‹ Histoire des persécutions pendant les deux premiers sièclesChapitre 15 sur 35 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SOMMAiRB. — I. Lbs chrétiens sous les premiers Flavibhs. — Sympathies de Yespasien et de TUus pour les Juifs. — Chrétiens confondus avec eux. — Paix dont ils jouissent. — Leurs cimetières. — Naissance de l'art chrétien. — CooTersion de la branche atnée des Flayiens. — T. Flavius Sabinus. — T. Flavius Clemens et Flavia Domililla. — Adoption de leurs fils par Domitien. — II. La condamiiatio!! de Flavius Clemens et des deux DOMrriLLES. — Heureux commencements de Domitien. — Dépenses excessives. — Tyrannie. — I^vée rigoureuse de l'impôt juif du didrachme. — Refus des chrétiens de le payer. — Persécution. — Flavius Clemens dénoncé comme chrétien. — Flavius Clemens condamné à mort et Flavia Domitilla reléguée à Pandataria. — Texte de Dion. — Sens des mots « athéisme » et < coutumes juives ». — Une seconde Flavia Domitilla, nièce de Clemens, reléguée à Pontla. — Textes d'Eusèbe et de saint Jérôme. — Autres martyrs dans l'aristocratie romaine. — Acillus Glabrio. — III. Là persécution de Domitien. — Son extension hors de Rome. — Renseignements donnés par VApocalypse de saint Jean, — par les Actes de saint Ignace, — par la lettre de Pline à Trajan. — Violence de la persécution à Rome : lettre de saint Clément. — IV. La FIN DE Domitien et l'avénement de Nerva. — La persécution atteint à Rome des gens du peuple. — Texte de Juvénal. — Descendants chrétiens de David dénoncés, et amenés de Judée. — Ils se justifient devant Domitien. — Domitien suspend la persécution. — Il meurt assassiné. — Erreur d'historiens modernes qui font entrer les chrétiens dans le complot. — Fidélité politique des chrétiens. — Prières liturgiques pour l'empereur à la fin du règne de Domitien. — Avènement de Nerva. — Tolérance religieuse. — Rappel des exilés.

Les chrétiens sous les premiers Flaviens.

Cependant^ à mesure que les regards du pouvoir se détournèreut des chrétiens, et que la révolte de 66, terminée par la victoire de Titus et la ruine de la nationalité judaïque, ne fut plus qu'un souvenir, la confusion deux fois dissipée se rétablit d'elle-même. PTayant rien à craindre des uns ni des autres, les Ro-

mains s^habituèrent de nouveau à considérer les chrétiens et les Juifs comme des frères, ennemis sans doute, mais cependant issus de la même souche et menant à peu près la même vie. Dès 70, si Ton en croit Sulpice Sévère reproduisant un passage perdu de Tacite, Titus et le conseil de guerre rassemblé autour de lui au moment de donner à Jérusalem le dernier assaut parlaient des adhérents du mosaïsme et des disciples du Christ comme de deux branches d'un seul tronc, tout en reconnaissant Topposition des deux cultes. « Titus et une partie de ses officiers estimaient qu^il fallait avant tout détruire le temple, afin d'abolir entièrement la religion des Juifs et des chrétiens; car ces deux religions, quoique contraires entre elles, avaient des auteurs communs : les chrétiens venaient des Juifis : la racine extirpée, le rejeton périrait bientôt (1). »

Dans ces paroles résonne encore un accent de colère : mais Tàme naturellement clémente de Titus devait promptement s'adoucir. Lui qui avait ordonné l'incendie du temple, fit ensuite de vains efforts pour arrêter les flammes qui dévoraient le splendide monument (2). De même, la guerre finie, satisfait de sa

(1) Fertur Tilus adhibilo consilio prius délibérasse... at contra alii et Titas ipse everlenduin tcmplum in primis censebanl, quo plenios Judœorum et chrUtianorum religio loUerctur ; quippe bas religioaes, licet contrarias sibi, iisdem auctoribus profeclas : christianos ex Judœis extitisse : radice sublata, stirpem facile périt uraro. Sulpice SéTîre, Chron,, II, 30; cf. Josèphe, De BeVo Judaico, VI, 4; Léon Renier, dans Mémoires de l'Académie des inscriptions, t. XXVI (1867), p. 269-321; Bernays, Ueber die Chronih d. Sulpic, Scvcr., p. 57.

