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CHAPITRE VIII. — MORT DE CAAIBYSE

Maintenant que Tempire était fondé dans tout son développement > car les quelques autres acquisitions qu'il fit encore plus tard sont relativement insig[nifiantes , comment allait-il être gouverné? Voilà la question que, suivant Hérodote, se posèrent les conjurés après le meurtre du mage. L'isonomie était-elle à admettre? Elle Tétait sans doute, et les Iraniens de vieille souche et ceux d'origine scythique devaient la comprendre dans tous ses avantages et la préférer, car nous verrons qu'après la chute des Achéménides et la mort d'Alexandre, ce fut précisément à ces principes que revinrent les Arsacides. Mais il n'était pas question d'une isonomie à la manière grecque; les villes n'étaient rien dans l'Iran, les campagnes y étaient tout. Il s'agissait donc, non pas comme à Athènes, à Argos ou ailleurs, d'une communauté de citoyens décidant de tout sur un agora, en présence de métœques et d'esclaves impuissants, mais d'un peuple de propriétaires ruraux j de seigneurs féodaux maîtres chez eux à différents degrés et n'obéissant qu'à des lois coutumières que personne n!avait qualité pour changer. Telle . était l'isonomie dont voulait parler Otanès.

L'oligarchie proposée par Mégabyze était manifestement le gouvernement par les grands feudataires réunis en conseil. Évidemment cette doctrine n'avait aucune chance de succès. Les Iraniens et les Scythes devaient la repousser avec horreur; les Occidentaux n'y pouvaient rien comprendre. La monarchie fut préférée; mais il est à remarquer toutefois que, dans l'extension qu'on allait lui donner, extension que l'état des choses rendait inévitable, chacun, Darius lui-même, qui en profitait, savait tout ce qu'un Arian y éprouvait de répugnance. Aussi des exemptions, des privilèges, des garanties de dignité et d'indépendance fîirent-ils stipulés en faveur de ceux qui avaient délivré l'Iran de la révolution essayée par les

mages. La monarchie fut donc adoptée , mais d<mi pas sans réserves, et le régime inauguré par le premier Âchémënide ne se présenta pas comme un système absolu. G*est oe que nous allons constater dans le quatrième livre de cette histoire.

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