APERÇUS GÉOGRAPHIQUES
A des époques très-lointaines, la race blanche s'ébranla dans ses demeures primitives de la haute Asie. Elle commença à descendre avec lenteur vers l'ouest et le sudouest du continent. Successivement, ses masses accumulées se partagèrent. Plusieurs, parvenues jusqu'en Europe, y devinrent les nations celtiques, thraces, italiotes, helléniques, slaves. Mais d'autres branches non moins puissantes du vieux tronc, s'étendant vers la direction méridionale , y portèrent des populations abondantes dont un groupe resta longtemps attaché au voisinage de la commune patrie ; ce furent les Scythes." Un second , quittant ceux-ci, tourna vers Test et produisit les aïeux des Hindous' : un troisième enfin, s'isolant beaucoup plus tard et des Scythes et des futurs sectateurs de Brahma, laissa les
^ Les Hindous se considèrent aujourd'hui comme aatochthones , mais ils ne semblent pas avoir eu cette idée au temps d'Alexandre, puisque Méga* sthène raconte, probablement d'après eux, qu'à Torique ils étaient nomades aussi bien que les Scythes, et habitaient, comme ceux-ci, dans des chariots. — Meoasth., éd. Didot, p. 418.
TON. I. i
2 LIVRE 1er. PREM. ET SEC. FORMATION DE L'IRAN, sources de Vlndus à sa gauche, pénétra dans les terres de l'Asie centrale, et donna naissance aux assemblages que les Grecs et les Romains ont appelés les Perses, mais qui se sont toujours donné à eux-mêmes le nom d'Iraniens.
C'est leur histoire que j'entreprends de raconter. Ces nations nous sont parentes et par l'origine première et par des alliances successivement renouvelées jusqu'à des époques assez basses avec les tribus issues des Scythes qui devinrent les Germains. Leurs institutions ont été les mêmes que celles de ces vainqueur^ de la Romanite, de ces fondateurs de la société moderne dont nous avons la gloire de descendre, et, par suite, on retrouve des vestiges de leur individualité et ds^s nos idées, et dans nos mœurs, et dans nos lois. Enfin , les Iraniens ont occupé grandement le monde de l'intelligence, car, par la situation mitoyenne des contrées qu'ils ont successivement envahies, ils ont été de constants médiateurs entre l'Asie orientale et l'Europe, et ont eu charge de faire circuler de l'une à l'autre de ces régions les notions de toute nature élaborées chez chacune d'elles. La religion non moins que l'histoire a souvent passé par leurs mains. Ce sont des faits dignes d'attention.
Les Grecs , qui nous ont appris à appeler « Perses » les nations franiennes, avaient adopté ce nom parce qu'à l'époque où ils connurent les dominateurs de l'Asie occidentale, la province de Perside ( «Pars» dans les langues indigènes) était à la tête de toutes les possessions de l'empire, et que les grands emplois du gouvernement , les principaux commandements militaires se conféraient d'habitude à des nobles de cette contrée. La famille régnante ellemême était sinon originaire du même pays , du moins domiciliée dans ses alentours, de sorte que ce titre de Perse désignant les classes prépondérantes de la monarchie de Cyrus, était facilement imposé à la race tout