(2) Josèphe, De Bello Judaico, VII, 24-26.

victoire et de rélévation de sa famille au trône, il oublia le désir un instant manifesté de voir périr les deux religions monothéistes. Ses sympathies semblent, au contraire, le porter vers les Juifs. Hérode Agrippa II continue de régner en Galilée et de vivre à Rome à la cour des Flaviens, moins comme un vassal que comme un familier et un ami. Ses sœurs Drusille et Bérénice habitent Rome : Bérénice y donne le ton, y règle la mode, étonne la société romaine par son faste et sa délicatesse, aime Titus et en est aimée. Josèphe écrit sous les yeux du vainqueur de Jérusalem, et presque avec sa collaboration, son livre de la Guerre des Juifs, qui est à la fois le cri suprême du patriotisme expirant et la glorification des aigles romaines. Les deux premiers Flaviens, Vespasien (69-79) et Titus (79-81), sont entourés d'une petite cour juive, aimable, spirituelle, dévouée, assez sceptique pour ne pas garder rancune, assez juive encore, cependant, pour mêler aux mœurs romaines adoptées avec tout leur abandon et tout leur luxe, la pratique des rites et la solennelle observation des fêtes mosaïques (1). La seule charge imposée aux Juifs vaincus est Timpôt du didrachme ; encore cet impôt n'est-il pas une taxe nouvelle, il reçoit seulement une autre destination, et sera désormais payé au Capitole au lieu de Têtre comme autre-

(t) Perse, V, iSO; Josèphe, De Bello Judaico, II, 15, 16; Talmad de Babylone, Stteca, 27 a; Pesachim, 107 b; Derenbourg, Essai sur rhistoire et la géographie de la Palestine d'après les Talmuds, 1867, p. 253, 290, notes.

fois au temple (1). En un mot, la colonie juive, accrue des milliers de captifs que la victoire de Titus a jetés en Italie, est plus nombreuse et plus inQuente que jamais dans Rome : elle a obtenu sans peine la faveur de la nouvelle dynastie : Vespasien pourrait-il oublier que c'est un Juif, Tibère Alexandre, qui Ta, le premier, proclamé Auguste à Alexandrie, et a reçu en son nom le serment des légions (2)?

Les chrétiens n'avaient donc rien à craindre en se voyant de nouveau confondus par les hommes d^État romains avec les Juifs, après en avoir été distingués en 6i et en 68. Aux yeux des politiques, ils ne diffèrent que par des nuances insaisissables de ces Juifs loyaux et habiles qui ne désertèrent pas les drapeaux de Rome, et que la maison Flavienne a voulu associer h sa fortune. Nulle part les chrétiens n'avaient fait cause commune avec les révoltés : ce souvenir les protégera longtemps. Qu'importe qu^ils n'aillent pas à la synagogue? Pour Vespasien et pour Titus, ce sont des gens vivant more judaico, et ayant donné des gages de fidélité au gouvernement. Leur patience, leur modestie, leur soumission contrastent non seulement avec les excès des zélotes de Palestine, mais encore avec l'opposition mordante et dédaigneuse que le stoïcisme aristocratique ne cessait de faire à la dynastie bourgeoise qui avait remplacé les Césars. Cela suffit : le

'A) Josèphe, De Bello Judaico, VII. 6. Cf. Tillemont, Ruine des Juifs, art. lxxto, dans VHMoire des empereurs, t. I, p. 654. tr, Tacite, ffist.. Il, 79.

reste, affaire de calte et de conscience, importe peu. Ainsi raisonnaient Vespasien et Titus. Les commencements de la dynastie Flavienne furent une ère de repos, de développement paisible et de prospérité pour l'Église.

