Lucien, Alexand
LES PHILOSOPHES ET LES CHRÉTIENS. iSl
qiiée^ Les fidèles d'Alexandre-Glycon à Bmne n'appartenaient pas aux classes infimes de la société, mais étaient considérables par lafortune, le rangetle crédit*-'. Bien plus, il semble que l'État ait passé sous les fourches de l'imposteur à la mode. Lors de la formidable poussée de barbares qui eut lieu en Pannonie entre 169 et 171 , et dans la crise suprême qui paraissait menacer l'empire, Marc-Aurèle fit appel, dit-on, à tous les ikes étrangers* Alexandre fut-il alors consulté officiellement? Rutilianus qui avait ses entrées à la Cour et était peut-être à ce moment même aiqprès de l'empereur comme légat consulaire de la Mésie Supérieure, à la tête des troupes de cette province, affolé de llioname divin, pirtï conseiller d'avoir recours à l'oracle. Ce qui est certain, c'est qu'Alexandre fit alors parler s(m serpent Glycon, et prescrivit de jeter dans le Danube deux lions vivants avec une grande quantité d'aromates, et d'offrir des sacrifices solennels. Ces rites ordonnés furent accomplis. Un des tambours sculptés de la colonne Antonine, voisin de celui qui porte l'image colossale du Jupiter Pluvius évoqué lui aussi, suivant Dion Cassius, par l'art d'un magicien d'Egypte attaché à l'armée de Marc-Aurèle', garde la preuve visible de la facilité avec laquelle l'État, au moins dans les circonstances critiques, s'adressait aux cultes
1. Qui novas et usu vel ralione incognitas religiooes inducunt, ex qnibas animi hominum moveantur, honestiores deportantur, humiliores capite puniuntur. — Julii Pauli, Receptœsent.^ V, lit. xxi, 1. 2.
2. Lucien, Alexand, : Ol pifv aÙTOi lOvTtç, ol ^à icépLircvri; xat pbàXiora ol ^tivarûrSTOi xat {i,tf lorcv àÇto>pt.gi fv t*^ iroAft iiomç. — 30. — '^ Tmv . fv T'^ auXY) Tcù; ffXei'arcu; ^isdop6êYi<jev, i\ aÙTixo, xai àuTol 'hi^ti" pvTO «xoùaat ti tûv xad àOrcOç. — 31.