CHAPITRE III. — LA SOCIÉTÉ ARIANE
SOUS les premiers Arians. Il arriva un jour où , des précautions militaires permanentes n'étant plus nécessaires, le bouloug sema plus librement ses logis et ses jardins sur une surface de terrain qui , dès lors , devint indéterminée et dans son étendue et dans sa forme. Ce fiit Tétat de choses établi après ht conquête définitive et qui dure encore, tandis qu'au début on doit se fi^pirer la cité comme garnie d'un rempart et maintenue sous la forme d'un carré. C'était ainsi qu'on avait construit les villes dans l'Ayryana-Vaëja de la Bonne Création , où Yima , le chef des hommes purs, entouré des siens, conversait avec Ahoura-Mazda, le dieu suprême, assisté des dieux inférieurs, les Yazatas. Peut-être, en se transportant à des époques antérieures encore à celles où les pères des Hellènes, des' Scythes, des Iraniens et des Hindous sortirent de la patrie primitive , n'y aurait-il pas d'exagération à demander aux versets de la Genèse si le jardin que Jéhovah ou les Élohim avaient planté en Éden n'était pas le type sur lequel tous les peuples de la race blanche conçurent d'abord l'aménagement de leur cité , un parc entouré d'un mur de défense, et semé de maisons. Le mot « paradis » , emprunté parla Bible aux langues iraniennes, a précisément ce sens, et « Éden » ne signifie qu'un lieu habité.
Ce qui est certain , c'est que le caractère principal de ce ^lieu choisi, si célèbre dans les souvenirs des Hébreux, était de contenir une quantité plantureuse d'^arbres et de végétaux. Il en était de même des enceintes de l'Ayryana- Vaëja et plus tard de celles qui furent créées dans les pays nouveaux '.
' Je ne vois mentionné dans aucun texte Tusafje des habitations souterraines, et cependant on lei< connaît, et on les emploie aujourd'hui, tant pour les hommes que pour le bétail , dans toute la chaîne de l'Elbourz , dans Je Caucase, dans la Géorgie, dans T Arménie. Ce sont de fort bonnes demeares, très-vastes, très-aérées, chaudes l'hiver, fraîches l'été, et dont
Les Arians étaient essentiellement agriculteurs. Dans leurs idées toutes naturalistes, le monde entier vivait, sentait et comprenait sa vie, et ce monde entier, ciel et terre , était animé pour l'homme d'une bienveillance hospitalière et généreuse, qu'il fallait reconnaître par des soins diligents à soutenir^et à développer l'œuvre de la création.
« Quand la terre se réjouit-elle davantage? disaient les '> Arians. — Quand s'approche un homme pur prêt à « offrir un sacrifice. — Ensuite ? — Quand un homme » pur se bâtit une demeure, la pourvoit de feu , de bétail, V y amène une femme et des enfants , et que dans cette » demeure abondent, avec l'honnêteté, les chiens, les ^j fourrages, tout ce qui appartient à une bonne vie. — » Ensuite ? — Quand une culture assidue fait regorger « les moissons, les herbages, les arbres fruitiers, et que les « eaux bien dirigées fertilisent les terrains secs et laissent y> les marécages s'affermir*. »
Tel était pour les Arians le fondement de la loi religieuse, et, quant au travail-, c'est la terre elle-même, cette
je me suis souvent bien trouvé. Tous les -peuples arians ont aimé les constructions (le ce genre. Je veux croire qu'ils en avaient observé les modèles Uans la nature, mais ils ont su, en tous lieux, en créer, même lu où le terrain ne s'y' prétait pas. Les hommes du moyen âge germanique ont bâti presque autant sous la terre qu'à la surface. Les Sémites n'ont rien fait de semblable. Non loin de Demawend, on m'a montré de grandes cavernes artificielles attribuées à Tàge de Zohak. Sans me porter gai*ant de cette date reculée, je ne vois pas un moment dans l'iii^ttoire où un peuple différent <les Arians ou des Sémites aurait pu apporter dans la montagne de pareils usages. Or, puisqu'on vient de voir que les Sémites ne connaissent pas ce genre de retraite, et ils ne l'ont jamais connu, il faut évidemment qu'il soit d'origine ariane, et encore très-primitive. On verra plus bas que les auteurs de la race blanche se sont occupés des trav<iux des mines dès l'antiquité la plus haute. Probablement, les cavernes leur ont fait rencontrer les filons métalliques; ou, au rebours, l'habitude ^e suivre ces filons les aura amenés à se créer des logements analogues aux lieux où ils en cherchaient. En tout cas, les maisons souterraines sont trop connues dans tout le nord de la Perse, et d'origine évidemment ti*op ancienne, pour que, malgré l'absence des textes, je ne me tienne pas pour obligé d'en faine mention. ' Spieoel, Vendidady t. I, p. 79.