S'il y eut (comme il est également difficile de Taffirmer et de le nier) quelques martyrs sous Vespasien (1), Titus, ou dans les premières années de Domitien, ce fut à la suite d'incidents passagers et locaux, non en exécution de mesures prises contre TÉglise par le pouvoir nouveau. Rien ne fait supposer que le pape saint Lin ait péri de mort violente (2). L'inscription relatant le martyre d'un certain Gaudentius qui, après avoir b&ti le Colisée, aurait été reconnu chrétien et condamné à mort par Vespasien, est d'une fausseté manifeste (3). Loin d'indiquer une époque de

(1) Saint Hilaire de Poitiers, Contra Arianos, 3, nomme Vespasien entre Néron et Dèce parmi les persécuteurs. Peut-élre fait-il allusion à des faits qui ne nous sont pas connus (cf. Lightfoot, 5. Jgnatius and S, Polycarp, p. 16) ; mais il me parait plas probable que Vespasien est nommé ici par erreur au lieu de son fils Domitien.

(2) TiUeroont, Mémoires, t. Il, note iv sur saint Clément. Un sarcophage portant cette inscription : LINVS a été retrouvé sous Urbain VHI, lors des travaux exécutés pour reconstruire la confession de saint Pierre : il est possible que ce sarcophage ait contenu les restes du successeur de l'apôtre. Bull, di archeol. crist,, 1864, p. 50. Cependant la question n'est pas définitiyement résolue; car l'inscription a pu contenir d'autres lettres et peul-élre celles qui ont été lues ne sont-elles que la finale d'un nom incomplet. Voir Duchesne, le Liber Pontificalis, 1. 1, p. 121, note 3; De Rossi, Inscript, christ, urbis Bomae, t. II, p. 235-237.

(3) c Ce prétendu monument (qui se voit dans la chapelle souterraine de l'église de sainte Martine, sur le Forum) ne soutient pas les regards de la critique, tant ses formules sont étrangères au style et aux usages de l'épigraphie chrétienne, o Martigny, Dict. des antiquités chrétien-

90 LA PERSÉCUTION DE DOMlTIBlf.

persécution, les monuments chrétiens de ce temps révèlent un âge de paix profonde, une période de libre expansion. La première inscription chrétienne datée est contemporaine de Vespasien (1). Une autre inscription chrétienne du même temps, non datée, provient de la catacombe de Lucine ou de Commodilla, sur la voie d'Ostie, où fut enterré saint Paul (2). On peut attribuer à cette époque des épitaphes de la catacombe de Priscille et de l'antique cimetière «c où Pierre baptisa (3). » D'une brièveté classique, elles portent le plus souvent le nom seul; ceux de Flavius, Flavia, Titus Flavius, s'y retrouvent. Deux autres inscriptions ont été découvertes, la première sur remplacement de la catacombe de Nicomède, mais provenant d'une sépulture à fleur de terre, la seconde dans une des plus anciennes parties de la catacombe de Domitille. Celle-là indique un tombeau ouvert par un maître probablement chrétien à ceux de ses affranchis « qui appartiennent à sa religion » (i) : celle-d a été mise par un chrétien à la mémoire « de soi et des siens qui ont foi dans le Seigneur » (5) . On peut

nés, art. Colisée, p. 191. Cf. Annellini, te Chiese di Romo^ p. 45S; Delehaye, VAmphiikédtre Flawen et ses environs dans les textes hagiographiques, dans Anaiecta Boltandiana^ t. XVI, 1897, p. 216. (l)De R<Msi, Jnscriptiones christianx urbis Ronut, t. I, n* 1, p. 1 (anno 71).

