XIV AVANT-PROPOS
Quand Celse écrivit son livre de polémique les chrétiens formaient dans l'empire romain une infime minorité. Ils étaient de ceux que dans un État régulier on flétrit du nom de déclassés. Toutes les forces vives de la société étaient liguées contre eux. Cependant le philosophe, qui voyait les choses de haut, leur offrait la paix, bien plus, semblait la leur demander. Deux siècles plus tard les rôles étaient retournés. Les chrétiens avaient pour eux le droit écrit, la force et le patronage des chefs de l'empire. Le paganisme était suspect, proscrit, réduit à se cacher, et ses défenseurs en Orient et en Occident, pour sauver ses restes misérables, invoquaient les grands souvenirs d'autrefois, ou employaient [des arguments d'esthétique.
Libanius demandait grâce pour la beauté des marbres sacrés et vainement écrivait son Génie du Paganistne. L'art et la poésie, dont on se souciait peu, ne pouvaient soutenir Ce (Jue la foi avait dès longtemps abandonné. La révolutioil ^tait faite* Les sociétés modernes en sont sorties j pétries si l'on iJeut dire par l'esprit chrétien; Cet ësî)rit n'est pas Seulement la fornie t)artii3ulière de nos sofciétéâ, il eèt Tàine inênje de la civilisation.