Lucien, Démonax
de mes offrandes ; quant aux mystères, il répondait que s'ils étaient contraires à rhonïiêteté, il ne pourrait se défendre d'en détourner les hommes, et que, s'ils étaient purs, il les divulguerait de même par amour de l'humanité*. L'accusation d'impiété et d'athéisme était vulgairement dirigée contre les épicuriens^.
Pour le vulgaire ignorant, qui n'entre pas dans le fond et dans la fin des choses et aime en général les distinctions tranchées, les philosophes étaient rangés en deux classes : les incrédules et les magiciens^. C'étaient les deux extrêmes, si l'on peut dire ; mais de l'un à l'autre il y avait bien des nuances et des degrés. Il paraît incontestable cependant que les philosophes théologiens inclinaient à admettre la réalité des manifestations et l'intervention efficace de puissances supranaturelles dans l'univers et dans les choses humaines ; tandis que les épicuriens niaient plus ou moins décidément les apparitions, les prodiges, la vertu des oracles et des songes, et enseignaient que la nature se suffit à elle-même et se maintient toute seule dans un ordre constant et invariable. C'est une chose étrange