vu. Apoll., VII, i
Quand il fut en présence de Domitien : « Élien, dit celui-ci, c'est un démon que vous m'amenez -là. » Minerve, dit Apollonius, qui délivra Diomède du brouillard qui oflEusquait ses yeux, ne vous a pas encore purifié, puisque vous confondez les dieux et les hommes. — Et toi, quand as-tu eu les yeux délivrés de ce brouillard?
— C'est depuis que j'ai conmiencé à philosopher. » Et Apollonius fait l'éloge de Nerva et de ses amis, <( hommes modérés, ennemis des richesses, un peu indolents, à faire même ce qui est'permis. — Eux aussi sans doute, répond Domitien, diraient de toi que tu n'es ni un magicien, ni un audacieux, ni un fanfaron, ni un homme avide de richesses, ni un contempteur des lois. » Domitien, sans laisser Apollonius faire son apologie, lui fait subir d'odieux traitements. On l'enchaîne, on lui coupe la barbe et les cheveux ; en même temps on l'invite ironiquement à se dérobeï par un prodige. « Je resterai, dit Apollonius, et soufirirai tout ce qu'il vous plaira pour justifier les innocents. » — Et qui te justifiera toi même? — Le temps, Tinspiration des dieux et l'amour de la sagesse qui m'anime*.
c( Que va-t-on faire de nous, dit Damis dans la prison.
— Ce qu'on a fait jusqu'ici et rien de plus; car nous ne serons pas mis à mort. » — Et il lui montre qu'il ne tient qu'à lui de s'échapper. En disant cela, il tira sa jambe des fers, et l'y remit, a Je reconnus à ce signe, dit Damis, qu'il était d'une nature supérieure à l'humanité. »
On le remit ensuite avec les autres prisonniers, qui le [reçurent avec les sentiments que des enfants ont