CHAPITRE VII. — RÉGNE DE ZOHAK. f
Ce prince n'est pas nommé par l'auteur grec , mais il s'identi6e de lui-même avec Koush-Hëféran, en même temps que ce dernier, se confondant pour la légende orientale avec Zobaky tantôt donné comme étant le grand roi des Assyriens, tantôt comme n'étant que l'ami indiqué par Diodore, feudataire dans la Médie, province arrachée à la domination d'une ancienne race certainement a riane, probablement scythique, devient tout naturellement Déjocès.
Ce fut donc ce Zohak, ce Koush-Héféran et son fils Koush-Pyldendan , ce Déjocès, car ces noms divers s'unissent pour représenter l'allié de Ninus et le chef de la nouvelle dynastie médique, qui entreprit la conquête de l'empire des Djems. Dans un espace de dix-sept années, il réduisit à l'obéissance les Caduses et les Tapyres, habitants des rives méridionales de la Caspienne, les Hyrcaniens et les Drangiens, les Derbikkes, les Carmaniens, les Choramniens, les Borcans et les Parthes, tous les peuples du Nord en un mot, sauf les Bactriens. Il soumit également, assure Diodore, beaucoup d'autres nations moins importantes dont il serait trop long déparier, et j'admire comme les renseignements dont se servait l'écrivain grec avaient bien conservé , sans qu'il le pût comprendre , le fait du fractionnement politique établi par la féodalité dans l'empire iranien. Diodore, qui écrit en aveugle, ajoute pourtant que le feudataire de Médie s'empara aussi de la Perside et de la Susiàne. Il se trompe' évidemment, car par cela seul que l'ami de Ninus était roi des Mèdes, il l'était aussi des deux provinces annexées à cette région , et qui n'en ont jamais été séparées. Les Perses, en effet , n'étaient qu'une colonie mède, Persée et sa descendance étant issus du sang de Médée ; ce point sera établi en son lieu.
A toutes ces conquêtes, Diodore montre d'ailleurs que le roi des Arabes, Ariœus, prit toujours une grande part, car ce ne fut que lorsqu'elles se trouvèrent accomplies
que Ninus renvoya chez lui son allié en le comblant de présents. Cet allié est donc à attirer aussi dans la personnalité déjà si multiple de Zohak, puisqu'il a contribué, ainsi qu'on l'a vu, à fournir des traits notables de cette physionomie.
Les conquêtes achevées , le souverain suprême de tant d'États pensa à se donner une capitale , et dans un espace aréal embrassant quatre cent quatre-vingts stadles, il fonda Ninive. Jusqu'alors ville si grande et si magnifique ne s'était pas vue dans l'univers. Les murs d'enceinte mesuraient cent pieds de hauteur, et trois chars lancés de front pouvaient circuler à leur sommet. Quinze cents tours hautes de deux cents pieds dominaient ces remparts superbes. Une population composée de puissants Assyriens s'était adjointe toutes les multitudes étrangères qui avaient voulu habiter* avec elle ; les nouveaux venus s'étaient surtout établis dans les immenses faubourgs entourant la cité.
Ensuite, Ninus résolut de parfaire la soumission des territoires iraniens , en mettant fin à la résistance prolongée de la Bactriane. Le roi de Médie, son vassal, le roi des Arabes, le roi d'Arménie, n'avaient pu venir à bout de cette province où s'était concentré le dernier effort du souverain djemshydite, et lui-même y avait échoué une première fois. Il ordonna une seconde expédition.
Ici se place l'histoire des premières années de Sémiramis, comment, fille de la déesse assyrienne Derkéto, exposée dans le désert, nourrie par des colombes, elle avait été recueilHe par des pasteurs qui avaient conduit l'enfant au gardien des juments royales, Sinmia, lequel l'avait adoptée pour sa fille. Un grand seigneur assyrien, Onnès, chef du conseil royal et gouverneur de toute l'Assyrie, étant venu pour inspecter les troupeaux, devint amoureux de la jeune fille, l'épousa, et en eut deux fils, Hyapatès et Hydaspès.