menait à la mort. « L'un d'eux n'est pas coupable, dit-U, ne vous pressez pas de l'exécuter. » Et, en effet, l'ordre arriva à temps de l'épargner.

Dans les temples, il instruit les prêtres ; du haut du temple, il reproche à la foule son goût immodéré pour les jeux de l'hippodrome.

Yespasien étant arrivé à Alexandrie, vint trouver Apollonius et eut avec lui et deux autres philosophes, Dion et Euphrate, un long entretien politique. Apollonius lui annonça que le temple de Jupiter Capitolin avait été détruit ; et dans cette conférence, Euphrate et Dion défendant les anciennes institutions et deman-

dant à Vespasien de les rétablir, Apollonius soutint la cause de l'empire, seul régime acconmiodé, selon lui, à la condition du temps. « Pour moi, dit-il, tous les gouvernements sont indifférents, car je ne relève que de Dieu ; mais je ne veux pas que le bétail humain périsse, faute d'un bon et fidèle pasteur ^ » Pour ce qui est de la pratique du pouvoir, Apollonius conseille à Vespasien de secourir les indigents, de laisser les riches jouir en paix de ce qu'ils possèdent, de craindre le pouvoir absolu, de respecter surtout les dieux. C'est à cette occasion que commença Finimitié d'Euphrate et d'Apollonius.

Après être resté assez longtemps à Alexandrie, il y laissa Euphrate et plusieurs de ses disciples qui ne se sentirent pas assez aguerris pour l'accompagner, et avec dix seulement, il se dirigea vers la Haute-Egypte. Ils visitaient partout les temples et les sanctuaires ; « partout ils écoutaient et faisaient entendre des discours sacrés, et le bateau sur lequel était monté Apollonius ressemblait aune théorie^. »

Arrivé en Egypte, Apollonius se dirigea avec ses disciples vers le lieu consacré à Memnon. En route, il s'adjoignit et reçut dans sa troupe un jeune batelier du Nil nommé Timasion, dont il connaissait la pureté. « Il est sage, disait-il à ses amis, de respecter tous les dieux, même les dieux inconnus. » Après avoir visité la statue pariante de Memnon et sacrifié au Soleil Éthiopien et à Memnon Oriental, il se rendit à la colline des gymnosophistes ; auparavant, il avait rencontré un habitant de Memphis, exilé pour avoir commis un

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