‹ Histoire des PersesChapitre 155 sur 192 · CHAPITRE V. — GÉNÉALOGIE DES FEDDATAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — GÉNÉALOGIE DES FEDDATAIRES

mourir de faim et de soif dans la solitude , comme Astiygas l'avait ëtë par Teunuque, au dire de Gtësias. - Mais Menijeh veillait sur son amant. Quand elle avait appris ce qui avait été décidé pour lui y ses joues s'étaient couvertes de larmes brûlantes , puis elle s'était levée , elle s'était enfuie de son palais, elle était accourue nu-pieds et tête nue jusqu'à la citerne. A force de peine et de travail , elle réussit à déblayer un peu l'ouverture , et elle put enfin y faire entrer la main. Ainsi elle rendit le courage au captif, et lui fit passer du pain pour soutenir sa vie.

Cependant Gourghyn , qui avait plonçé Bijen dans tous ces maUieurs , n'avait pas accompagné le jeune homme au fort du danger, qui lui était bien connu. Mais quand il n'avait plus revu son compagnon, il éprouva de nouveau quelques remords. L'horreur de sa conduite depuis le jour où il avait quitté avec Bijen la cour de Gyrus se montra graduellement à ses yeux ; il se repentit profondément de ce qu'il avait finit, et poussé par ce sentiment plus digne de lui , il pénétra dans les jardins, afin de savoir au moins ce qu'était devenu le fils de Gyw. Il les parcourut en vain; ils étaient abandonnés. Il retrouva errant dans les prairies le cheval du jeune aventurier, la selle vide et souillée de terre, car sans doute le coursier s'était roulé ou couché sur le sol.

Gourghyn reprit seul le chemin de l'Iran. Quand on annonça son retour et que Bijen n'était plus avec lui , le vieux Gyw, dans un désespoir furieux, courut à sa rencontre et lui demanda compte de la vie de son fils.

Gomrghyn, bien qu'ayant un profond chagrin, ne se dénonça pas lui*mème; il répondit au père désolé que revenant avec Bijen de la chasse victorieuse qu'ils avaient finte ensemble , un âne sauvage , un « gour » , d'une taille , d'une force, d'une beauté, d'une rapidité prodigieuses.

s'élait tout à coup montré à leurs regards. Le gour était le gibier fayori des héros de Flran, précisément parce qu'il est à la fois très-difficile à atteindre et ti*ès-dangereux dans sa fureur. Bijen n'avait pas su résister à la tentation. Il s'était lancé sur les pas de l'animal léger, et lui avait jeté le lasso pour le saisir. Il l'avait atteint ; mais le gour y continuant sa course, avait entraîné cheval et cavalier, et lui, Gourgyn, les poursuivant d'abord sur la trace des tourbillons de poussière élevés sous leurs pas, les avait vus disparaître, les avait perdus, et enfin n'avait plus rien retrouvé, après de longues recherches, que le cheval souillé de terre qu'il ramenait.

Ce discours vraisemblable, s'il éclaira la douleur du vieux Gyw, ne fit qu'exciter son besoin de donner le change à cette douleur par une explosion de colère; il se- mit à jeter des cris affreux contre Goui^hyn et à l'accuser de trahison et de lâche abandon de son fils, et le traînant devant le roi , il exigea une vengeance terrible. Gyrus, presque aussi désolé que le père de la perte de son héros, accabla Gourghyn d'outrages, et consentit à ce qu'il fût jeté en prison. Ici c'est le vieux Gyw qui rempHt le personnage de la reine Amytis et qui , comme elle, veut des châtiments. En emprisonnant Gourghyn, on se réservait d'ailleurs de soumettre sa conduite à une épreuve redoutable.

Gyrus consulta l'oracle de la coupe. Gette coupe merveilleuse , sur laquelle étaient gravés les contours des sept parties du monde, montrait à ceux qui savaient la consulter le secret de tout ce qui se passait sur la terre. Ainsi .fiit découvert le crime de Gourghyn et le lieu où Bijen souffrait captif, et c'est ainsi que l'endroit du désert où Astiygas gisait abandonné par. son traître guide fîit indi*qué au même Gyrus par un s6nge. Le songe fatidique fournissait à l'esprit et à l'imagination d'un Grec une

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