(2) Roma sotlerranea, t. I, p. 186.

(3) IlHd,, p. 186, 191-193; Rult. di areheologia crist., 1886, p. 160.

(4) AD RELIGIONEM PERTINENTES MEAM. Bull, di arch, crUt., 1865, p. 54 et 94.

(5) SIBI BT SVIS FIDENTIBVS IN DOMINO. De Rossi, Roma sotterranea, t. I. p. 69.

les attribuer à la fin du premier siècle : elles sont d'une époque où les chrétiens ne craignaient pas de faire ouvertement profession de leurs croyances.

« Ils possédaient, au temps des Fia viens Augustes, des cimetières souterrains creusés avec un soin magnifique et presque royal, et ornés de tous les raffinements de Fart (1). » Les entrées n'en étaient nullement dissimulées : elles s'ouvraient sur la campagne, le long des voies publiques, et quelquefois étalaient au regard des façades monumentales. Tel est Tédifice funéraire chrétien de la fin du premier siècle découvert en 1865 près de la voie Ardéatine. « L'hypogée a son vestibule sur le bord de la route : la façade, construite en belle maçonnerie de briques, est ornée d'une corniche en terre cuite ; la place de l'inscription avait été, selon l'usage, ménagée au-dessus de la porte et se reconnaît encore. L'architecture de ce vestibule, adossé à la colline comme la façade du tombeau des Nasons^ convient au monument sépulcral d*une noble famille chrétienne, construit à grands frais et avec une entière liberté (2). » Du vestibule on descend par quelques marches dans une large allée souterraine, dont la voûte est couverte d'une gracieuse fresque représentant une vigne dans laquelle se jouent des oiseaux et de petits génies (3). A droite

(1) De Rossi, Jnscript, christianœ urbis Romœ, p. 2.

(2) Rome souterraine, p. 105.

(3) BfUletUno di archéologie cristiana, 1865, p. 42; Garrucci, Storia delV arte cristiana, pi. XIX; Rome souterraine, p. 108, fig. 9;

Yl Là

Hz ruufae les

anpesoâ lont oMans le pam et le da Christ 2 . Ces peisteres mamA trâ petibaUeBCBl cootemponines des HaiieBS. et dotics eacfliCv dan Yiniéritnr de Thypone. pt^ttal re^naier mm mimt temps 3 . Tel est, sekw tovte apparcan, le bernai de Fart eiirétieii. A la liberté d'esprit de Taitirte* i raisanee des coop§ de pmcra», <m derne la sêcwili doot farent entourés ses dêbvlL « Soa sevieaeat li sépulcre était visible, désiné à toas les ye«x par k vestibule extérieur et par llnscriplîom aûe sar k porte« mais les pdntorrs mêmes lepwsrataat des wm jefs bibliques, comme Daniel daas la fcaae aux lions étaient placées près de Tentrée, an nivean du sol éclairées par la lumière du jour V . •

11 est probable que si Tinscription dont remplace ment est encore visible an-dessus de la porte avait p être retrouvée, on aurait lu : sepvusvh fiavmmivm 3

ci hfommïOM, ChriUimm .Irf. S|[. 2«, f. 1*1 : Krfler, Ccfi rombfs de ttomu, \A. Xlf.

1 XortJÉOoie ci Bnmwlow, CknsliÊM Irt, Se, ?T. f. 123; aui »4^Mlerrmimr, S^ lo. p. lO!».

2, Ckristimm Art, §§. 2S. p. 114.

%, CLhgloiUCkrtmU»§éeéetpeimiurtséescmime9Mthm • 2. 3. — Os a trocTé icellê sar sac ioMbe. diBS aae 4 le» plu àfif Bf de l'kjpoi^, ■■ bcM MèAaiUoa de pièce à ê/mr de eoâ. LeUre de M. Eiuo»! Le BlaM, séftM» d« 1 w UM. Âcad. tfet iuâcriptioms.

