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CHAPITRE IV. — ACTION DE CYRUS SUR L^IRAN

Gy w fut engagé contre Gourwy-Zereh ; Kerazeh contre Syamek ; Ferouhel contre Zenkeleh ; Rehham contre Barman; Rouyyin contre Bijen; Hedjyr contre Aspehrem; Gourghyn contre Enderyman; Berteh contre Kehrem; Zenkeh, fils de Shahweran, contre Akhast; enfin Fer- Iberz contre Kelbad. Voilà avec leurs antagonistes les onze héros qui tous, à l'exception de trois, appartiennent & la famille des Gawides. Quant à Gouderz, chef de cette maison, il se mit ce jour-là à la tète des siens contre Pyran, ainsi qu'il se l'était promis.

Les Scythes étaient accompagnés de deux de leurs grands, Lehhak et Fershydwerd , qui , étrangers à cette rencontre, devaient, en cas de succès conune en cas de revers, en porter les nouvelles à leur souverain. Le champ clos fut indiqué au pied du mont Kenaboud , dans une vaste plaine qui laissait place à toutes les évolutions des cavaliers. On se donna parole de ne pas se séparer sans résultat, et une foule compacte de guerriers scythes et iraniens entoura le lieu du défi. Il n'y eut pas de mêlée ; ce ne fut pas, comme chez nous au combat des Trente, un choc d'honmies d'armes les uns contre les autres, ce fut une série de duels.

Fer-Iberz s'engagea d'abord avec Kelbad, et le tua; ensuite, vint Gyw aux prises avec Gourwy-Zereh. Les deux héros s'attaquèrent à la lance et sans avantage, puis, saisissant leurs arcs , ils s'accablèrent d'une grêle de flèches en faisant tourner et galoper leurs chevaux dans la plaine. Gyw finit par atteindre son adversaire, le frappa à coups de massue sur la tête et le jeta sanglant à bas de son dieval. Il le saisit alors, et en brandissant son étendard , il le traîna vivant aux pieds de Gyrus.

Kerazeh tua Syamek, ensuite Ferouhel tua Zenkeleh; le brave Rehham tua Barman, et le jeune fils de Gyw, Bijen, tua Rouyyin. A^hrem fut tué le sep-

tième de la main de Hedjyr; de même, les autres champions iraniens renversèrent et tuèrent les chefs touranys qui leur étaient opposes. C'est ainsi que le brave et vertueux Pyran succomba sous la main de Gyw, seconde victime de ce héros, sur les cadavres de tous les siens.

Aussitôt que ce terrible dénoùment fut accompli, Lehhak et Fershydwerd s'enfiiirent , comme il leur avait été commandé, pour aller rapporter à Àfrasyab ce qui était advenu. Mais Koustehem se précipita à leur pour^ suite, les atteignit et les tua. Le désastre des Touranys fut complet. Quant aux morts, on leur fit des funérailles magnifiques, honorant ainsi leur bravoure; le captif de Gyw, Gourwy-Zereh , fut envoyé rejoindre les vaincus.

J*ai insisté sur cette anecdote, comme je Tai dit en commençant, par un double motif. D'abord je voulais montrer comment les mœurs féodales dans tous les pays occupés par la race ariane ont amené des institutions, des habitudes, des tournures d'idées, des formes de caractères parfaitement analogues. Il est certain que les seigneurs de fiefs, compagnons de Gyrus, et descendants des héros qui faisaient remonter d'orgueilleuses généalogies, les uns jusqu'au temps de Djem-Shyd, les autres jusqu'à ceux de Férydoun, ceux-ci à Zohak, ceux-là aux anciens rois de la Scythie, que ces champions vêtus de fer, chaussés de brodequins dorés, ayant devant eux des tambourins et des écuyers portant leurs enseignes aux couleurs diverses , brodées ou peintes de blasons pour la plupart héréditaires , sont d'une manière absolue les parents des paladins de Gharlemagne.

Ensuite j'ai déjà fait remarquer que le combat des onze champions avait eu lieu près d'une résidence royale située entre la Médie et la Perside , dans un canton montagneux que le poète persan nomme Kenaboud, tout à fait inconnu aujourd'hui des géogi'aphes orientaux, et qui

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