‹ Histoire des PersesChapitre 39 sur 192 · CHAPITRE VII. — RÈGNE DE ZOHAK · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — RÈGNE DE ZOHAK

On a vu que d'après rannali3te que je paraphrase ici et qui ne fait que copier Ctésias , l'histoire de Sémiramis commence avec la conquête de la Bactriane. X la vérité » Diodore assigne à cette héroline une origine assyrienne. Mais il donne des noms iraniens aux enfants du premier mari, et c'est d'une manière tout analogue que la tradition persane, en hésitant aussi à attribuer des noms de même origine à Zohak, comme, par exemple, celui de Peyourasp, et en le oiontrant allié par le sang à la maison des Djems , porte témoignage que l'histoire de la grandeur de l'Assyrie ne commence réellement qu'avec la conquête des terres iraniennes, ou du moins telle était l'opinion qui prévalait dans les mémoires sur lesquels Ctésias , le guide de Diodore, avait composé ses récits.

En nous fournissant, ce que ne fait pas la légende orientale, les détails de la prise de possession des contrées pures , et en nous montrant que cette opération a exigé des années, des efforts répétés et l'emploi de toutes les forces de l'Occident sémitique, Ctésias n'avance que des laits nécessaires et incontestables. Un empire centralisé tombe du jour au lendemain ; une monarchie féodale a la vie plus dure parce que le principe de l'existence est entretenu chez elle dans beaucoup de foyers qu'on ne parvient à étouffer que successivement. La révolte intérieure, sans laquelle il serait même impossible de tenter l'aventure, peut ouvrir les portes aux envahisseurs, mais elle ne les dispens€ pas de fatigues et de peines qui même n'aboutissent pas toujours au succès. Les compilateurs grecs des anciennes chroniques perses donnent donc ici l'aspect vrai des choses.

Ninus, certain des difficultés qu'il allait rencontrer pour en avoir déjà éprouvé de pareilles, se mit en marche à la tête d'une armée de sept millions de fantassins, deux cent dix mille cavaliers et seize cents chars armés de

foux. Il fit son plan de manière à attaquer à la fois toutes les villes et tous les cantons de la Bactriane , dans le but de prévenir l'appui que les seigneurs auraient pu porter à leur chef supréîne ou bien qu'ils auraient voulu se donner entre eux.

Le roi de la Bactriane s'appelait alors Oxyartes. Il est à croire qu'il s'agit ici du dernier Djemshydite et non pas du feudataire qui occupait sous lui la province. Ce prince rassembla quatre cent mille guerriers exercés, laissa les Assyriens pénétrer dans le plat pays, se jeta brusquement sur eux, et les ayant mis en fuite, les poursuivit jusqu'aux montagnes, où il tua cent mille de leurs gens.

Cette victoire aurait dû assurer son salut; mais il arriva ici ce que produisent d'ordinaire les organisations féodales. L'armée victorieuse d'Oxyartes se dispersa, et chacun retourna dans son château, dans son village ou dans sa ville. Le roi d'Assyrie rallia ses troupes, attaqua ses vainqueurs, les défit en détail, s'empara de leurs cités, et vint enfin mettre le siège devant Bactrae ou Baikh, réduite à ses seules ressources. Ces ressources étaient grandes encore. La place était forte , la garnison nombreuse , la défense formidable. Ninus ne prenait pas la ville. Il arriva alors qu'Onnès, le mari de Sémiramis, ennuyé de ne pas voir la femme dont il était épris et qu'il avait l'habitude de consulter dans toutes ses affaires , lui manda de venir au camp. Elle s'empressa de se rendre aux désirs de son mari, et pour accomplir un voyage si long et si fatigant, elle inventa un vêtement qui ne pouvait trahir son sexe ni gêner la liberté de ses mouvements. Ce fut ce genre d'habit, dont la grâce est telle, dit Diodore, que parla suite les Mèdes et ensuite les Perses s'empressèrent de l'adopter et le portèreiït universellement. Ainsi, Sémiramis avec s«s enfants aux noms iraniens, portait de plus le costume qui fut toujours connu depuis les temps histori-

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