'i. BmlUtttno di arrluolo^ cristimmm. l&S», p. 94.

^ Cf. BviieiUmo d% arekfclofut crUtiamû, 1ST4, p. 17 et pL ] l*T5. p, ».

OU quelque indication analogue. D'autres inscriptions rencontrées au même lieu nous apprennent que le domaine funéraire dans lequel avait été creusé Thypogée appartenait à Flavia Domitilla, petite-fille de Tempereur Vespasien, qui épousa son cousin Flavius Clemens, consul en 95. Selon Tusage, elle avait fait sur son domaine, à des clients ou à des affranchis, des concessions de petits terrains sépulcraux : les inscriptions qui les constatent ont permis de connaître le nom de la noble propriétaire (1). Mais le grand hypogée n^est point une concession de cette nature : c'est le manumentum lui-même, selon l'expression légale, le sépulcre de famille, orné avec art, construit avec une simplicité majestueuse. Ce monument est chrétien, sa décoration Tatteste. Il prouve ce que d'autres documents permettaient déjà d'entrevoir : à la fin du premier siècle, une branche de la famille impériale des Flaviens professait le christianisme.

L'origine de cette famille était obscure, et rien, cent ans plus tôt, n'eût fait présager les hautes destinées auxquelles elle parvint. L'auteur commun des deux branches dont Tune occupa le trône tandis que l'autre devenait chrétienne, était un bourgeois de Riéti, dans la Sabine : il s'occupait d'affaires d'argent. Son fils, Sabinus, entra dans une société de publicains, vécut longtemps en Asie, puis fonda une banque chez les

(1) EX INDVLGENTIA FLAVIAE DOMITILL IN FR. P. XXXV* IN A6R. P. XXXX. Orelli-Heozen, 5422... FLAVIAE. D0MIT1L(j; divi VES- PASIANI. NEPTIS. EIVS. BENEFICIO. HOC. SEPVLCHRVm MEIS LIBERTIS. LIBBRTABVS. POsui. Ibid,, 5428.

Helvètes, où il mourut. Il avait épousé une femme de bonne famille, Vespasia PoUa, et laissait deux fils (1). Le plus jeune devint Tempereur Vespasien ; Tainé, Titus Flavius Sabinus, avait géré deux fois la préfecture urbaine, sous Néron en 6k y sous Otbon et Vitellius en 69 (2). Qui sait s'il ne reçut pas le premier quelque impression du christianisme? Il assista, sans doute en témoin passif, aux supplices ordonnés et présidés par Néron après l'incendie de Rome ; peutêtre, en vertu de sa charge, qui comprenait tout ce qui regardait la police de la ville (3), avait-il eu à interroger quelques chrétiens au sujet de Tincendie. L'atroce tragédie d*août 6^ dut le troubler profondément, car c'était un homme doux, auquel le sang et les massacres faisaient horreur {k). 11 semble avoir eu depuis ce temps peu d'ambition; préfet de Rome sous Vitellius, quand Vespasien fut proclamé par les légions, il s'efforça d'amener un accord entre lui et l'empereur, et refusa de favoriser par un coup de main hardi la tentative de son frère, comme on l'en sollicitait de toutes parts. Ce n'est qu'à la dernière extrémité, et pour sauver sa vie, qu'il s'enferma au Capitole, où il périt sans se défendre. Cette étrange abnégation ne pouvait passer pour timidité chez un

(1) Suélonc, Vespasianus^ 1.

(2) Tacite, llùst., III, 75; Plalarqae, Otho, 5. Cf. Borghesi, Œuvres, t. III, p. 327 et suiv. ; IX, p. 2CA et suiv.

(3) Tacite, Afin., VI, 11; Digeste, I, xii, !,§!;§ 7-9; § 11-12; § W. (i) ... Mitem virum, abborrere a sanguine et csdibus. Tacite, Uist,,

Page 1