‹ Histoire des PersesChapitre 28 sur 192 · LES DJEMSHYDITES DE L*IRAN · texte numérisé non relu

LES DJEMSHYDITES DE L*IRAN

L'œuvre la plus considérable qui fut accomplie d'abord par les Djems , ce fut assurément la conquête successive et la mise en culture des différentes provinces du Vara. Quant à la constitution sociale de cet ensemble , ce furent fonda* mentalement les institutions de la race qui la déterminèrent, et dans le principal, du moins, celle-ci resta fidèle à ce que les ancêtres avaient approuvé. Pourtant un nouveau pays, de nouveaux rapports, des intérêts inconnus jusque-là et qui commencèrent à se faire jour, produisirent des déviations; et, il faut le dire, le contact avec des races étrangères et les mélanges de sang qui en furent la suite amenèrent de très-bonne heure des innovations considérables.

L'histoire raconte que le Djem choisit des ministres de son État sans le concours desquels il ne décidait rien. Le plus illustre de ces conseillers s'appelait Sbehrest. C'était moins cependant un homme politique qu'un directeur spirituel. Sa piété est très- vantée et son nom se rattache à une réforme religieuse. On assure que ce fut lui qui , le premier, inventa les jeûnes et les prières de nuit. Il ne serait peut-être pas trop téméraire d'identifier le Shehrest des historiens persans avec « l'homme d'Ourva » du Vendidad. Quoi qu'il en soit, il semblerait qu'on peut dès cette époque, ou à peu près, signaler un commencement de scission entre les Iraniens proprement dits et les Scythes d'une part , les Indiens de l'autre. La religion quand elle ne réunit pas est de tous les dissolvants le plus énergique.

Les Iraniens avaient étendu au loin dans leurs provinces

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Torganisation féodale de rAyryana-Vaëja. De même que le Djem régnait sur l'empire , de grandes races souveraines dirigeaient dans les diverses contrées la hiérarchie des seigneurs de villes, de villages, de châteaux, et les chefs de famille autour desquels s'étaient groupes, en acceptant les bénéfices précaires du patronage, le nombre probablement considérable de vaincus et d'étrangers auxquels la constitution arianene reconnaissait aucun droit. L'intérêt et la tournure d'esprit des seigneurs créaient à cette foule une sécurité. Il était utile, il était beau d'avoir une longue suite d'esclaves et de clients; il était conforme à l'orgueil de la famille de prétendre les protéger et les garantir envers et contre tous, en les maintenant justiciables de soi seul. C'est le principe sur lequel s'est fondée l'existence des nombreux aborigènes tributaires des tribus d'Israël, des Périèkes des Spartiates, des Perrhèbes des Thessaliens, des Hemsayehs ou voisins que gouvernent les Afghans d'aujourd'hui , des Rayas ou sujets dont s'entourent les tribus turkes et kurdeS de la Perse moderne. Ces existences subalternes , méconnues par la loi , pouvaient avoir à craindre quelque chose de la superbe ou de la colère du chef dont elles relevaient, mais cette superbe et cette colère se chargeaient de les couvrir contre les attaques du dehors.

On a conservé les noms de quelques-uns des ancèti^es des grandes maisons provinciales. C'est Sughdâ qui a donné son nom à la Sogdiane , nommée primitivement Gaù , « la contrée» . Vehrkana a reçu le même honneur dans son pays, appelé d'abord Khnenta et qui devint, pour cette cause, l'Hyrcanie. A Vaëkereta ou Kaboul, l'éponyme parait s'être appelé Douyak. Le premier de ces grands seigneurs avait un nom de bon augure : il était « celui qui donne la pureté », a le purificateur », et, sans doute , c'était un titre reçu au temps où , mis en possession de la

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