‹ Histoire des PersesChapitre 13 sur 192 · CHAPITRE m. — LA SOCIÉTÉ ARIANE. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — LA SOCIÉTÉ ARIANE. S

d'autant plus importante à soutenir et à conserver que Thomme en était le créateur, et cela sans se rendre un compte exact d'une puissance qui le frappait lui-même d'admiration.

A côté du pyrée, on creusait un bassin d'une étendue proportionnée au chiffre de la population , et on y faisait affluer l'eau. Quand le bassin était plein , on avait à veiller incessamment à ce qu'il n'y tombât aucune impureté, d'abord par vénération , ensuite parce que le contenu était destiné aux usages domestiques'.

Malgré le cours des temps et les différences nombreuses graduellement introduites dans la nature des notions, le respect pour le feu et pour l'eau n'a pas disparu des habitudes persanes. Généralement, un homme qui veut éteindre une lumière ne souffle pas dessus , il agite sa main à côté de la flamme jusqu'à ce qu'il l'ait fait disparaître; et souiller l'eau volontairement passe pour une action répréhensible ; elle expose celui qui la commet a la puissance du démon.

Quand le pyrée et le réservoir étaient achevés , on s'occupait de construire les habitations. Elles étaient à un ou plusieurs étages, soutenues par des piliers, et autour de chacune s'étendaient les cours et les dépendances , plus ou moins grandes, suivant la richesse du propriétaire.

Tout ceci terminé, et lorsqu'on avait encore ménagé des plantations d'arbres et des jardins potagers à l'intérieur de la cité, le peuple en prenait possession. « C'était, dit » le Vendidad, une réunion d'êtres choisis, hommes et » femmes, parmi les plus beaux et les meilleurs. »

A côté de la première enceinte, à laquelle une seule porte, pratiquée dans une haute lourde garde, donnait accès, on en faisait une autre de dimension pareille. Celle-ci servait de retraite aux troupeaux , soit pendant la

* Spieoel, Vendidad, t. I, p. 74.

nuit, soit pendant les temps d'hiver où lu neige rendait impossible le séjour au dehors , soit encore quand l'ennemi tenait la campagne. Autour de cet enclos, les chiens veillaient incessamment, et c'est sans doute à l'utilité de leurs services que ces animaux devaient la faveur, on peut même dire l'amour et la considération qu'on leur portait.

Dans la description de la société iranienne telle qu'elle est présentée par le Vendidad, les chiens sont nommés immédiatement après les hommes libres. Les frapper n'était rien moins qu'un crime. Leur trop ménager les aliments chauds et savoureux entraînait des expiations sévères. Ne pas donner ù une lice en gésine les soins nécessaires, exposait le coupable à la honte et à de grands châtiments. Manquer d'attention pour les petits, c'était presque en manquer pour les enfants iraniens'. Dans aucune société comme dans celle-là, le chien n'a été l'ami, le compagnon, presque l'égal de l'homme, et aujourd'hui encore, par un souvenir de la garde fidèle qu'il faisait nuit et jour autour de la demeure des ancêtres, on dit en Perse qu'un dyw ne peut pas supporter son regard et s'enFuit.

J'ai appelé « cité » l'enceinte carrée habitée par les émigrants de TAyryana-Vaëja. Le persan et l'anglais fournissent un terme qui serait beaucoup plus convenable pour désigner cette sorte d'emplacement où les habitations étaient constamment mêlées aux cultures et ne se touchaient pas toujours* C'est « bouloug » dans la première de ces langues, et m borough » dans la seconde. Le français « bourg » a eu jadis le même sens. L'allemand « burg » rappelle seulement que le lieu était fortifié. Mais le bouloug persan , le borough anglais et américain, sont restés des circonscriptions administratives comme ils Tétaient

> Spieokl, Vendidad, t. I , p. 194-195,215 et sccjq. *

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